L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Le véritable modèle chilien

Publié le dimanche 16 mai 2010
Chili : après le tremblement de terreA la fin du mois de mars nous avons rencontré Gustavo Gonzalez et Sebastian Rios de la direction du MST chilien qui nous ont accordé l'entretien que nous publions ci-dessous.
Le MST du Chili est une jeune organisation qui provient de la fusion de deux groupes, l'un " Izquierda Socialista " qui provient du courant moreniste du trotskysme et l'autre
" Juventud Mobilisada " un groupe d'étudiants et de jeunes employés. La recompostion du mouvement révolutionnaire est en marche au Chili dans une situation de lutte
de classes intense au lendemain du tremblement de terre et de ses conséquences. Entretien.
Quelle est la situation après le
tremblement de terre ? Le Chili
est présenté dans toute
l'Amérique latine comme l'exemple à
suivre. Il faut faire partout comme au
Chili où tout fonctionne, où les institutions
n'ont aucun problème, la crise ne
le touche pas et où tout le monde est
heureux. Le tremblement de terre a mis
à bas toutes ces affirmations fallacieuses.
Il est vrai que c'est un phénomène
naturel mais auquel doit faire
face le gouvernement et ses
institutions et dans ce cas le
gouvernement et les institutions
ont montré leur vrai visage au
service du capital.




Incurie






La première question, c'est
pourquoi il n'y avait aucun plan,
aucun instrument pour répondre
à la nécessité de sauver les
milliers de victimes du tsunami
et du tremblement de terre. Pas
de système d'alerte et pas de
préparation en prévention d' un tel événement,
c'est ainsi, par exemple, que la
police au Chili n'a plus d'émetteurs
radios, ils ont été remplacés par de simples
téléphones portables. Ceci a fait
que de nombreuses personnes n'ont pu
être sauvées, parce que la police, bien
que proche du lieu de la catastrophe,
n'a pu les informer. Les hélicoptères de
secours de l'armée qui auraient pu s'envoler
dans la minute n'ont pu le faire
parce que les pilotes vivent sur les hauteurs
de Santiago, à des kilomètres de
l'aéroport, et ils n'ont pu traverser la ville
à cause des dégâts causés par le tremblement
de terre. En clair il n'y avait pas
de service de garde pour répondre à ce
genre de catastrophe, dans notre pays
qui est soumis fréquemment aux tremblements de terre. Tout est calculé non
pour sauvegarder la population mais
sauvegarder le portefeuille des possédants.
Pourquoi tout s'est effondré ?
Avec toute la législation antisismique
qui existe au Chili, les immeubles les
plus modernes s'effondrent, les routes à
péage sont inutilisables, les ponts, les
passerelles s'écroulent, simplement
parce que tout cela est bâti sur la corruption
qui gangrène les travaux publics et les entreprises du bâtiment.
Maintenant la misère du peuple chilien
qui était à l'intérieur de la maison du travailleur,
mais que l'on ne voyait pas, est
aujourd'hui en plein jour. Les pillages
ont démontré qu'il n'y avait rien pour
que les travailleurs puissent vivre une
semaine, un mois ou quelques jours sur
des réserves. Ainsi on a vu que les gens
vivent au jour le jour avec le minimum
vital. Quelles mesures a prises le gouvernement
de Bachelet
? Le tremblement
de terre a rompu les chaînes de
froid des grands supermarchés, occasionnant
la perte d'une importante
quantité de nourriture. Le gouvernement
a interdit la distribution de ces
denrées qui, de toute façon, allaient être perdues. Les patrons de ces hypermarchés les ont immédiatement fermés.




Précarité






Les gens ont commencé à s'organiser
par eux-mêmes et au troisième jour,
alors que le gouvernement n'a distribué
ni eau, ni aliments, il a envoyé les militaires.
Ceux-ci ont protégé les supermarchés,
les stations service, mettant
en place un couvre feu de six heures
du soir à midi dans la région de
Concepcion. C'est seulement au
bout d'une semaine que le gouvernement
a fait distribuer de la nourriture.
Aujourd'hui la question qui est
posée c'est : que va-t-il se passer
pour le paiement de nos salaires,
nos emplois vont-ils être maintenus,
parce que non seulement les maisons
des ouvriers ont été détruites
mais également de nombreuses
entreprises, et celles qui n'ont pas
été détruites ont été gravement
endommagées. Il faut savoir qu'au
Chili la législation fait qu'en cas de
catastrophe le travailleur perd son
emploi et son indemnisation. Pour tout
dire il ne lui reste rien. Que va faire le
gouvernement de Pinera ?
Pour nous,
il ne fait aucun doute que leur première
préoccupation va être celle des entrepreneurs
chiliens qui est le retour aux
profits qu'ils avaient avant la crise économique
et, donc, la mise en place de la
flexibilité du travail. Ils vont profiter de
ce qui vient de se passer pour, dans le
processus de reconstruction du pays,
c'est-à-dire la reconstruction des routes,
des entreprises imposer encore plus
une main d'oeuvre à bas prix, tout en faisant
peser le poids des dépenses sur
l'argent des ménages ouvriers. Telle est
leur perspective.


25 mars 2010

Voir aussi dans la catégorie Chili
Le véritable modèle chilien

A la fin du mois de mars nous avons rencontré Gustavo Gonzalez et Sebastian Rios de la direction du MST chilien qui nous ont accordé l'entretien que nous publions ci-dessous.Le MST du Chili est une...

Un virage à droite ?

l'élection de Sebastian Pinera, ancien partisan de Pinochet à la Présidence du Chili, après vingt ans de gouvernement dela Concertacion (alliance entre la démocratie chrétienne et le parti...

Au rythme de l'Amérique latine

La grève des 28000 travailleurs contractuels de la CODELCO, l'entreprise nationale du cuivre, a dévoilé toutes les faiblesses du Régime de la démocratie bourgeoise chilienne, héritière en...

Révolte lycéenne

Des centaines de milliers d'élèves du secondaire sont en grève en ce moment même au Chili, occupant leurs lycées et manifestant dans la rue contre le gouvernement de Michèle Bachelet (Parti...

Appel à voter nul

En 1980, le général Pinochet a imposé sa Constitution et négocié avec le Parti socialiste et la Démocratie chrétienne une transition " sans traumatisme ", les militaires assassins sont restés...

Le peuple chilien face à Bush

Au Chili, nous le savons : ce n'est pas parce que quelqu'un se fait appeler Jésus qu'il est le fils de Dieu. C'est ce qu'on peut dire de l'actuel Président, Ricardo Lagos, militant du vieux parti...



HAUT