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Après la prétendue victoire de Trump : Où en sont les États-Unis ?

Publié le lundi 14 novembre 2016

La prétendue victoire de l’aventurier cousu d’or Donald Trump donne cours à toutes sortes de spéculations et d’interprétations. Elle ouvrirait la possibilité d’une victoire de Mme Le Pen en France. La base électorale de Trump serait ouvrière et populaire. Ce résultat serait un « Brexit mondial » et sonnerait le retour de l’isolationnisme. Les USA s’apprêteraient à soumettre les peuples du monde entier. Et ainsi de suite. En évitant de partir des faits.

Après la prétendue victoire de Trump : Où en sont les États-Unis ?
(photo : David Goldman / AP)

Tout d’abord, nous avons envie de dire « Quelle victoire ? » quand « l’élu » fait moins de voix que la battue, moins de voix que le candidat de son parti en 2012 (Mitt Romney), quand 47% des électeurs potentiels s’abstiennent et 6% votent pour les « petits candidats », tandis que d’autres votent blanc. Comme l’a noté Michael Moore « Vous pouvez choisir un parti politique, ou écrire Mickey Mouse et Donald Duck sur votre bulletin de vote ». 1

A vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes, les commentateurs, y compris certains plumitifs « extrêmement gauche », s’aveuglent eux-mêmes.

Trump = 25%

À tout rompre, Donald Trump « représente » 25% des électeurs et, parmi ses électeurs, un certain nombre a voté non pas « pour Trump » mais contre « l’establishment » dont ce candidat ne faisait pas partie. « Des millions de gens seront tentés de devenir marionnettistes et de choisir Trump dans le seul but de brouiller les cartes et voir ce qui arrivera. » 2 avait prévenu Michael Moore. En revanche, les deux anciens présidents Bush, père et fils, se sont bien gardé de voter pour ce Donald qui n’a pas appris les bonnes manières.

Crise du système politique

Tous ces médias qui, aujourd’hui, crient après les sondages, sont frappés d’une sorte de démence. En nombre de voix, les sondages ne se sont pas tant « plantés ». Mais, là n’est pas le problème. Les médias français ont cru en la victoire de la candidate va-t’en guerre, parce qu’ils ont cru que les primaires américaines, pourtant fort insolites, n’avaient été qu’une péripétie. Or, les primaires ont révélé la crise du système politique américain. Contre toute attente, c’est l’outsider Trump qui l’avait emporté, côté « Républicains ». Et, côté « Démocrates », Clinton a été talonnée jusqu’à la fin par Bernie Sanders, un postulant qui a osé se présenter comme un « socialiste » (ce qui, en France, équivaut à « rouge vif »).

L’effet Sanders et sa limite

Certes, Bernie Sanders n’est pas sorti de l’ornière minée du Parti Démocrate. Certes, il avait précisé, il y a un an, qu’il ne croyait pas à la« propriété publique des moyens de production » 3 . Mais en déclarant : « nous avons besoin de politiques économiques qui profitent à la classe ouvrière et non pas à la classe des millionnaires » au cours de sa campagne, il a fait un pas vers la lutte de classes et, pour cette raison, obtenu des scores dépassant toutes ses espérances : 43% des voix (plus de 13 millions d’électeurs) et vainqueur dans 22 États. Il avait ferraillé pour l’augmentation des salaires, la gratuité des études, mettre fin à la collecte d’informations par la NSA, pour la suppression des camps de réfugiés et pour la protection des immigrés.

« Malheureusement, la décision de Sanders de s’inscrire dans les primaires du Parti démocrate limite ce potentiel, spécialement son intention manifeste de soutenir Hillary Clinton s’il perd la primaire » avons-nous écrit en février dernier. 4

« Au cœur de la bête impérialiste »

Ce que nous avions appelé « l’effet Bernie Sanders » était le reflet des processus profonds de mobilisations de la classe ouvrière et des couches opprimées « au cœur de la bête impérialiste » comme l’ont encore montré la grève historique des prisonniers-travailleurs américains en septembre, les combats du Blacks Live Maters 5 contre les violences et crimes policiers racistes, des grèves comme celles qui ont secoué l’opérateur Verizon-communication pour le renouvellement du contrat de travail (40 000 travailleurs en grève, en avril dernier considérée comme l’une des grèves les plus importantes de ces dernières années aux USA). Le conflit portait sur : les soins de santé, les règles de travail et les régimes de retraite 6 . Les médias institutionnels français ne s’embarrassent pas de pareilles considérations.

« Not our president »

À peine les résultats des élections connus, des manifestations spontanées et significatives de dizaines de milliers de jeunes, de lycéens et étudiants ont surgi dans de nombreuses villes au cri de « Not our president » (Pas notre président). Pareil phénomène ne s’était jamais produit !

Aux États-unis, comme dans l’État espagnol ou en France, la crise politique ouvre une brèche dans laquelle, à tout moment, le mouvement des masses peut s’engouffrer. Dans l’immédiat, la question immédiate qui se pose dans le mouvement ouvrier américain, c’est celle de la rupture de l’AFL CIO 7 avec le parti démocrate de l’impérialisme, vers un véritable parti de la classe ouvrière totalement indépendant du « bipartisme » démocrate - républicain, deux faces de la même médaille impérialiste

Antonin Fuchs,
12-11-2016

1. et 2. http://www.huffingtonpost.fr/michael-moore/cinq-raisons-pour-lesquelles-trump-va-gagner/
3. Discours à l’université Georgetown, Washington, DC, 19 novembre 2015.
4. http://www.lacommune.org/Parti-des-travailleurs/blog/international/Etats-Unis/L-effet-Bernie-Sanders-i1429.html
5. http://www.tvanouvelles.ca/2016/04/13/etats-unis-40-000-travailleurs-de-verizon-en-greve
6. Black Lives Matter, qui se traduit littéralement en français par « les vies noires comptent », parfois abrégé en BLM, est un mouvement militant1 actif aux États-Unis depuis 2013 et né dans la communauté afro-américaine.
7. AFL CIO : L’American Federation of Labour - Congress of Industrial Organisations, dite AFL-CIO, est le principal regroupement syndical des États-Unis


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