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La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
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Effondrement boursier

Publié le mardi 06 mars 2007
Economie mondialeLe 28 février, la Bourse de Shanghai a subi une baisse de 9 % en une séance, la plus importante en 10 ans. Wall Street (- 3,29 %) et les Bourses de nombreux pays, dont l'Argentine, ont suivi, mettant fin à une phase de croissance soutenue qui durait depuis 2003. Les économistes bourgeois ont mis en cause les déclarations d'Alan Greenspan, secrétaire de la Réserve fédérale nord-américaine, au sujet d'une possible récession aux États-Unis d'ici fin 2007, et le gouvernement chinois, qui a annoncé des mesures de contrôle de la spéculation financière dans son pays.Les Bourses de Shanghai et Wall Street ont entraîné dans leur chute celles de Paris, Francfort, Tokyo, etc. Celle de Buenos Aires a perdu 7,5 %, la baisse la plus importante après celle de Shanghai.

Après quasi quatre ans (2003-2006) de croissance mondiale, cet effondrement boursier est un coup dur non seulement pour les spéculateurs, mais aussi pour les analystes bourgeois les plus sérieux. Ceux-ci s'interrogent sur les véritables raisons structurelles qui, en plein milieu de cycles d'apparente prospérité, amènent de telles crises, qui, du fait de la mondialisation et de l'interdépendance économique mondiale, se propagent rapidement à l'ensemble de la planète, et dont les effets se font durablement sentir.

Les plus optimistes affirment que le pire est derrière nous. Mais d'autres se demandent si ce " mardi noir ", déjà assimilé par tous à l'autre, celui de 1929, Le jeudi 24 octobre 1929, 13 millions d'actions sont vendues à Wall Street sans trouver acquéreur, puis sont rachetées in extremis par les banques. C'est le " jeudi noir ". Cinq jours plus tard, lorsque les banques tentent de les revendre, ce sont 16 millions d'actions qui subissent le même sort. La panique gagne, les spéculateurs sont ruinés, les particuliers retirent leur argent des banques, nombreuses à faire faillite. C'est le " mardi noir ", qui marque le début de la récession mondiale. n'est pas un signe avant-coureur d'un effondrement plus dramatique encore.

Bulles financières et crises récurrentes

Les économies américaine et chinoise sont les deux plus puissantes de la planète. Elles sont interdépendantes : les États-Unis aspirent les produits manufacturés à bas prix par la Chine, qui aspire les matières premières du monde tiers-monde et les avancées technologiques des États-Unis, de l'Europe et du Japon, et manufacture des produits de grande consommation.

Un ralentissement de la consommation, ou pire encore une récession aux États-Unis, frapperait donc de plein fouet les exportations chinoises. Ceci expliquerait l'impact des déclarations de Greenspan sur les Bourses du monde, mais ne suffit pas à expliquer un tel effondrement boursier des deux colosses économiques du monde, dans le cadre d'une croissance soutenue.

Il y a une autre explication : le prix auquel s'échangent les actions dépasse largement la valeur des actifs réels des sociétés cotées. Il est difficile de chiffrer cette surévaluation, mais on peut estimer que la cote dépasse quatre fois la valeur réelle des actifs. En Chine, cela fait des années que les gens s'endettent pour acheter des actions d'entreprises chinoises qui semblent prospères car elles exportent aux USA. Les actions de ces entreprises sont donc très surévaluées.

Dans le même temps, aux États-Unis, les doutes sur une possible récession viennent de la baisse de quasi 8 % de la demande de biens durables (les économistes s'attendaient à maximum 3 %), c'est-à-dire, entre autres, une baisse massive des achats de biens immobiliers.

La crise boursière, ex­pres­sion de la crise de l'impérialisme

Ce que ne disent pas les économistes bourgeois, c'est que ces bulles spéculatives reposent sur l'inégalité de la distribution des richesses.
Alors que les travailleurs, y compris ceux des grandes puissances économiques, gagnent de moins en moins et sont soumis à des taux d'exploitation de plus en plus élevés, les capitalistes accumulent des superprofits qui vont alimenter les banques et les actions, dont la valeur augmente " logiquement " indépendamment de leur valeur réelle jusqu'à créer les conditions d'écroulements comme celui du 28 février. Le chaos s'étend dans la production capitaliste impérialiste, les richesses s'accumulent entre les mains d'un tout petit nombre et ne sont plus réinvesties dans la production de biens durables pour l'immense majorité de la population mondiale : il ne faut pas s'étonner de la survenue de ces crises, dont nous pouvons d'ores et déjà assurer qu'elles se répèteront tôt ou tard, et plutôt tôt que tard.

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