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La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
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La vraie place du FN

Publié le vendredi 29 mars 2013
Election législative de l'OiseNous reproduisons, ci-dessous, un article paru dans le quotidien régional "Midi Libre" à propos des élections législatives de 2012, dans le département du Gard. Cet article établit précisément la place du FN. Le Gard a fait la une des médias qui tous concluaient à une prodigieuse progression de l'extrême droite à partir des résultats obtenus par le FN et de l'élection de Gilbert Collard. Jean-Marie Le Pen, ce vieux politicien de la IV°République, mis en scène par Mitterrand au milieu des années 80 pour diviser la droite, a servi de justification pour certains à voter Chirac au 2° tour des élections présidentielles de 2002. Gageons que pour les élections municipales à venir, le FN servira d'alibi pour que se constitue des alliances contre nature à l'exemple de 2002.Une " vague bleue Marine " dans le Gard ? Non, sire, une vaguelette.
_ Nathalie Balsan-Duverneuil , 25 avril 2012.


Halte au feu ! En matière de politique et de résultats électoraux de l'extrême droite, on a vite fait de s'enflammer. Mais il est toujours intéressant de comparer les chiffres exacts avec l'évolution des populations inscrites sur les listes. Et, en analysant les chiffres avec plus de précision, le constat est considérablement plus nuancé qu'annoncé.

En effet, en 2002 dans le Gard, Jean-Marie Le Pen (FN) et Bruno Megret (MNR) recueillaient à eux deux 89 712 voix sur 445 562 inscrits. En 2012 Marine Le Pen (FN) obtient, certes, 106 646 voix (soit 16 934 voix de plus), mais pendant ce temps-là, le nombre d'inscrits sur les listes électorales a atteint le nombre de 513 138, soit 67 576 électeurs de plus.

Le vote extrême droite augmente de 0,5% des inscrits dans le Gard depuis 2002.
_ Dans le Gard, en 2002 Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret récoltaient les suffrages de 20,2% des inscrits sur les listes électorales. Pour tomber à 13,1% des inscrits en 2007. Et la " vague " annoncée pour le premier tour de scrutin de dimanche amène Marine Le Pen a une augmentation de seulement ... 0,5% des inscrits, à 20,7%. On est loin du tsunami.

Et a regarder le scrutin à l'échelle nationale, on constate que l'augmentation du vote d'extrême droite croît moins vite dans le Gard que dans l'ensemble du pays. Nous sommes, en effet, passés de 13,3% des inscrits pour l'extrême droite pour 2002, à 8,6% en 2007 pour terminer à 13,9% en 2012. Une augmentation de 0,6%.

Dans le Gard, le vote pour la gauche radicale augmente pendant la même période de ... 2,5%

En précisant les choses, et en comparant l'évolution de l'extrême droite et celle de la gauche radicale on observe un autre phénomène intéressant, pas, ou peu mise en évidence par les medias.
_ En 2002 dans le Gard, Arlette Laguiller (LO), Olivier Besancenot (LCR), Daniel Gluckstein (PT) et Robert Hue ( PCF) obtiennent à eux quatre 47 208 voix, soit 10,5% des inscrits du département. Contre 9,5% des inscrits du pays. Et en 2012, Nathalie Artaud (LO), Philippe Poutou (NPA) et Jean-Luc Mélenchon (FDG) obtiennent à eux trois 61 892 voix, soit 12 % des inscrits du département. Contre 10% dans tout l'Hexagone.

Le Pen mord sur les voix de Sarkozy...
_ A lire de plus près les résultats de dimanche, on constate qu'environ 70% de la progression de Marine Le Pen vient du recul de Nicolas Sarkozy, au point que ce que l'un perd, l'autre le gagne.

A Lyon, Sarkozy perd 11 000 voix et Le Pen gagne 8 000 voix. A Marseille, Sarkozy perd 30 000 voix et Le Pen gagne 28 000 voix. Notons, d'ailleurs, que dans cette ville Marine Le Pen réalise 21% là où Jean-Marie et Bruno Mégret totalisaient 27% des voix en 2002 (1 200 voix de moins). A Lille, Sarkozy perd 6 000 voix et Le Pen en gagne 3 000.

.... Mais quasiment pas sur les voix ouvrières
_ En revanche dans des villes ouvrières, comme Florange (Moselle), Sarkozy perd 606 voix et Marine Le Pen en gagne 636, quasiment le même nombre de voix. A Tourcoing (Nord), Sarkozy perd 4 000 voix et Marine Le Pen en gagne 3 000. On observe le même phénomène à Vaulx-en-Velin dans le Rhône, où 71% de la population est ouvrier ou employé : Sarkozy y perd 800 voix et Marine Le Pen en gagne 700.

A Petit-Couronne, en Seine Maritime, où la fermeture de la raffinerie Petroplus menace 900 ouvriers, Sarkozy perd 249 voix, Hollande en gagne 114, Le Pen 436 et le Front de Gauche 693. A Audincourt, où résident 3000 ouvriers qui travaillent sur les sites de PSA Sochaux-Montbeliard Sarkozy perd 439 voix et Marine Le Pen en gagne 376, tandis que Mélenchon en gagne 740.

Malgré le " bruit " médiatique, les choses ne sont pas toujours ce qu'on croit.


Les élections législatives des 17 et 24 mars 2013 dans la 2°circonscription de l'Oise ont ranimé la flamme des folliculaires de tous bords : une seule préoccupation le score du FN. Foin de l'abstention qui est passée de 35 445 à 57 486 électeurs soit de 41,8% à 67,21% des inscrits pour le premier tour, une paille ! Abstention qui s'est maintenue pour l'essentiel au deuxième tour, qu'on en juge : 34 638 abstentionnistes en 2012, 55 342 en 2013 de 40,25% des inscrits à 64,7%.

La candidate du PS est éliminée dès le premier tour passant de 15 143 voix à 5 828 voix, de 17,59% des inscrits à 6,81%. Quelle déculottée après moins d'un an de gouvernement Hollande- Ayrault !

Les autres partis perdent aussi des électeurs : l'UMP en perd 5 491 de 19,24% à 12,95% des inscrits, le FN 4 285 et passe de 13,4% à 8,47% des inscrits, le FDG 798 de 3,03% à 2,12% des inscrits, la révolution citoyenne n'a pas fait recette ! LO gagne 65 voix et 0,08% des inscrits soit 0,50%.

Au deuxième tour, l'UMP est élu avec 13 958 voix soit 5 696 de moins qu'en 2012, de 22,84% des inscrits à 16,32%.

Le FN gagne 2 005 voix par rapport à 2012 de 12,99% à 15,42%, un gain de 2,43% ou de 2,02% si l'on compare au premier tour de 2012. Nous sommes loin du raz de marée.

Laissons la conclusion au député UMP Jean-François Mancel, qui occupe ce siège depuis 1978 : "C'est le résultat de dix ans, pardon, de dix mois, de politique du gouvernement". Quel savoureux lapsus qui sur le fond n'en est pas un.

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