L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

- La Commune - Pour un Parti des Travailleurs -
membre du Courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs
 ( IV ème Internationale )
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Construire un NPA anticapitaliste

Publié le lundi 25 juillet 2011
Débat

La réponse de Pedro Carrasquedo, membre du CPN du NPA, aux attaques de Fred Borras et Pierre-François Grond : "Le 31 mai dernier, vous avez envoyé un texte "aux camarades qui ont voté P1 au dernier congrès" en précisant que "cette lettre sera bien entendu lue par d'autres". Votre texte avait manifestement pour objectif, à la veille de la consultation nationale préparatoire à la CN des 25-26 juin prochains de resserer les rangs parmi vous. Tentative légitime et méritoire, à condition qu'elle ne se fasse pas au détriment de la véracité des faits."

Je constate en effet qu'une bonne partie de votre position politique est en réalité contenue, non dans le texte proprement dit mais dans les notes de bas de page. Un peu comme dans les contrats d'assurance où tout est dans ce qui est écrit en petit. Votre note n° 9 a bien entendu attiré mon attention. Je la cite : " Si l'on prend la liste des camarades du CPN qui ont voté le texte A, on voit que beaucoup de camarades viennent de courants divers se réclamant du trotskysme dont le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils n'en représentent pas tous la version la plus ouverte : camarades de la fraction de LO devenue fraction du NPA (...) de La Commune (micro scission du PCI devenu POI) (...) "

Je suis l'un de ceux-là, porte-parole du courant La Commune et, accessoirement, l'un des responsables de notre courant international moréniste (représenté en particulier pour mémoire par le MST d'Argentine.) Plusieurs camarades de l'ex-LCR, de vieux militants chevronnés m'ont fait part de leur indignation à la lecture de cette note, car ils jugent qu'elle lance des exclusives contre des militants à part entière de notre organisation, le NPA. Cette note n° 9 de bas de page est loin en effet d'être anodine. Elle appelle plusieurs réflexions.

1. Ces camarades du NPA, ex-LCR me font remarquer que c'est la toute première fois qu'un tel avertissement a lieu contre des groupes (car c'est bien d'un avertissement dont il s'agit) se réclamant de la IVe internationale. C'est une première et ils en sont choqués. Je partage leur sentiment.

2. Vous écrivez donc que " (...) beaucoup de camarades viennent de courants divers se réclamant du trotskysme dont le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils n'en représentent pas tous la version la plus ouverte (...) " Etonnant, camarades. Que signifie pour vous une " version plus ouverte " du trotskysme ? Certes, on peut être entre nous d'accord ou pas, diverger, débattre, c'est il me semble une pratique bien connue et légitime de notre mouvement mais déclarer que tel ou tel groupe est plus ou moins ouvert ? Ouvert à quoi ? Cela aurait nécessité de votre part une explication autrement plus étoffée qu'une note en bas de page et serait susceptible d'alimenter un débat politique intéressant. Vous n'en faites rien.

3. Ensuite, vos caractérisations lapidaires aboutissent à des caricatures, et pire, à de grossières erreurs que vous transmettez à tous vos camarades de la P1 et au-delà. N'étant que le porte-parole du courant La Commune (dissoute en tant qu'organisation au moment de notre entrée dans le NPA), je ne parlerai que pour mon courant. Les camarades des autres courants cités n'ont pas besoin d'un avocat et sont majeurs et parfaitement capables de répondre en ce qui les concerne. En écrivant à notre propos : " (...) La Commune (micro-scission du PCI devenu POI) " vous proférez une contrevérité, et vous le savez très bien. Nous ne sommes pas une scission, nous avons été exclus, entre février et mai 1992. Différence de taille.

Vous connaissez pourtant fort bien notre histoire puisque plusieurs camarades de la P1 proches de vous sont issus de nos rangs et ont même participé à la création de La Commune, avant de passer à la LCR D'autres, passés aussi par la LCR sont rapidement entrés au PS puis ont créé avec Mélenchon le Parti de Gauche, (dont Alexis Corbière, son actuel porte-parole, grand bien lui fasse). Eh oui, nous avons tous nos turpitudes, qui Cambadélis, qui Weber et Assouline, qui Alexis Corbière, et tous ces militants qui ont renoncé à leur engagement révolutionnaire pour rejoindre la social-démocratie où certains d'entre eux ont fait depuis carrière. Ainsi va la vie ..

Les raisons d'une exclusion

Bref, votre erreur est difficilement compréhensible. Il s'agit d'exclusions, y compris accompagnées de violences physiques et non de " micro-scission ". En 1992, cette exclusion de 4 membres du Comité Central du PCI (Jean-Paul Cros, Alexis Corbière, Antonio Guzman, et moi-même) a été suivie de celle de 143 militants qui s'étaient opposés à ces pratiques bureaucratiques et avec lesquels se constitua alors la fraction publique du PCI puis le groupe la Commune en juin 1992. C'est à la même époque, le 12 mai 1992 que ma compagne et moi avons été arrêtés par la brigade antiterroriste pour avoir ouvert notre porte à des militants basques de l'ETA. Là encore, le PCI s'empressa de nous cracher dessus et de ne même pas lever le petit doigt pour nous défendre.

Ce combat en défense des militants basques pourchassés par la police, nous le continuons tous les jours avec les camarades du NPA au Pays basque, en particulier contre le MAE, pour Aurore Martin (et bien entendu avec tout le NPA). Ce qui est en réalité intéressant dans cette (petite) histoire et qui n'est vraiment pas loin des débats qui nous occupent actuellement, c'est le contenu politique de ces exclusions.

4. Lambert-Gluckstein nous ont exclus parce que nous avions osé publiquement, en Comité Central, manifester notre désaccord avec la dérive du Mouvement pour un Parti des Travailleurs, (MPPT) lequel deviendra rapidement le PT. Nous avions déposé un texte en ce sens qui devait être publié dans le BI préparatoire au congrès qui venait. Mais voilà que la vie fait bien les choses et que Lambert découvre, ô horreur, que l'un d'entre nous a " porté atteinte au centralisme démocratique " et qu'il faut donc le sanctionner.

Provocation évidente, mais nous ne sommes pas les seuls dans l'histoire du lambertisme à avoir été victimes d'exclusions sous d'indigents prétextes ou montés de toute pièce. Nous n'arriverons donc jamais à défendre notre texte à la tribune du congrès. Mais que disait donc notre texte ? Il dénonçait le caractère autoproclamé, bidon du Parti des Travailleurs où les prétendus courants " communiste ", " socialiste " ou " anarcho-syndicaliste " n'étaient que du vent, pour l'effet d'annonce. Le PT lambertiste, un décor en carton avec rien derrière. C'est ce que nous dénoncions. C'est pourquoi il fallait nous faire taire. Il ne fait pas bon dévoiler le pot-aux-roses au pays du lambertisme.

5. Nous avons donc été exclus car nous refusions de cautionner plus avant cette mascarade. Conséquents avec nous même, nous avons crée le groupe La Commune sur la ligne non de la constitution d'un énième groupe trotskyste, celui qui enfin serait le vrai, le seul, l'authentique mais pour la lutte pour un Parti des Travailleurs, large, de masse, lutte de classes, anti-capitaliste et internationaliste. Un Parti des Travailleurs au sens où Trotsky l'envisage pour les USA et qui ne présuppose pas d'être d'accord avec le Programme de transition comme condition d'adhésion. (Quand bien même nous, militants de la IVe Internationale ne mettions pas notre drapeau dans notre poche).

Pour un Parti des travailleurs

En toute logique, conséquents avec nous-mêmes, quand Arlette Laguiller et LO ont déclaré vouloir construire un Parti des Travailleurs, nous avons dit d'accord, nous avons fait campagne avec eux, participé à la recherche des signatures pour Arlette Laguiller, mené des actions communes. Mais à l'issue des élections, on se souvient que LO a déclaré qu'un tel PT n'était pas possible sous la barre des 10 % pour Arlette et LO a rangé les gaules. Notre déception, ainsi que celle de dizaines de milliers de militants et d'exploités a été grande et nous nous sommes retrouvés devant les mêmes ornières. LO tournait le dos à ses responsabilités.

6. C'est pourquoi, lorsque la LCR a lancé l'initiative du NPA, nous n'y avons pas cru. Nous avions la crainte que tout cela ne finisse en " LCR bis ", auquel cas ce serait sans nous. C'est sur intervention de notre organisation internationale, continuatrice de Moreno et avec laquelle nous avons des liens très solides que nous avons été convaincus d'entrer au NPA. A reculons certes au départ, mais loyalement une fois la décision prise. Et je passe sur le tir de barrage dont nous avons fait l'objet dans plusieurs régions où les cartes d'adhésion nous étaient refusées ! Malgré tous ces obstacles, nous avons participé au Congrès de fondation et voté pour les principes fondateurs.

Nous ne souhaitons pas la dislocation du NPA, ce serait pour nous une nouvelle déception et pour tous un affaiblissement. Nous ne faisons pas " notre marché " dans le NPA. Ce serait ridicule et contraire à notre orientation stratégique, maintes fois écrite et déclarée : nous nous prononçons pour la construction d'un parti dont la carte d'identité soit résolument anti-capitaliste, anti-impérialiste, internationaliste sans que ses membres aient à passer sous les fourches caudines du Programme de Transition et de la IVe Internationale. Libre à nous dans un tel parti de convaincre ses membres de la validité de notre programme, c'est une autre affaire. D' autant qu'entre nous, courants se réclamant de la IVe internationale, le Programme de Transition donne lieu à de multiples interprétations ! Il en est ainsi des forces productives.

Le courant de l'ex-LCR, affirme depuis des lustres que les forces productives continuent à croître. C'est, soit dit en passant, un point commun que vous partagez avec ... la P4. Pour notre part, nous continuons de penser, avec Trotsky, que " les forces productives ont cessé de croître ". Et l'ampleur actuelle de la crise capitaliste mondiale et ses conséquences sur les forces productives nous conforte sur ce point. Allons-nous contraindre le NPA à définir une position sur ce point ? Ce ne serait que pure folie

7. Il y a certes aussi dans la P2 et audelà de la P2 des discussions sur la nature du parti à construire. C'est bien naturel. Mais il y a dans la P2 un socle commun qui en fait, non un pôle homogène, mais le pôle le plus homogène, et de loin. Pourquoi ? Par ce qu'il y a parmi nous et parmi les initiateurs du texte A la certitude et l'affirmation de la nécessaire rupture politique, ombilicale, avec le Front de Gauche et ses composantes. C'est ce qui nous différencie de vous, ne vous en déplaise

Et, comme il y a un rapport étroit entre fond et forme, il n'est pas possible de construire un parti de masse anti-capitaliste qui soit à la remorque de la prétendue " gauche radicale " du Front de Gauche, lui-même inféodé à la social démocratie. Les positions que nous défendons regroupent manifestement une grande majorité de militants de l'ex-LCR. C'est sans aucun doute la meilleure preuve que ces militants n'ont pas besoin de mises en garde ridicules et d'un autre temps. Et votre tentative de mettre sur le dos de tous les courants que vous citez dans votre note la responsabilité de la crise du NPA est vaine et vouée à l'échec. Permettez donc, camarades Borras et Grond un modeste conseil : avant de faire des caractérisations fausses sur un ton de mise en garde, regardez-y de plus près...



Le 20 juin 2011


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Contribution de Daniel Petri. Ci-dessous le sommaire et la préface. Vous pouvez retrouver l'intégralité de la contribution en PDF joint.

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