L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Vive l'Etat-Commune !

Publié le mardi 23 avril 2013
1871-2013, la Commune n'est pas morte

l'affaire Cahuzac a été le révélateur, plus que d'autres affaires, du degré de corruption du personnel politique de la Ve République, fût-il " socialiste ". Certes, il y a les mêmes voleurs à droite, mais eux-au moins dirions-nous, ne se réclament pas de la défense des plus faibles. De ce point de vue, il n'est pas anachronique, bien à l'inverse, de rappeler que nous devons fêter, en ces mois d'avril-mai 2013, le 142e anniversaire de la glorieuse Commune de Paris. Les communards, c'est-à-dire le prolétariat parisien en armes, avaient chassé précisément de la capitale tous les exploiteurs, bourgeois, patrons et leurs soutiens, curés et militaires de carrière. Et avec eux, tous les aventuriers, profiteurs et truands de tout poil. Les Cahuzac et leurs semblables avaient dû s'enfuir et rejoindre leurs maîtres à Versailles.



Le coup de balai de la Commune



La Commune de Paris procéda à un grand coup de balai dès mars-avril 1871 Et commença son oeuvre sociale et politique. Le premier gouvernement ouvrier de l'Histoire décréta que ses élus seraient désormais révocables à tout instant s'ils ne respectaient pas leur mandat. Mesure applicable y compris parmi la Garde nationale : " La Garde nationale affirme son droit absolu de nommer tous ses chefs et de les révoquer dès qu'ils auront perdu la confiance de leurs mandants " (13 mars 1871, proclamation du Comité central de la Fédération de la Garde nationale, point 2)



Quant aux rémunérations des élus de La Commune, nul doute qu'elles auraient fait fuir plus d'un Cahuzac, d'un Cambadélis et autres Julien Dray ! Qu'on en juge :


" Leur rémunération fut fixée par eux à 15 fr par jour, c'est-à-dire la paye d'un ouvrier qualifié de l'époque. 15 fr par jour, cela fait 5475 francs par an. Et, comme ils avaient fixé le maximum des traitements à 6000 fr, ces élus s'octroyaient donc moins que certains fonctionnaires. Pour 15fr par jour, ils remplissaient trois ou quatre fonctions qui, sous un gouvernement quelconque, étaient alors payées de 30 000 à 100 000 francs l'une. Quel gâche-métier tout de même ! Ainsi, ces voleurs, ces pillards de communeux, s'ils songèrent à s'interdire le cumul des traitements, ne songèrent point à s'interdire le cumul des fatigues et des dangers ! Ils eurent certes les mains rouges du sang des Versaillais mais ces mains n'avaient jamais touché de pots de vin (...) Mais ce n'est pas assez dire. Pour mieux mettre en lumière la haute valeur morale de ces élus, il faut savoir que le même jour où ils fixaient leur traitement à 15 fr par jour, ils doublaient le traitement des instituteurs, des institutrices et de leurs aides ou moniteurs. Quoi de plus symbolique ! " (Maurice Dommanget, la Commune et les Communards, supplément à Masses, mai 1947)



Les élus payés comme les ouvriers qualifiés



C'est ainsi que la Commune n'a pas jeté bas le gouvernement de la bourgeoisie pour s'installer à sa place, elle a, en réalité, brisé la vieille machine de l'Etat.


" Le type de la gestion honnête nous est fourni par l'oeuvre de Jourde aux finances (.) Maniant des millions, il se contentait de prélever 10 francs par jour pour son existence, il envoyait sa femme laver elle-même au lavoir du quartier les nippes de la maisonnée ; parmi les ennemis acharnés de La Commune, nul n'a pu arriver à salir Jourde " (C. Talès, la Commune de 1871, édit. Spartacus) Ce faisant, la Commune, en rémunérant ses fonctionnaires avec des salaires d'ouvriers, réalisa ainsi le " gouvernement à bon marché " : " Les pots de vin traditionnels et les indemnités de représentation des hauts dignitaires de l'Etat disparurent avec ces hauts dignitaires eux-mêmes (...) " (Marx, la Guerre civile en France)


De quoi donner le tournis et des haut-le-coeur à plus d'un élu et haut fonctionnaire de la Ve République !



Pour la " république sociale " et son drapeau rouge



" Cette guerre civile- dit Marx- a détruit les dernières illusions sur la " République " Tous les éléments sains en France reconnaissent que la seule république possible dans ce pays et en Europe est une " république sociale ", c'est-à-dire une république qui enlève à la classe des capitalistes et des grands propriétaires fonciers l'appareil d'Etat et qui le remplace par La Commune " On est bien loin des mirages de la VIe République du bateleur Mélenchon...



l' oeuvre sociale de La Commune est en rapport avec son honnêteté et sa droiture au service du prolétariat et du petit peuple parisien : séparation de l'Eglise et de l'Etat, suppression du budget des cultes, abolition de la conscription et des armées permanentes, suppression du travail de nuit dans les boulangeries, réquisition des logements vacants et des ateliers abandonnés par les patrons, suppression des amendes et retenues sur salaires.. .



Elle adopta le drapeau rouge, symbole de son émancipation. l'Etat-Commune était né. Il fut noyé dans le sang par Thiers et Versailles, agents sanguinaires du Capital. Mais, 142 ans après, nous affirmons, avec Eugène Pottier, auteur des paroles de l'Internationale : n'en déplaise aux Cahuzac et autres corrompus " La Commune n'est pas morte ! "


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