L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Qui sont les Trotskystes ?

Publié le septembre 2004
Notes de lectureDaniel Erouville, professeur agrégé d'économie et de gestion a publié, aux éditions l'Harmattan, un livre intitulé : " Qui sont les Trotskystes ? (d'hier à aujourd'hui)" dont l'objectif est de répondre à un certain nombre de questions à l'heure où le Trotskysme est devenu ces dernières années tantôt un objet de curiosité pour les médias depuis les aveux de Jospin, tantôt un effet de mode, mais, bien moins souvent, un sujet sérieux de débat et d'appréciation. Ainsi, parmi les questions auxquelles Daniel Erouville tente de répondre, retenons en particulier celles qu'il soulève dans son avant-propos sur LO, la LCR, le courant Communiste Internationale (CCI) : "Pourquoi ces différentes organisations ? D'où viennent-elles ? Quelles sont leur Histoire, leurs histoires ? Quelles sont leur politique, leurs perspectives ? Leurs divergences ? Respectent-elles les principes du Trotskysme ? Peut-on parler de "famille trotskyste " ?". Voilà un livre parfaitement charpenté, et documenté, qui a, de plus, le mérite de la clarté. Un livre qui comporte aussi ses lacunes et ses erreurs, quelques omissions regrettables et malheureusement aussi quelques libertés avec l'exactitude des faits (la politique des trotskystes argentins au moment de la guerre des Malouines est falsifiée, et LO est l'objet de diatribes absurdes) , des affirmations ni fondées, ni vérifiées mais un livre néanmoins sérieux qui mérite la lecture et ... le débat. On trouvera donc ci-dessous quelques extraits, que nous avons choisis, des interrogations pertinentes de Daniel Erouville à propos du CCI et du Parti des Travailleurs de Pierre Lambert.Il est actuellement engagé dans une campagne pour la défense des 36000 communes françaises contre l'intercommunalité forcée, pour la défense de la République une et indivisible contre la régionalisation impulsée par l'Union européenne.

Un parti révolutionnaire peut-il défendre "sa" république bourgeoise ?

Mais un parti qui se veut révolutionnaire peut-il défendre " sa" république bourgeoise contre les autres républiques et monarchies européennes dans lesquelles souvent les mêmes conquêtes ouvrières et démocratiques existent et avec lesquelles elle collabore au sein de l'Union européenne ? Peut-il défendre la Nation contre l'impérialisme US. Ou alors n'y a-t-il pas contradiction entre cette politique et la politique de Lénine et Trotsky en faveur du défaitisme révolutionnaire (l'ennemi principal est dans notre pays) ?
Ne faut-il pas prioritairement en finir avec Chirac-Raffarin et la Vème république et ainsi porter un coup mortel à l'Union européenne ? Développer ce que devrait être le programme d'un véritable gouvernement des travailleurs ? Préparer les conditions victorieuses de la future grève générale ?
Le maître mot du P.T. c'est la "démocratie", la défense de la démocratie, mais de quelle démocratie parle-t-il ? Rappelons ce que disait Lénine dans " la révolution prolétarienne et le renégat Kautsky " :
" La démocratie bourgeoise, tout en constituant un grand progrès historique par rapport au moyen âge reste toujours - elle ne peut pas ne pas rester telle en régime capitaliste - une démocratie étroite, tronquée, fausse, hypocrite, un paradis pour les riches, un piège et un leurre pour les exploités, pour les pauvres ".

l'existence de syndicats, de partis politiques, d'élections, sont certes des îlots de démocratie dans un système par ailleurs foncièrement anti-démocratique, celui de la Vème République, mais aujourd'hui, ne faut-il pas penser avant tout aux conditions de réalisation d'un Gouvernement du Peuple par le Peuple pour le Peuple ?

A propos de mai-juin 2003

Ni les partis traditionnels, ni les élections (sinon comme baromètre), ni les syndicats qui sont tout sauf indépendants des intérêts de la bourgeoisie (il suffit de rappeler leur acharnement à combattre la grève générale en mai-juin 2003 sur la question des retraites pour en être convaincus, quelle indépendance syndicale défend donc le P.T. ?) ne peuvent servir aujourd'hui de transition vers le pouvoir des travailleurs.
Qu'en fut-il des principales organisations se réclamant du Trotskysme ces mêmes mai - juin 2003 ?
Qui pouvait distinguer un responsable C.G.T membre de Lutte Ouvrière des autres responsables C.G.T. membres du P.C.F. dans leur combat contre la grève générale au nom de la généralisation des grèves, ou un responsable F.S.U. membre de la L.C.R. des autres responsables F.S.U. membres ou non du P.C.F. dans leur même combat contre la grève générale au nom de la grève reconductible école par école, collège par collège, lycée par lycée... dédouanant ainsi les directions syndicales de leur responsabilité de centraliser le mouvement en faisant reporter cette responsabilité aux enseignants, aux agents de service ... eux-mêmes, ou même encore un responsable F.O. membre du P.T. des autres responsables F.O. membres ou non du P.S. dans leur refus d'exiger clairement des dirigeants F.O. et de M. Blondel qu'ils appellent à la grève générale et pas le 12 juin, alors que tout le monde savait que c'était fini sauf, semble-t-il " Informations Ouvrières ?" Pourquoi le P.T. n'a t-il pas mené prioritairement le combat pour les comités de grève et leur centralisation, tout en exigeant des directions syndicales, de toutes les directions syndicales, qu'elles fassent ce que l'immense majorité attendait et de les dénoncer toutes - le cas contraire ? Pourquoi a-t-il utilisé alternativement les expressions " grève générale", "grève totale, grève générale interprofessionnelle" alors que seule la première signifie la lutte pour renverser le gouvernement et non pour la simple ouverture de négociations ?

Quand le PT couvre la politique syndicale de FO

N'est-ce pas parce que la grève générale, pourtant la seule solution pour gagner, posait la question du pouvoir politique, que tous P.S. , P.C.F., syndicats.... liés définitivement à l'ordre bourgeois, l'ont combattue jusqu'au bout. Au nom du danger corporatiste, faut-il ainsi couvrir une politique syndicaliste qui mène justement inéluctablement, dans cette période de décadence, au corporatisme ?
Alors que seule la révolution socialiste et un nouveau gouvernement de la Commune peuvent sauver les travailleurs, comment être surpris de la stagnation dans la construction du P.T. et du C.C.I. en l'absence d'une véritable politique trotskyste. Comment espérer ainsi construire un parti révolutionnaire ? Pourquoi "IO" ressemble-t-il trop souvent à une feuille syndicale ?

l'absence du PT à la manifestation du 9 juin 2001 avec les "lu-danone"

Du point de vue de la transition, il est vrai que ces différents comités sont des cadres de Front unique répondant à des besoins réels et souvent cruciaux de la population laborieuse, de la jeunesse, dont la satisfaction exige de rompre avec Maastricht, Amsterdam, avec l'Union européenne, véritable courroie de transmission des grands groupes capitalistes, notamment américains et donc de rompre aussi avec l'Etat française, agent de cette machine de guerre sociale bruxelloise, qu'il soit gouverné par la droite ou par la gauche. Aucun front commun avec la bourgeoisie ou la petite bourgeoisie souverainiste ne peut ouvrir la voie au socialisme ; "l'ennemi principal reste décidément dans notre propre pays "
Ils peuvent certes être en même temps des instruments pour renforcer, développer par le Parti des Travailleurs, lui-même un vivier pour construire la section française de la Quatrième Internationale, mais de transition en transition, n'est-ce pas la Quatrième Internationale elle-même qui disparaît du paysage politique ?
Pourquoi par exemple, le P.T. n'a-t-il pas appelé à la manifestation du 9 juin 2001 sur la ligne de démarcation "unité avec le gouvernement ou unité contre le gouvernement ? Comme le disait " Informations Ouvrières " ; pourquoi laisser le champ libre à ceux qui couvrent la loi de modernisation sociale de Guigou, véritable feu vert aux licenciements et à ceux qui veulent interdire les licenciements dans les seules entreprises faisant du profit ? (tant pis pour les salariés d'A.O.M., de Moulinex , de Marks et Spencer...)." Ce sont des dizaines de milliers de travailleurs qui ont manifesté avec les salariés de Lu-Danone en tête et ce n'était pas une manifestation organisée formellement par le P.C.F, contrairement à celle de 1999.

Pourquoi "Informations Ouvrières" reste-t-il trop souvent sur la défensive ?

Pourquoi "Informations Ouvrières" reste-t-il trop souvent sur la défensive et ne fait-il aucune proposition ou presque (seulement dernièrement avec l'exigence de la nationalisation sans indemnité ni rachat de toutes les entreprises qui licencient ?) Pourquoi pas plus d'agitation sur la grève générale indispensable, sur la nécessité d'un gouvernement du peuple (de délégués élus et révocables), d'un nouveau gouvernement de la Commune de Paris, sur les mesures à prendre (bien sûr rétablir tout ce qui a été démantelé) ?
Comment réaliser la nationalisation sans indemnité ni rachat ? Ou l'ouverture des comptes des groupes capitalistes, banques, assurances ...?
Comment réaliser la nationalisation sans indemnité ni rachat ? ou l'ouverture des comptes ( des groupes capitalistes, banques, assurances ... ) ? En faisant pression sur la " majorité plurielle ", sur le Parlement, ou en l'imposant par la grève générale ? Quel gouvernement ? Quelle alternative ? Quelles solutions ? ...

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