L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


La crise de l'euro

Publié le mercredi 18 avril 2012
Une nouvelle phase de la crise de l'économie mondialeCommencé de rédiger début octobre 2011, ce texte ne pouvait totalement anticiper l'accélération de la crise politico-financière
en Europe. La Grèce, en crise sociale ouverte, refuse de subir les diktats des dirigeants européens, de la BCE et du FMI, de
mettre en oeuvre les plans d'austérité et de rembourser une dette souveraine pourtant déjà fortement décotée. Début novembre,
la dernière réunion du G.20 à Cannes a révélé l'incapacité des grandes puissances, à résoudre le problème grec et l'énorme
endettement de plusieurs Etats de la zone euro.
La " dévalorisation " du capital est
permanente mais elle s'accentue
pendant la crise. Elle se traduit par une
forme de suraccumulation du capital :
trop de capital accumulé par rapport aux
potentialités du marché et donc aux
potentialités de bénéfices. Cependant,
même en temps de crise, la quête
insatiable du profit, la nécessité de
valoriser les capitaux disponibles
n'interrompent pas le processus
d'accumulation qui va se focaliser
sur de nouveaux secteurs
considérés comme porteurs
d'avenir et donc supposés
" rentables ". Pour les grandes
firmes désormais mondialisées,
les mécanismes déjà évoqués de
la délocalisation vont favoriser
cette évolution.


"l'accumulation de crise " se
concentre donc sur les secteurs
où le capital est encore
susceptible de rapporter de la
valeur et du profit. Les formes
antérieures de production (parfois
constituées d'équipements (de
brevets) ou de bâtiments récents pas
encore amortis se retrouvent subitement
obsolètes, hors circuit, perdant toute
valeur. On a donc une énorme
" destruction " de capital accumulé
selon un mécanisme prédateur bien
analysé par Marx : " la barrière du
capital, c'est le capital lui-même
". Ce
caractère " auto-destructeur " du
mode de production capitaliste,
particulièrement aigu pendant la crise,
a été relevé, sinon analysé, par de
nombreux économistes. C'est un facteur
déterminant qui permet de saisir la
" dynamique " et les spécificités de la
crise en cours ainsi que ses
conséquences sur la force du travail et
les salaires.


La sur-accumulation de capital suppose
implicitement la surproduction de
marchandises
(et de services)1. Cette
surproduction n'est que le sous-produit
de la loi de concurrence, de la " guerre
économique " qui se mène entre les
détenteurs de capitaux. La
surproduction ne se traduit pas
nécessairement par des stocks
physiques de biens invendus (bien que
cet aspect soit bien évidemment
toujours présent). Désormais, grâce à
une politique " rationnelle " de gestion
de la production, des flux d'importation
ou d'exportation, la " surproduction "
n'est que latente. De toute manière, elle
ne sera que relative, dans un monde où
des besoins essentiels d'une part
importante de la population ne sont pas
satisfaits.


Elle ne peut être que relative car elle
reste limitée par les capacités
d'absorption du marché et conditionnée
par l'existence d'une demande
solvable qui dépendra pour une grande
part, à l'issue du cycle de production, à
la part de plus-value revenant à la force
de travail, au " partage " entre les profits
et les salaires. Que la position politique
et sociale du salariat ait, dans ce
" partage ", un rôle déterminant relève
de l'évidence.


De 2008 à aujourd'hui, la mise en valeur
du capital s'est donc poursuivie, mais
dans des conditions de plus en plus
difficiles et prédatrices. Les grands
groupes mondialisés ont été
évidemment les mieux placés pour tirer
bénéfice d'une situation où la base
d'extorsion de la plus-value s'est
restreinte, notamment dans les pays du
" centre ". Les grands groupes se sont
organisés autour de certains secteursclé
de l'économie, souvent les plus
rentables2. Cette " rationalisation " de
la production n'a pu se faire
qu'en introduisant de nouvelles
technologies, c'est-à-dire des
modes de production plus
" efficients " (productivité
accrue), c'est-à-dire en réduisant
encore, dans ces secteurs, la
part du travail dans la production.
Ces gains de productivité
expliquent pourquoi il n'y a pas
eu de créations nettes d'emplois
lors des brefs " rebonds "
conjoncturels qui se sont
produits depuis 2008 (croissance
sans emploi ou " jobless
recovery) et que les embauches
réalisées l'ont le plus souvent été à
des conditions salariales inférieures
à celles de l'avant-crise.


Mais la " destruction " de capital ne
concerne pas seulement le secteur
" réel " de l'économie, elle concerne
aussi les " bulles " de capital fictif
accumulées, tout au long des phases
récurrentes de la spéculation monétaire
et financière. Il est évidemment difficile
d'appréhender l'ampleur de ces
processus permanents de destruction de
valeur mais le comportement de la
Bourse, très volatile en période de crise,
permet cependant d'en avoir une idée.
On a ainsi estimé qu'en deux jours, les
5 et 8 août 2011, en Europe et aux
Etats-Unis, la capitalisation boursière
aurait baissé de plus de 900 milliards
d'euros, soit 37% des pertes des six
mois précédents au cours desquels la
seule baisse des marchés boursiers
aurait fait perdre 3400 milliards3d'euros
de capitalisation boursière des deux
côtés de l'Atlantique (soit près d'un tiers
de Produit Intérieur Brut des Etats-Unis).
Le secteur bancaire est un des secteurs
où la " destruction " de capital fictif
accumulé (générateur de confortables
profits dans la phase d'ascension du
cycle) est aujourd'hui le plus
spectaculaire. Face à des débiteurs
défaillants (les Etats dits " souverains "
mais aussi des entreprises en difficulté)
on assiste (voir plus haut) à une brutale
dévalorisation de leurs actifs. Il leur faut
réduire drastiquement leurs bilans et
envisager des " recapitalisations "
d'autant plus difficiles que les risques de
leur faillite n'a jamais semblé aussi
proche. En conséquence, la nouvelle
" purge " envisagée dans le secteur en
termes d'emplois, en Europe mais aussi
aux Etats-Unis, apparaît comme
particulièrement sévère : plus de 6 000
licenciements à Unicredit en Italie, 4 000
à la Société Générale et 1400 à la BNP
en France, 50.000 dans les banques
anglaises.


LA DEFLATION DES PRIX, DES
SALAIRES ET DES DETTES
COMME " SOLUTION " POUR
LE CAPITALISME ?





Trois ans après le début de la crise, on
peut tenter une comparaison avec la
Grande Dépression mondiale des
années 1930. Aux Etats-Unis,
l'avènement de F.D. Roosevelt au
pouvoir en 1933 va correspondre avec
une relative stabilisation politique après
trois ans de profonde crise. l'étalon-or
est abandonné (dévaluation du dollar),
une loi d'urgence sur les banques est
votée ainsi que la loi sur le redressement
de l'industrie nationale (National
Industrial Recovery Act), pièce
maîtresse du " New Deal ". C'est une
forme de retour au " politique " et à
l'Etat qui, certes, s'opère au détriment
d'autres pays européens (et notamment
de l'Angleterre) mais n'en constitue pas
moins une " rupture " avec la phase de
déflation qui avait prévalu depuis le
krach de Wall Street en 19294. Cette
embellie sera relativement éphémère
mais elle se traduira cependant par un
redressement partiel, jusqu'en 1935-36,
des principaux indicateurs
économiques, en particulier du
chômage.


En cet automne 2011, rien de tel. Aucun
signe, en Europe et dans le monde, d'un
retour au " politique ". Les politologues
considèrent au contraire " qu'il n' y plus
de pilote dans l'avion " et de fait, les
Etats et les institutions internationales
semblent totalement impuissants à
maîtriser l'endettement des Etats
souverains, à juguler la spéculation, à
mettre en place les " régulations " qui
pourraient contrecarrer la domination
sans partage des " marchés ". Une des
causes de cette situation serait, bien sûr,
la mondialisation des économies,
l'incapacité des Etats à maîtriser les
mouvements de capitaux mais les
raisons fondamentales de cette situation
sont à rechercher dans la nature même
du capitalisme et de la manière dont ses
contradictions se sont approfondies
depuis 2008.


Nous sommes ici ramenés à la
contradiction fondamentale déjà
explicitée entre le capital et le travail et
à ses diverses expressions dont
principalement, en termes marxistes, les
mécanismes d'affectation de la plusvalue
produite entre salariés et
capitalistes5. Il est dans l'essence même
du système de tenter d'abaisser au
maximum la rémunération de la force du
travail et la " demande " de
consommation globale est toujours
insuffisante par rapport aux capacités de
production accumulées et aux
potentialités de la production (il faut
tenter ici de se situer au niveau global en
dépassant les approches du cadre
restrictif des seuls Etats nationaux). Mais
ce qui a été caractéristique de la récente
période a été, dans les pays
" centraux ", l'ampleur de la
" ponction " opérée par le capital sur la
rémunération du travail. Toutes les
données chiffrées indiquent que le
" partage " salaires-profits n'a jamais
été, depuis la guerre, aussi inégalitaire
et ce, au bénéfice des détenteurs du
capital. Avec l'extension du chômage,
les inégalités de revenus au niveau des
ménages se sont creusées et les
politiques fiscales libérales n'ont pas
permis d'améliorer la redistribution, bien
au contraire.


En pure orthodoxie marxiste, cette
" purge salariale ", le chômage,
l'aggravation des inégalités par le biais
fiscal, auraient pu constituer un facteur
de " relance " de l'économie puisqu'
offrant, au bout du compte, des
conditions de rémunération et de
production plus favorables pour la mise
en valeur du capital.

Il n'en a rien été et ce malgré l'injection
massive de liquidités dans l'économie.
Le processus, identifiable dans
l'immédiat après-crise, s'est pérennisé
aux Etats-Unis. En Europe, la crise des
dettes souveraines ont conduit la BCE,
d'abord pour sauver les banques, ensuite
accessoirement pour contribuer à
" relancer " l'économie et faire face,
dans certains pays, aux besoins sociaux
les plus urgents. Partout, les déficits et la dette publique se sont considérablement creusés6.



C'est donc cette création massive de
monnaie qui a permis, en dépit de tous
les obstacles, de poursuivre la mise en
valeur du capital par le creusement, à
grande échelle, de la dette publique
(ou dette " souveraine "). Comment
s'est opéré ce processus ? Par un
mécanisme assez simple, bien décrit
par les économistes : les dettes sont à
l'origine des dettes de " particuliers "
générées par les offres de crédit des
banquiers privés (voir l'exemple des
crédits immobiliers aux Etats-Unis). Les
banques, y compris en prêtant aux plus
pauvres, trouvent leur bénéfice dans ces
opérations de prêt et les favorisent, sans
s'assurer des garanties nécessaires.
Quand la crise advient, les banques,
après avoir " titrisé " ces dettes et les
avoir " diffusées " dans tout le système,
se retournent vers les Etats (les
citoyens) et les banques centrales qui
doivent donc venir renflouer les
institutions hypothécaires et les banques
défaillantes. Comment ? Par des
" prêts " à bas taux (à 0%), le plus
souvent, par la " monétisation " des
dettes, c'est-à-dire par la création
monétaire.


Les dettes sont ainsi " transférées " vers
les Etats qui doivent désormais en
assurer la charge (énormes déficits
budgétaires) et donc, se retourner vers
les contribuables. Le phénomène n'est
certes pas nouveau et déjà MARX , dès
l'époque pré-industrielle, en faisait une
des caractéristiques du capitalisme
moderne :

" La dette publique, en d'autres
termes l'aliénation de l'Etat, qu'il
soit despotique, constitutionnel ou
républicain, marque de son
empreinte l'ère capitaliste. La seule
partie de la soi-disant richesse
nationale qui entre réellement dans
la possession collective des
peuples modernes, c'est leur dette
publique... Le crédit public, voilà
le credo du capital
".


Marx, dans des termes d'une étonnante
actualité, indique comment cette dette
publique opère comme " un agent de
l'accumulation " car, dit-il, " d'un coup
de baguette, elle doue l'argent
improductif de la vertu reproductive et le
convertit en capital sans qu'il ait pour
cela à subir les risques, les troubles
inséparables de son emploi industriel
et même de l'usure privée
"7


Il montre bien, dès l'origine, la
connivence entre les banques, " les
associations de spéculateurs privés " et
les gouvernements et ironise sur " l'effet
produit sur les contemporains par
l'apparition soudaine de cette engeance
de bancocrates, financiers, rentiers,
courtiers, agents de change, brasseurs
d'affaires et loups-cerviers " (op.cit.,
p.197). Le rôle des banquiers
d'aujourd'hui, des dirigeants de " hedge
funds " et d'agences de notation, des
traders et des spéculateurs en tous
genre n'est guère différent et nous
conduit à " questionner " la nature
même des " marchés financiers
".



Un des avantages de l'approche
marxiste, c'est qu'elle permet de saisir
les différentes formes de la valeur et les
différents types de capitaux qui n'en sont
que l'expression : capital productif,
capital-argent, capital commercial,
capital bancaire, tous considérés comme
forme d'existence particulière de la
valeur. De ce point de vue, les marchés
" financiers ", ne sont pas " extérieurs "
à l'Etat et au système politique, ils lui
sont organiquement liés.



Partant d'une problématique différente
et analysant les rapports entre le
" système financier " et " le système
étatique ", J. C. WERREBROUCK
montre bien qu'à l'ère de la
mondialisation, l'Etat tend à être
" enkysté dans la Finance ". Cela ne
signifie pas la disparition du " politique "
mais un fonctionnement de l'Etat " sur
la base des intérêts supérieurs de la
Finance "8. Cela implique d'ailleurs,
selon lui, " un échange de services entre
financiers et entrepreneurs politiques "
avec tout ce que cela peut impliquer du
point de vue des " conflits d'intérêt ". Le
conflit d'intérêt dans la Finance est
d'ailleurs la sanction juridique qui permet
de dépister les violations de la loi, la
collusion illégale entre les " politiques ",
les financiers et.. les fraudeurs9



On assiste alors en Europe, à
l'émergence d'une nouvelle catégorie
" socio-économique ", déjà présente
aux Etats-Unis, celle des " financiersfonctionnaires
". Alors que jusque là,
les anciens (hauts) fonctionnaires
pouvaient aller " pantoufler " dans la
Banque privée (les fonctionnairesfinanciers),
désormais les " financiers "
prennent directement place dans les
rouages de l'Etat et des institutions
internationales10. On aboutit ainsi au
tryptique américain de la " porte à
tambour " entre la FED-Trésor, Wall
Street et la Maison Blanche. Une sorte
de symbiose organique entre ces
institutions avec les mêmes
protagonistes aux fonctions
interchangeables.



Parce qu'ils semblent ignorer cette
réalité, les discours et les proclamations
sur la nécessité de contrôler, voire de
"domestiquer " la Finance et les
marchés financiers, de les mettre " au
service " de la croissance économique
relèvent, ou de l'irénisme ou de la pure
mystification. Proposer que la Banque
Centrale Européenne (BCE) vienne
" sauver " les banques en rachetant
leurs titres souverains décotés relève de
la même illusion. La BCE, tout comme
l'Union européenne est une construction
juridique " lourde " qui, dès son origine,
a été conçue pour répondre, dans le
contexte européen de la mondialisation,
aux besoins du capitalisme international.
La " démocratisation " de ses fonctions
supposerait la remise en question
radicale de ses principes fondateurs.



La crise ouverte des dettes souveraines
initiée par la situation de la Grèce mais
prolongée maintenant à l'échelle de
l'Europe toute entière doit nous amener,
non pas à élaborer d'hypothétiques
scénarios de " sortie de crise " mais à
envisager l'entrée dans une nouvelle
étape de cette crise, certainement plus
destructrice encore, celle d'une
déflation mondiale. Cette déflation
pourrait alors prendre, en l'absence d'un
changement radical de régime politique,
une triple forme : une déflation des prix
mais aussi une déflation salariale ainsi
qu'une déflation des dettes. Quels sont
aujourd'hui les fondements théoriques
d'une telle possibilité ?

Un constat tout d'abord. l'été 2011 et
le nouveau krach boursier de
septembre-octobre semblent avoir
" douché " les espoirs de tous les
" experts " et institutions qui avaient
précédemment anticipé la reprise de
l'économie mondiale. Le FMI a publié le
20 septembre dernier de nouvelles
prévisions économiques pour 2011 et
2012. Selon ces prévisions, la
croissance mondiale retomberait de
5,1% à 4% en 2011 et 2012 mais pour
les pays " avancés ", qu'il s'agisse de
la zone euro ou des Etats-Unis, la
croissance serait particulièrement
médiocre (+1,6% en 2011 pour la
première ; +1,5 % pour les seconds). Le
Japon verrait sa croissance baisser de
0,5% en 2011 puis encore de 2,3% en
2012. Seule la Chine conserverait une
croissance supérieure à 9%, l'Inde une
croissance supérieure à 7%. Mais
depuis cette publication, la crise grecque
et celle des dettes souveraines
européennes a conduit les économistes
à réviser encore à la baisse ces
prévisions. Les Bourses mondiales,
déjà très affectées par le krach d'Août-
Septembre continuent à baisser.



A cet automne 2011, nous sommes donc
désormais entrés dans une phase où la
" sortie de crise " n'est même plus
envisagée, ni même envisageable à
court-moyen terme. Par delà la poursuite
et l'amplification des conflits sociaux
actuels, comment le capitalisme va t'il
tenter de surmonter ses contradictions,
avec quelles conséquences sur le plan
politique et social ? Une façon purement
" économique " d'appréhender la
situation peut consister à examiner
l'alternative qui sera nécessairement
posée entre l' inflation et la déflation,
restant entendu que pour le mouvement
social, les travailleurs et les jeunes,
aucune de ces solution ne pourra
permettre de résoudre les problèmes de
fond posés à la société.



Pour tenter d'illustrer cette alternative, il
nous faut réexaminer les mécanismes
généraux de la concurrence évoqués
précédemment car ils vont nous
permettre de prendre en compte un
élément essentiel du fonctionnement de
l'économie capitaliste: la détermination
du niveau général des prix
11.




Avec la crise ouverte en 2008, nous
l'avons dit, les lois de la concurrence se
font faites de plus en plus dures et on
peut estimer que, " toutes choses
égales par ailleurs ", comme disent
toujours les économistes, la pression à
la baisse des prix s'est s'accentuée. Il
faut admettre que, de manière
générale
, les pressions déflationnistes
sont concomitantes à la crise12. La
déflation découlerait ainsi des lois de la
concurrence analysées par Marx et de la
nécessaire correspondance entre valeur
et prix.



Pourtant, bien qu'après fin 2008, des
tendances déflationnistes se soient
manifestées dans de nombreux secteurs
d'activité (l'automobile, le textile et
d'autres branches de biens de
consommation et de biens
d'équipement), dans la plupart des pays
industrialisés, et ce, jusqu'à aujourd'hui,
le niveau moyen des prix n'a pas baissé,
il a continué à augmenter, bien que de
façon beaucoup plus réduite et
différenciée13. C'est d'ailleurs en
postulant que les prix ne pouvaient
vraiment pas repartir à la hausse, que
le risque inflationniste serait désormais
limité que les plans de " sauvetage "
des banques, par la création massive de
monnaie, avaient été justifiés et
largement mis en oeuvre en Europe et
aux Etats-Unis.



Ces conceptions ont été validées non
seulement par des " experts "
keynésiens ou post-keynésiens
(Krugman,) mis aussi par des politiciens
et des banquiers parfaitement
orthodoxes (Bernanke aux Etats-Unis).
La référence implicite était la crainte d'un
retour à la sombre période de la crise de
1929 jusqu'à l'avènement de
ROOSEVELT en 1933, période où
"l'orthodoxie monétaire " de réduction
de la masse monétaire avait prévalu14.



On pourrait dire que, au moment du
déclenchement de la crise et jusqu'en
2009-2010, les mécanismes puissants
de la concurrence ont pesé en faveur de
la baisse des prix mondiaux des
marchandises et des services mais que,
contrecarrant ce processus, la " planche
à billets " et les diverses formules de
" quantitative easing " ont permis de
contenir le phénomène. La situation va
pourtant se modifier en fin de période
car on va assister à une très forte
hausse du prix des matières
premières
, agricoles et industrielles
ainsi que des prix du pétrole. Des
causes " réelles " selon les experts (le
climat, la rareté de certains produits)
mais aussi,
incontestablement, la
spéculation. En effet,
des capitaux qui ne
parviennent plus à se
mettre en valeur dans
l'immobilier ou la
Finance se reportent
vers ces nouveaux
marchés où il est
possible de réaliser
rapidement d'importants
bénéfices.



Le contexte politique
général au Moyen
Orient, ainsi que
les révolutions arabes
ont également favorisé
le phénomène.



Parallèlement à la
déflation par prix, il faut
considérer les processus
de déflation salariale
(baisse des revenus du
travail) qui lui sont liés.
Théoriquement, même si
dans une première
étape, notamment dans
un pays comme la
France, les modalités de
l'assurance-chômage et
les " amortisseurs sociaux " ont pu
freiner la baisse des revenus salariaux,
la crise, ne serait-ce que par l'extension
du chômage, doit nécessairement
combiner déflation des prix et déflation
salariale.




Mais il est un processus déflationniste
qui va venir s'ajouter à déflation des prix
et des salaires et qui se manifeste
généralement dans la première phase
de la crise, c'est celui de la déflation
des dettes
. En effet, la crise " révèle "
le surendettement des entreprises, des
banques et aussi des ménages. En
1929, aux Etats-Unis, l'endettement
précurseur du krach s'était surtout
développé à travers les achats d'actions
et de titres boursiers, titres ayant été,
surtout dans la dernière phase de
hausse de la Bourse, acquis à crédit
auprès des banques mais aussi
d'institutions financières spécialisées15
qui feront d'ailleurs massivement faillite
au moment du krach d'Octobre 1929.
Irving FISHER, (à l'origine un banquier
mais et dont la banque avait fait faillite
en 1929) avait théorisé, après coup, ce
mécanisme spécifique de déflation16. Si,
en 1929, les actions avaient atteint un
cours si élevé, sans rapport avec la
perte de rentabilité de l'économie réelle,
c'est que les banques avaient engagé
des capitaux dans " des opérations
improductives sans espoir ". Le laxisme
monétaire, " l'indulgence " du contrôle
ont généré des " bulles ", une frénésie
spéculative financée par l'endettement
dans l'immobilier et la Bourse. Il mettait
en cause la responsabilité de la Réserve
Fédérale, de Wall Street et de
l'administration de Washington dans la
propagation des excès du crédit et de la
déflation par la dette qui en a résulté.



Le 15 novembre 2011

"Nous publions cette analyse que
nous partageons pleinement
avec l'aimable autorisation de
son auteur : Robert Rollinat
"




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