L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Sale temps pour Kirchner

Publié le mercredi 22 mars 2006
ArgentineDifférents événements survenus à travers l'Argentine dans le courant de ces dernières semaines démontrent clairement que les flammes du gigantesque soulèvement populaire de décembre 2001 ne sont pas éteintes, loin s'en faut. En quelques jours, deux gouverneurs sont tombés, celui de la capitale - Buenos Aires - et celui de la province du président Kirchner - Santa Fe . Dans le même temps, on assistait à des soulèvements dans plusieurs provinces. Le point sur une intense lutte de classes.La réalité des dernières semaines contraste avec la coûteuse propagande publicitaire et les effets de manche que distille le gouvernement de manière permanente, dans le but de faire croire que le pays va de l'avant et que les problèmes qui ont engendré le séisme de 2001 sont en voie d'être résolus. l'inflation galopante, la faim qui assaille des pans entiers de la population, les bas salaires, les problèmes les plus urgents non résolus, la corruption et l'impunité sont les détonateurs de la majorité des luttes et des processus en cours. Cependant, un autre élément fondamental doit être pris en compte pour comprendre la situation : la crise et la faiblesse du Régime politique trouvent leur origine dans les coups qui lui ont été portés par " el Argentinazo ".


Des institutions discréditées


Le socle de la stabilité du Régime né avec le retour de la démocratie, son institution fondamentale, était le bipartisme péroniste et radical. La débâcle de ces partis et la fin du bipartisme, provoquées par l'insurrection populaire des 19 et 20 décembre 2001, ont frappé durement le Régime dans son ensemble et abouti à des changements qualitatifs importants.

Depuis 2001, le mouvement des masses tend avoir davantage confiance en ses propres forces qu'en les institutions de la " démocratie formelle " où le peuple est censé " gouverner " à travers ses représentants. La méfiance du mouvement des masses et la fragilité de l'ensemble du Régime provoquent en permanence des fissures au sommet et d'énormes difficultés qui empêchent le fonctionnement normal de ces institutions. Ce fonctionnement, soumis au rapport de forces entre les classes, les oblige à revenir sur des décisions par peur des réactions qu'elles pourraient provoquer, et cette attitude les discrédite plus encore.


l'incendie de la discothèque " Cro Magnon "


Nombre d'événements récents prennent leur source dans cette nouvelle réalité que vit l'Argentine. l'un d'entre eux est la destitution d'Ibarra, gouverneur de Buenos Aires. La ténacité des parents des deux cents adolescents morts dans l'incendie de la discothèque " Cro Magnon " la nuit du 30 décembre 2004 a abouti à une victoire très importante contre l'impunité. Le gouverneur de la capitale de l'Argentine a été destitué par un vote de l'Assemblée provinciale au mois de novembre 2005, et ceci malgré le soutien du gouvernement Kirchner, des médias et de l'État. La mobilisation des parents des victimes a provoqué crises et divisions à l'intérieur de tous les partis représentés à l'Assemblée, y compris et surtout dans le parti de Kirchner, le Président de la République argentine.


Le gouverneur Acevedo démissionné


Las Heras, d'où le Président Kirchner est originaire, est le lieu où les changements se sont exprimés de la manière la plus claire. Ici, les ouvriers du pétrole et leurs familles sont au centre d'une des luttes des plus importantes de ces dernières années. À la grève et aux barrages routiers pour leurs revendications s'est ajoutée une véritable rébellion quand leur dirigeant a été mis en prison, contraignant la justice à le libérer immédiatement, provoquant a posteriori le déchaînement de la répression par les gouvernements national et provincial avec la complicité de la bureaucratie et de la justice, dans le meilleur style de la dictature, avec emprisonnements, licenciements et persécutions. Ces mesures répressives n'ont pas donné le résultat escompté. La campagne menée par les dirigeants de la grève pour rompre l'isolement a obligé le gouvernement Kirchner, stratège de cette opération, à reculer en désordre au fur et à mesure que la province et le pays apprenaient la répression dont étaient victimes les ouvriers du pétrole. Acevedo, gouverneur de la province de Santa Fe, a été démissionné et les revendications des travailleurs de Las Heras ont été satisfaites : augmentation générale des salaires dans la province et, au niveau national, augmentation du salaire de base non imposable.

Le double discours de Kirchner a de plus en plus de mal à masquer le fossé qui se creuse entre les pauvres et les riches. Le peuple argentin est à nouveau en marche.

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