L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

- La Commune - Pour un Parti des Travailleurs -
membre du Courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs
 ( IV ème Internationale )
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


UNT : pour un courant indépendant

Publié le mars 2006
Dossier : révolution au VenezuelaLes 17-18 février s'est tenu à Caracas le premier rassemblement du Courant de Classe, Unitaire, Révolutionnaire et Autonome de l'UNT (Union Nationale des Travailleurs) à la tête duquel se trouvent entre autres Orlando Chirino et Stalín Pérez Borges. Plus de 600 dirigeants syndicaux ont participé à cette rencontre préparatoire au IIe congrès national de l'UNT prévu pour les 30-31 mars et 1er avril. Parmi les documents adoptés à cette occasion, nous publions des extraits de celui concernant l'orientation, voté à l'unanimité.Pour établir une analyse de la situation politique nationale qui soit utile pour l'ensemble des travailleurs vénézuéliens ainsi que pour les dirigeants syndicaux de l'UNT engagés dans la construction d'une centrale syndicale de classe, internationaliste, révolutionnaire et indépendante, il est nécessaire de partir de deux prémisses fondamentales. En premier lieu, il doit être clair qu'au Venezuela continue de prévaloir une situation révolutionnaire. Les travailleurs et le peuple ont, par leur mobilisation et leurs luttes, obtenu de grandes victoires politiques contre l'impérialisme et la bourgeoisie nationale. Ceci a contribué au développement de leur prise de conscience politique et anti-impérialiste, maintenu leur disponibilité pour l'action et approfondi le processus révolutionnaire. Les victoires obtenues contre le coup d'État d'avril 2002, contre le lock-out pétrolier ainsi que la victoire du référendum, ont stimulé l'élan des masses. Elles ont aussi permis que leur capacité à faire face à tout obstacle que l'impérialisme, la bourgeoisie et ses partis essaient de poser sur leur voie reste intacte. Ensuite, on peut dire que le processus de radicalisation sociale et de tournant politique à gauche en cours en Amérique latine alimente le processus révolutionnaire dans notre pays. De même, les conquêtes du peuple vénézuélien et les défaites qu'il a administrées à l'impérialisme et aux plans de l'administration Bush sur notre continent sont des exemples qui donnent de l'impulsion aux luttes populaires de la région. [...]

Nouvelle étape de la lutte anti-impérialiste

Après le triomphe populaire au référendum du 15 août 2004, le processus révolutionnaire au Venezuela est entré dans une nouvelle phase caractérisée par le fait que l'affrontement avec l'impérialisme, l'opposition putschiste et ses partis a diminué sensiblement. Cela n'implique pas que ces derniers aient renoncé à leurs plans politiques contre le processus révolutionnaire ou que les contradictions sociales, politiques et économiques aient été résolues. Il est évident qu'aujourd'hui le gouvernement du Président Chávez repose sur une plus grande stabilité politique. Cette stabilité est l'un des résultats directs des défaites que le peuple et les travailleurs mobilisés ont infligées aux putschistes contre le lock-out pétrolier et le coup d'État de 2002 et plus tard sur le terrain même de la démocratie bourgeoise à l'occasion du référendum. [...]

Stabilité politique, essor économique et négociations

Il est important d'insister sur le fait que l'essor économique trouve son origine dans les formidables efforts fournis par l'ensemble des travailleurs vénézuéliens et, particulièrement, des travailleurs du pétrole, qui, contre vents et marées, se sont donnés à fond pour notre industrie principale, rattrapant en un temps record les niveaux de production antérieurs au lock-out patronal. [...] Cela permet au gouvernement de tendre la perche aux entrepreneurs pour qu'ils investissent et fassent leurs affaires, et d'offrir des concessions aux multinationales du pétrole. Et même ainsi, il lui reste encore des ressources suffisantes pour accorder des subventions, augmenter le salaire minimum et répondre à diverses revendications de la population.
En 2004, la croissance économique était de 17,1 %, de 11 % l'an dernier. [...] Le prix moyen du pétrole vénézuélien s'est maintenu durant toute l'année 2005 à 50 dollars le baril. Les bénéfices de PDVSA Petróleos de Venezuela SA, entreprise pétrolière d'État. ont atteint 83 milliards de dollars, 20 milliards de plus qu'en 2004. Le recouvrement des impôts a atteint en 2005 le chiffre record de 38 milliards de bolívars et , grâce à la production pétrolière, le pays possède plus de trente milliards de dollars de réserves internationales, les plus élevées dans l'histoire du pays. [...]

Le peuple, qui a tout donné pendant les deux mois qu'ont duré le criminel lock-out patronal et le sabotage de notre industrie principale, qui s'est mobilisé au péril de sa vie pour liquider le putsch d'avril 2002, ramenant Chávez au gouvernement, veut désormais " le pain et le beurre ". [...] Les couches les plus pauvres de la population constatent, inquiètes, que leur situation économique et sociale reste plus ou moins la même, tandis que les patrons putschistes continuent de s'engraisser grâce au gouvernement et que, par ailleurs, les fonctionnaires gouvernementaux jouissent de grands privilèges et sont impliqués dans de graves cas de corruption. [...]

Pour le peuple ne reste que les Misiones,Plans d'action visant à l'intégration sociale des exclus. Ils couvrent les domaines du logement, de l'alimentation, de l'éducation, de la santé, de l'emploi et de la technologie. aujourd'hui en situation critique, soumises à toute sorte de dénonciations pour corruption et détournements de fonds. Mais les patrons vénézuéliens ne sont pas les seuls à bénéficier des largesses du gouvernement : les multinationales en profitent aussi. C'est flagrant dans l'industrie pétrolière, où le gouvernement concède aux multinationales US et européennes l'exploitation de riches gisements de pétrole et de gaz et transforme des multinationales putschistes en associés dans le commerce du pétrole à partir d'entreprises mixtes, tandis que la cogestion disparaît du discours officiel (récemment, le président Chávez, dans un Aló Presidente,émission télévisée dominicale dans laquelle Chávez, en direct pendant 5 ou 6 heures, explique son action, reçoit des invités, répond aux téléspectateurs. a déclaré qu'il fallait oublier la cogestion dans le secteur de l'électricité et du pétrole).

Fissures et divergences apparaissent

Après le référendum, l'axe de la confrontation s'est déplacé à l'intérieur même du processus révolutionnaire. Jusque là, toutes les forces politiques et sociales engagées dans le processus révolutionnaire se retrouvaient unies contre l'ennemi commun. Aujourd'hui, on commence à voir fissures et divergences apparaître entre ceux qui souhaitent arrêter là ce processus car ils préfèrent jouir de leurs prébendes et ceux, dont nous sommes, qui encouragent son approfondissement jusqu'à la construction du socialisme démocratique des travailleurs et du peuple.
Actuellement un fantôme est apparu : celui de la corruption et du bureaucratisme. Il n'y a pas un seul fonctionnaire du gouvernement, ministre, maire ou gouverneur qui jouisse du soutien populaire, bien que Chávez ait déclaré récemment devant les membres des Conseils communaux qu'il était faux de dire que tous les maires et gouverneurs ne servaient à rien. Les partis du Bloc du changementLe " Bloc du changement " regroupe le parti de Chávez (le MVR, Mouvement pour la Ve République) et les partis qui lui sont alliés. sont remis en question par la majorité de la population, comme l'a montré le taux élevé d'abstention aux dernières élections à l'Assemblée Nationale. La " Démocratie participative " ne s'est pas concrétisée, elle est devenue un mot creux.

[...] Les Misiones restent en place, non grâce aux ressources économiques, laissées à la discrétion du gouvernement, mais par la volonté du peuple organisé pour les maintenir et les développer y compris contre de nombreux fonctionnaires. [...]
Cette prise de distance de la part de secteurs de l'avant-garde ne se traduit pas sous forme de rupture politique, mais par la radicalisation. La confusion politique prédomine, les gens continuent de croire que Chávez n'est pas informé de ce qui se passe, ce qui expliquerait la bureaucratisation, la corruption, ainsi que l'incapacité à répondre de manière adéquate et rapide aux revendications populaires. De notre point de vue, le bureaucratisme et la corruption ne sont pas des phénomènes isolés, attribuables à des dirigeants qui se seraient écartés du droit chemin. Ces tares persistent parce que le système d'exploitation capitaliste et les structures de l'État bourgeois héritées de la IVe République sont restés en place.

Capacité d'action intacte

[...] Le combat pour construire une centrale de classe, révolutionnaire, internationaliste, autonome et indépendante du gouvernement et des patrons est urgent. C'est la tâche à laquelle doit faire face le Courant de Classe qui se développe dans l'UNT. [...]

Pour nous, le pays va vers des moments d'exacerbation de la lutte politique, non seulement contre les forces de la contre-révolution, mais aussi contre ceux qui, au sein même du gouvernement , ne veulent pas que le processus continue de progresser vers le socialisme.

Pour nous, cet approfondissement du processus révolutionnaire passe par l'expropriation des patrons, en avançant vers la cogestion et le contrôle ouvrier de l'industrie et du commerce, par la nationalisation de la terre et la liquidation du latifundisme.Système traditionnel d'immenses exploitations agricoles privées dans lesquelles les paysans sont à la merci du propriétaire terrien. Il faut rompre avec l'impérialisme en ne payant pas la dette extérieure et en expropriant les multinationales, pour que les travailleurs forment leur propre gouvernement avec les organisations populaires.

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