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Le miroir de l'Amérique latine

Publié le juin 2005
Le miroir de l'Amérique latine | Bolivie, terre de révolution permanenteUn nouveau chapitre de la révolution bolivienne s'ouvre, avec comme prélude la révolte des " hors-la-loi " en Équateur. Le combat est engagé pour la nationalisation du gaz et du pétrole et pour une Assemblée constituante. Des menaces de sécession sont proférées par les oligarques de Tarija et Santa Cruz de la Sierra. Des complots réels ou inventés cherchent un débouché par un coup d'État. La triste image du président Mesa solitaire et la place occupée par les masses, qui imposent le calendrier et les rythmes de la situation politique, sont le laboratoire où se prépare l'avenir de l'Amérique latine. Le président Mesa a cessé de regarder la télévision et de lire les journaux, car cela lui occasionne, selon ses propres termes, " des maux d'estomac inutiles ". Mesa n'est plus que l'ombre de celui qui, en 2003, a remplacé Sanchez de Lozada face à une assemblée de paysans sur la place centrale de La Paz, accompagné par le chef Aymara, Felipe Quispe. S'il n'a toujours pas démissionné, c'est " parce qu'il n'y a pas de remplaçant ".

Où est le pouvoir ?

Si Mesa n'a plus le pouvoir, où est-il ? Pas dans le parlement, qui n'est qu'une coquille vide de toute représentativité dont les membres ne cessent de se plaindre de ce qu'ils " ne peuvent travailler avec cette dynamite volant au-dessus de leurs têtes ". Pas dans les forces armées, dont le chef doit expliquer que " dans [son] dictionnaire ne figure pas l'expression " coup d'État " ". En Bolivie, le pouvoir réel est divisé, atomisé ; il y a de fait deux pouvoirs en lutte, en guerre ouverte. D'un côté, celui de ceux qui désirent poursuivre la spoliation du peuple bolivien, comprenez : Total, Halliburton, British Petroleum, Repsol YPF et les vingt autres entreprises qui forment la Confédération Boli­vienne des Hydrocarbures avec l'oligarchie de Santa Cruz, l'ambassade des États-Unis, etc. C'est aujourd'hui un pouvoir aux abois face à celui qui, de l'autre côté, a l'offensive, celui des masses, des paysans, des indigènes, des mineurs, des enseignants, des habitants d'El Alto, qui s'exprime dans la rue et dont les formes organisées sont à l'image des Conseils de quartier d'El Alto. Mais cette situation ne peut durer éternellement. Les ambitions séparatistes de l'oligarchie de la province de Santa Cruz démontrent sa volonté d'affronter le peuple par tous les moyens et de l'écraser. C'est le prélude à des affrontements plus durs et plus brutaux. Jusqu'à maintenant, les masses, à travers leur mobilisation, ont montré davantage de vitalité, de décision et d'héroïsme. Mais les prochains épisodes de la révolution bolivienne vont être décisifs.

La nouvelle indépendance

Les dirigeants politiques qui revendiquent la représentativité du mouvement des masses ont différentes propositions, dont certaines contradictoires. Evo Morales, député et dirigeant du MAS, soutient que Mesa doit aller jusqu'au bout de son mandat, qu'une Assemblée constituante doit être convoquée, une issue institutionnelle trouvée, et dans le même temps il propose des modifications mineures à la loi approuvée par le parlement. Ce qui n'est pas l'opinion des cadres intermédiaires de son parti, qui vivent quotidiennement sous la pression de leurs communautés et de leurs organisations de base. Dans une " Assemblée populaire " tenue le 24 mai sur la Place Murillo, la place principale de La Paz, les discours de ces cadres intermédiaires sont allés plus loin que la position d'Evo Morales, en soutenant la nationalisation totale des ressources naturelles. Felipe Quispe, responsable du parti Pachacuti, propose de son côté la séparation de la nation aymara comme point fondamental de son programme et, bien que sa position sur la question du gaz et du pétrole soit plus radicale, il n'a pu participer à la dernière manifestation partie d'El Alto, car il en a été expulsé par les participants. Sans doute parce que nombreux sont ceux qui se souviennent du soutien et de l'année de trêve qu'il avait accordés à Mesa. Si l' équatorien Lucio Gutiérrez a été chassé du gouvernement par les mêmes qui l'avaient porté au pouvoir, ces dirigeants ont commencé à dilapider leur prestige et leur représentativité avant d'accéder au gouvernement. Les masses exploitées de Bolivie, avec leurs organisations, doivent décider de tout : que faire avec le gouvernement, les hydrocarbures, la Consti­tuante, les salaires et, plus largement, le pays.
Mais il faut pour cela accomplir une tâche essentielle : celle de construire une organisation politique des exploités. De l'accomplissement de cette tâche dépend, en grande partie, l'avenir de la Bolivie pour qu'elle cesse d'être la terre des " veines ouvertes " pour devenir celle d'une nouvelle et définitive indépendance.

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