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Quels enjeux et pour qui ?

Publié le lundi 15 septembre 2008
Guerre en GéorgieLe 7 août à 23h30 l'armée géorgienne engage un conflit armé en Ossétie du Sud, région sécessionniste frontalière de la Russie. Le 8, l'armée russe déloge l'armée géorgienne et avance jusqu'à Gori, à l'extérieur de l'Ossétie. Emotion internationale, démarches de différents chefs d'Etats, dont Sarkozy, cessez-le feu repoussé puis signé, telles sont les conséquences immédiates, à " chaud ". Depuis, l'armée russe, que certains média s'obstinent à appeler " rouge ", occupe des zones non contestées de Géorgie tout en assurant à Sarkozy, le petit télégraphiste de l'Union Européenne, qu'elle n'y restera pas. Quoi qu'il arrive désormais, la boîte de Pandore est ouverte et l'appétit Grand-russe qui relie les tsars à Staline et à Poutine s'est réveillé.Le président géorgien Saakachvili est un réactionnaire soutenu par la Maison Blanche. Le fait qu'il soit arrivé au pouvoir à l'issue de la Révolution des roses en 2003 après que celle-ci a chassé le vieux bureaucrate Chevarnadze n'enlève rien à cette donnée. Saakachvili considère que l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud font partie intégrante de la Géorgie, nonobstant l'histoire spécifique des Abkhazes et des Ossètes. Trois semaines après la guerre, Poutine fait reconnaître par la Douma russe l'indépendance de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, ce qui entraîne des protestations des gouvernements occidentaux. La " grande presse " parle de la " politique impériale " russe etc....Au-delà des discours de propagande, qu'en est-il ?

Des soutiens intéressés

Il est incontestable que Saakachvili a été soutenu en sous-main par Washington, qui a fourni à l'armée géorgienne un armement sophistiqué. l'attitude des Etats-Unis n'est pas sans rappeler celle de Bush père incitant les Kurdes à se soulever contre Saddam après la guerre du Golfe en 1991 avant de les laisser se faire écraser. La situation internationale est marquée à la fois par une crise de l'impérialisme majeur, celui des USA qui se débat dans la récession économique et mène deux guerres impossibles à gagner, en Irak et en Afghanistan tout en envisageant, sinon programmant, une intervention armée contre l'Iran. La Russie de Poutine et de sa créature Medvedev dispose de deux atouts dans son chantage à l'encontre de l' " étranger proche ", c'est-à-dire les territoires autrefois membres ou satellites de l'URSS : l'arme nucléaire et le gaz. Le fait que la Géorgie et l'Ukraine puissent un jour faire partie de l'OTAN est considéré comme intolérable par Poutine et l'ex- bureaucratie russe recyclée en bourgeoisie. Pour les dirigeants du Kremlin, leur chauvinisme grand-russe et panslave les amène à utiliser les territoires comme l'Ossétie, l'Abkhazie ou encore la Transnistrie en Moldavie et un jour probablement l'enclave de Kaliningrad comme des pions sur l'échiquier du grand marchandage avec les " Occidentaux " Il n'y a donc , ni de près ni de loin aucun respect du droit des peuples dans cette affaire.

Droit des peuples ?

Les Abkhazes formaient au 18ème siècle une principauté déjà indépendante, les Ossètes ne sont en Géorgie que parce que Staline les y a déportés comme il l'a fait pour les Arméniens au Haut Karabakh ou les Tchétchènes. A tous ces dirigeants misérables, de Washington à Moscou en passant par Paris, qui se gargarisent avec les concepts de droit des peuples et d'intégrité territoriale une simple question peut être posée : " Pourquoi ne pas reconnaître le droit à l'autodétermination pour les Abkhazes, les Ossètes et tout autant les Tchétchènes ? Cette dernière question plus particulièrement posée à Poutine, le bourreau de Grozny. Une véritable disposition démocratique serait un référendum étendu aux deux Osséties : on verrait si les Ossètes du Nord veulent conserver la citoyenneté russe ou former une Ossétie indépendante avec leurs frères du Sud. La sauvage répression dont sont victimes les peuples Tchétchènes et le peuple Ingouche, montre à quel point le droit des peuples est à géométrie variable pour Poutine, comme pour Sarkozy qui a même été jusqu'à gommer toute référence à la présence des troupes russes en Géorgie proprement dite dans son " plan de paix ".
l'héritage pourri de Staline et de ses épigones n'a pas fini d'empoisonner les relations entre les peuples, comme le montre aussi le cas de la Crimée russe offerte à l'Ukraine par Khrouchtchev qui était Ukrainien.

La seule voie qui puisse permettre d'éviter des guerres " régionales " comme les journalistes aiment à appeler ces guerres contre le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est le strict respect du droit à l'autodétermination des peuples. Et le premier pas en ce sens est bien entendu l'exigence du retrait des troupes russes de Géorgie, de Tchetchénie, d'Ossétie du Sud comme du Nord tout autant que celui des troupes US d'Afghanistan, d'Irak...

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