L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

- La Commune - Pour un Parti des Travailleurs -
membre du Courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs
 ( IV ème Internationale )
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


La première vague

Publié le samedi 21 juin 2014
10 ème jour de grève à la SNCF Dans la plupart des gares, ateliers, dépôts, la tendance est à la reprise du travail, même si certains secteurs " tiennent " encore. Au dépôt de Villeneuve, ce matin, l'AG est réduite.

Pour la " suspension " : 14

Pour la reconduction : 12

Abstentions : 11

Les non-grévistes présents à l'AG ne participent pas au vote. Parmi les responsables syndicaux présents, nul ne se hasarde à " valoriser " les amendements Front de Gauche-EELV.

Garrel, le chef de la CGT-Cheminots, n'a-t-il pas concédé " lui-même que " c'est de l'enfumage ".

Le dernier communiqué CGT-SUD cheminots en date (19 juin 2014 à 19h30) dénonce : " Le rapporteur de cette loi, Gilles Savary, ne parle plus d'EPIC mais de filiales, quand il évoque " SNCF Réseau " et " SNCF Mobilité ". Il ne parle plus de groupe public ferroviaire, mais de Holding " Et, d'ajouter : " Le fait que la droite s'apprête à voter cette loi démontre bien que c'est le service public SNCF, le statut des salariés qui sont au bout du fusil avec comme seule volonté : la concurrence sauvage sur les rails ". Et plus loin : " aucun amendement ne répond aux exigences et revendications portées dans ce conflit ".

Mais, ces deux fédérations n'exigent toujours pas le retrait de la réforme ferroviaire. Et là est le noeud de la question. Tout au long de la grève, elles ont tout essayé pour parer à cette exigence qui était pourtant l'objectif " objectif " de la grève. En cela, elles ont été relayées par les appareillons NPA (et ses dérivés du genre " l'Etincelle ") et LO.



Il faut cependant observer que le discours de Lepaon, chef de la Confédération CGT et celui de Garrel, le chef CGT-Cheminots ne sont pas identiques. Même si l'on peut estimer que ces variations de discours d'un chef syndical à l'autre relève, au fond, d'un partage des tâches et des rôles aux fins de " terminer une grève ", elles n'en sont pas moins symptomatiques des lignes de fracture qui traversent la CGT de part en part.

Dans le même ordre d'idée, nous ne serions pas surpris de voir le Front de Gauche s'exploser sur le mur de la grève des cheminots.

Reprenons à cet effet les propos de Lepaon, tels que Le Point [http://www.lepoint.fr/societe/greve-sncf-le-mouvement-arrive-a-un-tournant-pour-thierry-lepaon-19-06-2014-1837620_23.php] les a relevés" Le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, a estimé jeudi que la grève des cheminots de la SNCF, chaque jour moins suivie, est "sans doute" arrivée à "un tournant", mais qu'il revenait aux cheminots de "décider" de l'arrêter. "Sans doute qu'on arrive à un tournant dans la manière dont les cheminots vont s'exprimer", a-t-il déclaré sur RTL au neuvième jour du mouvement lancé par la CGT-Cheminots et SUD-Rail contre le projet de réforme ferroviaire. "Les cheminots vont décider eux-mêmes", "c'est à eux de savoir si l'action qu'ils ont menée a porté suffisamment de satisfaction, de manière à lever les piquets de grève", a estimé le patron de la confédération. [...]Pour lui, "leur action commence à payer" au Parlement. "J'ai suivi hier le débat parlementaire. Il y a effectivement des amendements qui aujourd'hui sont pris en compte."Entre le texte "rédigé par le gouvernement" et celui "voté" par les députés, "on va bien voir qu'il y a une différence majeure entre ce qui était construit, proposé- ce qui a d'ailleurs nécessité la mobilisation des cheminots -, et le résultat tel qu'il va être connu ce soir ou demain", a-t-il ajouté. "Le débat de cette nuit a permis de faire en sorte qu'il y ait effectivement unicité entre les trois établissements publics et industriels qui ont été créés. C'est une question extrêmement importante", a relevé Thierry Lepaon. Une grève, "c'est toujours difficile, notamment quand elle se prolonge. Les cheminots, les cheminotes, qui ont fait la grève depuis le premier jour, vont perdre environ un tiers de leur salaire", a-t-il souligné. "

Placés sous la pression directe de la grève qui leur a été imposée par " la base ", les dirigeants de la fédé CGT cheminots ont pu encore s'arc-bouter contre le mot d'ordre de Retrait, grâce à l'aide " objective " que leur ont apportés le NPA et LO ( voire mes notes des jours précédents) mais ne peuvent pas boire le calice de la réforme jusqu'à la lie comme les y enjoint Lepaon.

Or, Pepy, le chef de la SNCF, invite déjà CGT et SUD à négocier les modalités d'application de cette sale réforme. Dans un communiqué du 19 juin, le PDG de la SNCF a indiqué : " je propose à tous les syndicats qu'un agenda social qui concerne la mise en place d'un nouveau groupe, les salaires, les effectifs et la modernisation soit mis en place dès que cette grève sera terminée " ( 19-06-2014). Quel syndicat normalement constitué pourrait accepter (sinon comme une entrave à la libre négociation) que les négociations salariales soient enserrées dans le carcan de la mise en oeuvre d'une réforme mortifère ? Les chefs du SUD-Rail et de la CGT-cheminots iront-ils à Canossa ?

Dans les conditions forgées par la grève, continueront-ils à " négocier " la convention collective qui vise à aligner les cheminots sur le droit privé précarisé ?

Il ne manquera pas de " radicaux " à la sauce NPA pour proclamer(après avoir rêvé que le gouvernement retire son projet sans que l'unité pour le retrait n'ait été réalisée) que les cheminots ont subi une " nouvelle défaite ". Nous ne serons pas de ceux-là !

Nous savons, et avec nous de nombreux cheminots le sentent, que sans l'unité CGT-SUD-FO pour le retrait pur et simple du projet Cuvillier, la grève ne peut faire céder le gouvernement. Mais, en dépit de leurs directions syndicales, les cheminots (et parmi eux de nombreux syndiqués) ont affirmé leur volonté, haut et clair. Rien n'est joué, donc. Pepy en a conscience lorsqu'il clame " réformer, c'est négocier " et quand il ajoute " Ma responsabilité, c'est la cohésion de l'entreprise. Dans ce nouveau groupe, on a besoin de tous pour bâtir une nouvelle SNCF ". Eh bien, cette cohésion-là est détruite, battue en brèche par la grève.

A Villeneuve, un responsable syndical a dit ce matin : " c'est la fin du premier round... A la fin du premier round, les cheminots sont groggy mais, il y aura un second round ". Non, les cheminots ne sont pas " groggy ". Nombre d'entre eux reprennent le travail car l'objectif de leur combat ( le retrait) leur a été confisqué, dans les conditions que l'on sait (avec l'aide d'une certaine extrême-gauche, qui a ponctué le refus des appareils syndicaux de combattre pour le retrait de la réforme, d'actions dites " radicales " sans queue, ni tête.). Dès aujourd'hui commence le combat quotidien contre les conséquences de la réforme, contre toute implication des organisations syndicales dans sa mise en oeuvre et pour son abrogation (certes, la loi n'est pas encore complètement votée à ce jour mais - l'assemblée nationale n'étant qu'une machine à voter les lois scélérates- elle le sera promptement).

l'autre aspect de la grève réside en ceci que les cheminots se sont battus au compte de tous les salariés, de la jeunesse et de toute la population, ils ont battu le fer contre le gouvernement, lequel n'est pas parvenu ( pas plus que la droite et l'extrême droite) à dresser les usagers contre eux et, ce faisant, ils ont tracé la perspective de la lutte prochaine : la grève générale pour porter un coup d'arrêt aux licenciements, à la destruction de la sécurité sociale, et à toutes les attaques contre les salaires.

Manifestation exemplaire de l'indépendance de notre classe née dans le creuset de l'abstentionnisme, la grève des cheminots est, avons-nous dit, en elle-même, une victoire politique. C'est le prélude de la grève générale.



Au 10 ème jour, tout commence.

20-06-2014

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Contribution de Daniel Petri. Ci-dessous le sommaire et la préface. Vous pouvez retrouver l'intégralité de la contribution en PDF joint.

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