L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

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Et Bécassine se changea en Ma Dalton…

Publié le vendredi 02 octobre 2015

Ces dernières semaines, les médias semblaient n’avoir qu’un mot à la bouche : migrant. Eh oui, la France va mal et le monde ne tourne pas rond : invasions migratoires et réchauffement climatique. Entre deux brèves ou pas-brèves sur les migrants : islam, islamisme, civilisation judéo-chrétienne. De quoi faire oublier la « réforme du marché du travail », l’extension du chômage, l’explosion de la précarité et du mal-logement, les menaces sur le statut des fonctionnaires.

Et Bécassine se changea en Ma Dalton…

En mal de Zemmour, les medias sortent un nouveau lapin de leur chapeau : celui qui pousse des cris d’Onfray, un nouveau philosophe dont on ne sait plus, à force d’éclectisme, qui il est. « de gauche », « de droite » ? Cet homme est un héros de la plume, il a terrassé Sartre, Freud et quelques autres, en enfonçant bien des portes ouvertes (L’affreux Freud expérimentait sur lui la cocaïne ! Diantre !). Génie sans bouillir, il a découvert « le capitalisme libertaire », une simple réactualisation des idées de Pierre-Joseph Proudhon, qui, il est vrai, datent un peu…

Ainsi va la crise d’ensemble du régime finissant, elle produit des imposteurs de toute sorte : des Mélenchon, des Montebourg et des Marine Le Pen, des Dupont-Aignant et, dans un autre registre, des BHL, des Onfray ou des Fourest. Toutes nos excuses pour celles et ceux que nous aurions oublié, ici. Besancenot, entre autres …

Caroline Fourest attaque Jeremy Corbyn

Avant de passer à l’ordre du jour, nous ne pouvons manquer d’accorder une mention spéciale à Caroline Fourest qui prépare un master d’Islamophobie. Cette féministe-antilibérale-« militante des droits de l’homme » s’en est prise à Jeremy Corbyn, accusé de complaisance à l’égard de « l’intégrisme » et de l’antisémitisme. Déjà remarquée pour sa faculté à tricoter des tissus de mensonges et son sens inné de l’affabulation, ses calomnies à l’encontre du nouveau leader du Labour Party britannique ont promptement été déjouées. Corbyn est un homme politique issu de la social-démocratie qui évolue vers la gauche, qui se prononce pour la République en Angleterre, qui prend fait et cause pour la Palestine, et non un « frondeur » de pacotille. Ce qui lui vaut les foudres de beaucoup de monde. Cameron en tête. Fourest, en queue.

Dans cette débauche d’imposture, de fiel et de « contre-révolution culturelle », les frasques verbales de Nadine Morano aurait pu passer inaperçues. En effet, lorsqu’elle a débité des âneries morveuses sur les réfugiés, personne n’avait rien trouvé à y redire. Mais, lorsqu’elle parle de la « France de race blanche »,soudain, elle devient infréquentable.

Quand de Gaulle inspireMorano

En fait, elle a commis un crime de lèse-majesté. Ce qu’on lui reproche, ce n’est pas cette saillie en tant que telle mais d’avoir exhumé, presque au mot près, le discours raciste prononcé par de Gaulle, le 5 mars 1959 affirmant : « nous sommes un peuple européen de race blanche ». Ce qu’on lui reproche, c’est son désirde se présenter à la primaire de l’Officine « Les Républicains ». Sarko dont tout un chacun connaît l’antiracisme, celui-là même qui raillait les africains qui « ne sont pas entrés dans l’Histoire » tire profit de la saillie de Morano pour l’éjecter des régionales et l’isoler. Nous la plaindrons quand nous aurons le temps, elle, qui n’est ni plus ni moins raciste que Valls et ses « blancos » ou Copé et « ses pains au chocolat ». La voilà maintenant bien décidée à dézinguer Sarkozy. Bécassine se change en Ma Dalton. Voilà qui donne à la crise mortelle du régime une tournure tragi-comique.

Pour la gauche versaillaise, la tirade de Morano est une aubaine pour continuer à agiter le spectre d’une droite de plus en plus raciste aiguillonnée par une extrême droite toujours plus près de la porte du pouvoir. De Gaulle disait aux français « c’est moi ou le chaos », Hollande-Valls-Cambadélis disent « c’est nous ou le fascisme ».

Le Tous ensemble pour défendre le Code du travail

Faux dilemme usé jusqu’à la corde qui peut encore abuser des bobos car, les gogos se font plus rares ces temps-ci. Le danger immédiat : c’est la réforme du Code du travail. Le danger immédiat, c’est ce gouvernement de va-t-en guerre acoquiné avec les pires dictateurs tels Erdogan ou leroi Saoudien qui décapite aussi vite et plusque Daesh. Le danger immédiat, c’est l’Union Européenne. Mais à la gauche de la gauche du PS, Filoche sonne le tocsin : « Macron démission ». Un remaniement ministériel qui permettrait au pauvre Macron de rejoindre Moscovici à Bruxelles. Pour faire quoi ? La même chose ! . Dans l’immédiat, il y a la nécessité du Tous ensemble, dans l’unité CGT-FO-FSU-Solidaires,ensemble pour :«pas touche au Code du travail »

Daniel Petri, 1er octobre 2015


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