L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

- La Commune - Pour un Parti des Travailleurs -
membre du Courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs
 ( IV ème Internationale )
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


La situation de la classe ouvrière

Publié le mai 2004
Argentine - Un an après l'election de kirchnerLe 1° avril, 200 000 personnes ont envahi la place de Mai et les avenues qui y conduisent pour manifester leur rejet des méthodes d'une police- la "boanerense"-corrompue jusqu'à la moëlle qui , une fois de plus, s'est illustrée comme complice de l'enlèvement et de l'assassinat d'un jeune homme : Axel Blumberg.Cette manifestation symbole d'un pays qui n'en a pas fini avec ce qui a été à la base du soulèvement des 19/20 décembre 2001, l'Argentinazo. Les puissances impérialistes conscientes du caractère au combien explosif de la situation non seulement pour l'Argentine mais au delà pour toute l'Amérique latine ont donné un sursis pour le paiement de la dette afin de permettre l'élection de Nestor Kirchner à la présidence.Reculer pour mieux sauter ? Les éléments pour une nouvelle explosion sociale s'accumulent.Leniveau de pauvreté en Argentine est plus élevé que celui du Brésil et du Mexique. Il égale celui du Paraguay et approche de celui de l'Equateur et de la Colombie, les pires en Amérique latine. Le chômage affecte des millions de travailleurs et les salaires ont perdu plus d'un tiers de leur valeur depuis la dévaluation.

l'Argentine a été déclarée durant des décennies "paradis de la classe moyenne latino-américaine", ceci étant en partie une affabulation. La misère et la marginalité ont toujours existé dans de vastes régions de l'Argentine, mais il y existait "moins" de pauvres et, en général, une meilleure qualité de vie que dans les pays voisins.

Aujourd'hui, après presque trente ans de désindustrialisation et plus de vingt ans de plans économiques dédiés au paiement de la dette externe, la radiographie de ce pays fait peur.

La pauvreté atteint pratiquement la moitié de la population

Les Argentins "sous le seuil de pauvreté" représentent aujourd'hui 47,8% de la population, ce qui signifie 17,7 millions de personnes dont 7,6 millions sont indigentes, c'est-à-dire qu'elles ne disposent même pas du minimum mensuel indispensable à la survie. En comparaison, le Brésil et le Mexique qui, pendant des décennies, ont été considérés comme les symboles de la pauvreté en Amérique latine, ont, aujourd'hui, 32% de pauvres, chiffre très élevé mais encore bien en dessous de celui de l'Argentine.

Un Argentin sur trois est au chômage. Les chiffres officiels annoncent un taux de chômage de 20%, mais il faut ajouter à cela les emplois précaires qui représentent 11%. Nous obtenons ainsi plus de 30% de travailleurs avec de très graves problèmes d'emploi. Ce n'est pas encore tout: on doit aussi compter également ceux contraints de survivre avec des bons d'alimentation (ils sont 2200000) et qui sont considérés comme des personnes disposant d'un travail. De fait, la moitié de la population laborieuse est en marge, voire tout à fait en dehors du marché du travail.

Le salaire réel a été réduit de 25% depuis 2002

Depuis la dévaluation, les prix à la consommation ont augmenté de 47%, contre 26% pour les salaires. Ce sont là des chiffres tout à fait officiels, ce qui signifie que, pour le moins, la détérioration du salaire réel est supérieure à 20%.

Ces chiffres doivent être éclairés par la "réalité": les produits de première nécessité ont beaucoup plus augmenté que les autres (47%), nombre d'entre eux ayant connu une augmentation de 200 à 300%. Au mois de mars de cette année, la viande et le poisson, les légumes, les fournitures scolaires..., ont vu leur prix augmenter de 0,6%.

Côté augmentation des salaires, précisons que rares sont les entreprises à l'avoir appliquée; nombre d'entre elles l'ont tout simplement absorbée dans leur comptabilité interne. Les travailleurs n'ont pas vu un seul peso de plus arriver dans leur porte-monnaie.

Ces derniers mois, le secteur privé a connu de nombreuses grèves pour des augmentations de salaire, c'est-à-dire pour tout simplement exiger que les promesses gouvernementales soient tenues, et les travailleurs de l'Etat n'ont pas été en reste, eux qui n'ont pas eu un seul centime d'augmentation depuis la dévaluation.

Quant au travail au noir, 36% des salariés argentins y sont soumis, avec en moyenne un salaire autour de 360 pesos par mois (100 euros) sans, bien entendu, aucune augmentation en vue.

La "croissance" pour les riches

Le ministre de l'Economie, Lavagna, déclare que la croissance économique, qui se traduit par une amélioration du chiffre d'affaires des multinationales (aujourd'hui, les exportateurs de pétrole et de soja; demain, d'autres "privilégiés"), aboutira à une amélioration de la situation des classes populaires. Il est évident qu'à cette "fête de la croissance", les travailleurs, pas plus que les chômeurs, n'ont été invités.

l'Argentine vit la crise la plus importante de son histoire. Elle ne peut sortir de la pauvreté et de l'indigence si l'on continue à vouloir payer des milliards de dollars par an pour le remboursement de la dette extérieure.
On ne peut pas sortir du chômage alors que les latifundistes (chacun propriétaire en moyenne de deux mille hectares de terre) n'embauchent que dix ouvriers payés une misère pour récolter "leur" soja. C'est ainsi que ces modernes esclavagistes deviennent multimillionnaires. On ne soigne pas le cancer avec de l'aspirine!

Seule une politique commençant par le refus du paiement de la dette extérieure, rompant avec le FMI et mettant les immenses ressources naturelles de l'Argentine au service d'une politique de plein emploi, en commençant par un grand plan de travaux publics ouvrira le chemin pour sortir de la crise.

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