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Un pays en ébullition

Publié le vendredi 07 novembre 2008
BoliviePlus de 200 000 manifestants, ouvriers et paysans ont, à l'appel du MAS, de la CSUTCB (Confédération paysanne), de la Fejuve ( Associations des habitants) de El Alto, de la COB (Centrale Ouvrière Bolivienne), envahi La Paz, le 20 octobre, pour exiger du Congrès qu'il convoque le référendum destiné à approuver la nouvelle Constitution. Ce qui fut fait par les deux tiers de ses membres, mais après avoir modifié 105 de ses articles. Malgré les atermoiements et les reculades du gouvernement et de Morales, le processus révolutionnaire qui a chassé les présidents précédents se poursuit. Et il n'est pas près de refluer. Etat d'un pays mobilisé contre putschistes et pro-impérialistes.La nouvelle Constitution votée en décembre 2007, après un an et demi de discussions, par l'Assemblée Constituante, contient un certain nombre d'articles extrêmement positifs, résultat de la mobilisation des masses. Elle contient la nationalisation des hydrocarbures et de l'eau ; l'autonomie des peuples indigènes avec la reconnaissance de leurs langues, de leurs cultures, de leurs écoles, de leur justice ; la réforme agraire et la fin des grandes propriétés de plus de 5000 ou 10 000 hectares avec indemnisation des propriétaires. Une réforme limitée mais qui va permettre l'accès à la terre pour des milliers de paysans.

La question de la terre

D'après le Mouvement Sans Terre, sur les 65 millions d'hectares cultivables, 40 millions sont aux mains des grands propriétaires, 15 millions sont cultivés par les communautés paysannes et les peuples indigènes (il s'agit de terres de mauvaise qualité), les 10 millions restants qualifiés de " protégés " sont pour la coupe de bois, l'extraction du gaz et de minerai. Y ont accès les puissants comme les pauvres.

Cette nouvelle Constitution qui fait des incursions dans la propriété privée des moyens de production a été immédiatement dénoncée comme " communiste " par la réaction regroupée essentiellement dans les cinq provinces de l'est qui forment la " Média Luna " (le croissant de lune) à savoir Santa Cruz, Beni, Pando, Chuquisaca et Tajira.

Un accord dans le dos des masses

Dans le dos du peuple bolivien et alors que les abords du Congrès étaient cernés par les manifestants, le MAS et les partis de droite ont abouti à un accord modifiant substantiellement la Constitution piétinant ainsi le travail de l'Assemblée Constituante. De ces modifications, la plus connue est celle interdisant à Evo Morales de se présenter aux élections de 2014. Mais il y en a d'autres par exemple celle concernant l'article 398 qui établit la superficie maximum de la propriété de la terre. Le peuple bolivien va devoir se prononcer par référendum sur la limite maximale des propriétés 5 000 ou 10 000 hectares. Mais les propriétés qui sont en procédure " d'assainissement " ne seraient plus soumises aux limitations de superficie. C'est dire que la réforme agraire va subir de ce fait une nouvelle limitation au détriment des paysans qui ont contribué à l'élaboration de la nouvelle Constitution et au profit des grands propriétaires terriens de la " Media Luna ", dont l'ex-président de la Chambre d'Agriculture, Zvonko Matkovic, possède à lui seul 1,3 million d'hectares de terres.

Une nouvelle période s'ouvre

Cet accord crée a ouvert une période de confusion politique pour les ouvriers et paysans boliviens. Les tentatives de putsch ont été étouffées dans l'oeuf par leur mobilisation, la réaction a abandonné temporairement ses plans putschistes et a tout misé sur l'accord avec le MAS pour édulcorer la nouvelle constitution.

Une fois de plus la bourgeoisie gagne du temps. Mais le processus révolutionnaire qui a chassé les présidents réactionnaires et a conduit à l'élection d'Evo Morales est toujours vivant. l'expulsion des multinationales, la nationalisation à 100% des hydrocarbures, la fin de la grande propriété terrienne sans indemnisation et la répartition de la terre aux masses paysannes, l'augmentation des salaires et un système de retraite garanti par l'Etat, le châtiment des fascistes : " l'agenda d'octobre " reste au coeur des préoccupations du peuple bolivien. Sa réalisation exige de rompre avec les capitalistes.

Le pacte tourne le dos à ces aspirations. Les réformes mêmes limitées engagées par le gouvernement d'Evo Morales se heurtent aux exigences des grands propriétaires terriens, aux patrons, à l'impérialisme. La coexistence entre " le capitalisme andin " prôné par Evo Morales et " l'agenda d'octobre " est impossible. " l'équilibre " ne pourra durer éternellement, le dilemme sera tranché tôt ou tard en faveur des ouvriers et des paysans boliviens ou de l'oligarchie liée à l'impérialisme. De nombreux responsables de la COB, d'organisations populaires et paysannes se sont prononcés contre le pacte, ils représentent l'avenir. Nous sommes avec eux.

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