L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

- La Commune - Pour un Parti des Travailleurs -
membre du Courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs
 ( IV ème Internationale )
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Un événement

Publié le novembre 2005
VenezuelaDébut juillet, au Venezuela, ont eu lieu de nombreux conflits sociaux. Le 9 juillet s'est tenu à Caracas un meeting où différentes organisations ont annoncé le lancement de la construction d'un Parti révolutionnaire. l'événement a été à l'initiative d'OIR (Option de Gauche Révolutionnaire) avec les collectifs ouvriers " Verdad Obrera Syndical " (Aciéries Sidor, état de Guayana), " Opción clasista de los Trabajadores " (ouvriers du pétrole de Puerto La Cruz, état d'Anzoategui), " Todo el Poder a los Trabajadores " (Usines Falcon) et le groupe étudiant " Actívate ", de l'Université Centrale du Venezuela.Plus de 500 militants ouvriers ont rempli le Théâtre Impérial, situé au centre de Caracas. Ils étaient pour la plupart dirigeants syndicaux de l'UNT, venant des états de Carabobo, Aragua, Anzoategui, Tachira, Bolívar, Zulia, Caracas et Miranda ; ouvriers du pétrole, métallurgistes de l'aciérie SIDOR, ouvriers de l'électricité, des usines Chrysler, Firestone, Goodyear, Pepsi, Coca-Cola, Pequivel, du bâtiment, de la santé, de l'Éducation nationale, des services publics et des employés municipaux. Dans ce meeting, présidé par Stalín Pérez, coordinateur de l'UNT, et Vilma Vivas, dirigeante enseignante de San Cristóbal, état de Tachira, sont intervenus Carlos Lanz, président de ALCASA, entreprise d'État d'aluminium, qui impulse la cogestion révolutionnaire, comprise comme contrôle ouvrier ; et Joaquín Osorio, dirigeant de Fetraelec (Fédération des travailleurs de l'électricité) qui venait de s'affronter avec la direction de l'entreprise d'État CADAFE, qui sabote la cogestion.

Vers un programme

Miguel Angel Hernández, dirigeant d'OIR, a mis en avant la nécessité du combat pour un gouvernement des travailleurs et fait une ébauche des bases programmatiques du futur parti. José Bodas, dirigeant du secteur pétrolier, d'" Opción Clasista de los Trabajadores ", a souligné avec force que " pour une véritable indépendance de l'industrie pétrolière, par rapport à l'impérialisme et pour que PDVSA soit effectivement nôtre, il ne suffit pas qu'elle soit propriété de l'État, il faut qu'elle soit dirigée par les travailleurs ". José Meléndez, de " Verdad Obrera ", dirigeant de l'opposition à la bureaucratie, a insisté sur la nécessité de combattre pour la renationalisation de SIDOR, aujourd'hui contrôlé majoritairement par l'entreprise argentine Techint. Gonzalo Gómez, dirigeant d'OIR, a souligné les progrès du Venezuela dans la lutte anti-impérialiste, mais il a également attiré l'attention sur la poursuite d'une politique de contrats avec les multinationales qui met à mal la souveraineté du pays dans les secteurs du pétrole et du gaz. Les travailleurs doivent récupérer le contrôle sur ces secteurs, comme en décembre-janvier 2002-2003.

Un Parti révolutionnaire

La conclusion du meeting est revenue à Orlando Chirino, dirigeant d'OIR et de l'UNT, qui a affirmé sous les applaudissements que " de même que les travailleurs ont compris la nécessité de construire l'UNT, ils sont en train de comprendre la nécessité de construire un Parti Révolutionnaire des Travailleurs pour le Socialisme ". Critiquant la prétention de diminuer le droit de grève avec la réforme du Code Pénal qui punit d'années de prison l'appel à la grève, il a lancé : " cette révolution n'aura pas d'avenir si nous ne construisons pas un parti révolutionnaire ". Enfin, il a annoncé la constitution d'un comité directeur pour avancer dans la construction de cette nouvelle organisation socialiste révolutionnaire.

Premières décisions

Ce comité s'est réuni au mois d'août et a adopté une déclaration politique dans laquelle sont développés différents chapitres : soutien aux luttes ouvrières, proposition d'un plan économique d'urgence, combat pour la cogestion révolutionnaire, le contrôle ouvrier et le socialisme, destitution et emprisonnement des corrompus et internationalisme. La nouvelle organisation a pris le nom de " Partido Revolución y Socialismo ", elle édite un bi-mensuel (Opción Socialista) et vient d'engager une campagne financière nationale. Le congrès national constitutif, qui devra approuver les thèses politiques et d'organisation, ainsi que le programme et les statuts du nouveau parti, se tiendra dans les premiers mois de l'année 2006.

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