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La ligne de partage des eaux des oppresseurs

Publié le lundi 10 décembre 2018
Infos palestiniennes n°2

La politique hydro-stratégique israélienne, est très ancienne et capitale pour affirmer leur pouvoir et leur puissance sur la population palestinienne.
Selon un rapport de la banque mondiale (agence de l'ONU) un israélien dispose en moyenne de quatre fois plus d'eau qu'un palestinien.

La ligne de partage des eaux des oppresseurs

La guerre de l’eau

C'est une vraie « guerre de l'eau » qui a été mise en place de façon subtile et sournoise par l'entité israélienne et qui complique le quotidien de toute une population dépendante du leur bon vouloir. Les bédouins doivent faire venir des citernes par camions pour abreuver les hommes et les bêtes. Les anciens puits sont à sec parce que les colons en construisent des beaucoup plus profonds. Ils n'hésitent pas à détruire les citernes et à voler des sources millénaires que les palestiniens ont entretenu, géré, canalisé pour leur utilisation quotidienne même et surtout en période chaude et sèche.

Les voleurs de sources

Au mois de mars 2018 , le village d'al-Walajeh au Sud de Jérusalem se voit « voler » sa source.

C’était un grand bassin construit par les anciens pour récupérer et stocker l'eau qui servira à irriguer leur culture toute l'année.

De génération en génération on améliore l'endroit, on le rend ludique pour les familles palestiniennes installées dans les alentours. C'est l'endroit des pique-niques en famille, des rendez-vous entre jeunes, des baignades et des jeux d'eau sous le soleil torride.

Un parc arboré entoure le bassin, des arbres plantés par une population palestinienne agricole attachée à sa terre.

Un espace bucolique bien trop agréable pour le laisser aux palestiniens, alors, rien de plus facile pour se l'approprier quand on est l'occupant sioniste, tout puissant. On déplace discrètement et sournoisement, d'une centaine de mètres le check-point 1qui se trouve sur la route qui mène à Jérusalem, et l'endroit est de facto réservé à l'ethnie colonisatrice et dominante de Jérusalem.

Ce qui rend l'événement encore plus cynique et traumatisant c'est l'histoire des habitants de ce village palestinien.

Chassés en 1948 de leur propre village tombé sous le contrôle israélien, ils sont ceux que l'on appelle des présents/absents, terme palestinien pour désigner ceux d'entre-eux déplacés à l'intérieur de leur propre pays (après 1948). Ils ne sont plus autorisés à vivre dans leur maison, à cultiver leur terre et souvent ils habitent dans des villages voisins du leur. Ils gardent précieusement leur titre de propriété et leurs clés même si ces biens ont été confisqués par les colons sionistes. Un jour peut-être...

Pour le malheur des habitants d'al-Walajeh, la guerre des six jours a permis à Israël victorieux d’annexer Jérusalem et les terres alentour, leurs terres, encore !

Des terres agricoles deviennent parc national, puis par une manipulation illégale, début 2018 on déplace un point de contrôle quipermet de « déplacer » en Israël la source du village. 2

Interdiction formelle aux villageois palestiniens de se rendre sur le site « réservé aux juifs uniquement », l'apartheid est bien noté.

Le visage le plus obscène de l’Occupation

Ils ne leur reste plus qu'à observer de loin les »voleurs » profiter de leur petit parc d'antan, de leur bassin, de leur terre sur laquelle ne poussent plus que des plantes d'ornement et des fleurs pour attirer les touristes.

« Les sourires qu’affichent les personnages sur l’image ci-dessous représentent le visage le plus cynique de l’occupation israélienne. Il y a là un certain nombre de fonctionnaires masculins, et très peu de femmes, debout et souriant près de la source d’Ein Hiniyeh, célébrant sa réouverture au public, ainsi que celle d’un site archéologique voisin. »

Le marché de l’importation et le traitement de l’eau

Après chaque attaque, Israël cible les infrastructures de l'eau pour empêcher l'existence de communauté palestiniennes durables. C'est ce que l'on voit pour les villages bédouins qu’Israël veut voir disparaître pour agrandir l'espace de construction de ses colonies illégales.

C'est aussi le cas de Gaza qui n'a jamais été épargnée pendant les nombreuses attaques depuis le blocus inhumain qui dure depuis 12 ans.

Ce jeu pervers sioniste n'est pas nouveau. Rendre la vie des palestiniens en général et des gazaouis en particulier, insupportable, est un outil subtil de coercition et de contrôle.

Le cas de Gaza devient critique d'année en année et l'ONU a tiré la sonnette d'alarme depuis plusieurs années déjà. La nappe phréatique est trop exploitée du fait de la surpopulation grandissante, et l'eau de mer s'y infiltre, rendant l'eau saumâtre et impropre à la consommation. Mais les eaux usées aussi s'y glissent et répandent leurs bactéries qui causent infections, diarrhées, problèmes rénaux graves sur les populations les plus fragiles : enfants, vieillards, femmes enceintes...

Les gazaouis dépendent donc pour boire, de l'eau importée, à des prix exorbitants. Ou à des petites entreprises privées qui se contentent juste de désaliniser l'eau qu'elles vendent par bonbonnes. Une eau polluée et dangereuse.

Pillage et gaspillage sioniste

En janvier 2018 , l'UNICEF et ses partenaires ont achevé la construction d'une station de désalinisation qui pourrait bénéficier à 75 000 personnes vivant dans la partie Sud de Gaza. Mais le gros problème étant les coupures d'électricité longues et fréquentes, le bon fonctionnement de la station a été freiné de nombreuses fois. 3

D'un côté du mur de la Honte les occupants sionistes lavent leur véhicule et remplissent leur piscine avec de l'eau potable.

De l'autre côté on voit les enfants recueillir dans le creux de leur main un maigre filet d'eau polluée pour se désaltérer ou se baigner le visage.

Une logique exterminatrice

Le 2 décembre 2018 , une source gazaouie (sur un réseau social) signale que les forces d'occupation sionistes veulent « détruire » une source sur le territoire de Saffouriya. Quelques habitants palestiniens de la région tentent de stopper des tractopelles.




Comme pour le village d'al-Walajeh, l'histoire de Saffouriya est triste et date de la même période (1948).

C'était un grand village riche est prospère, proche d'un site archéologique de l'époque Romaine. Elle était considérée comme la capitale de la Galilée.

Un jour du Ramadan 1948, le village est bombardé puis envahi par des soldats du tout jeune État juif. Les survivants autochtones fuient vers le Liban, la Syrie. A leur retour ils obtiennent une carte d'identité israélienne mais ils ne récupéreront jamais leurs biens. Une colonie de juifs hongrois, habitent leurs maisons, cultivent leurs terres.

En 1956 l'ancien village est rasé.

Les anciens habitants de Saffouriya se sont regroupés dans un quartier sur les hauteurs de Nazareth, avec vue sur l'emplacement de leur ancien et paisible bonheur.

Ils leur reste le cimetière avec les sépultures de leurs anciens qu'ils entretiennent, et, une source, qu'aujourd'hui on veut leur prendre.

Pourquoi ? Dans quel but ?

C'est une belle région, une vallée verdoyante entourée de montagnes. Riche d'Histoire, mélange harmonieux de charme oriental, d'Art et de modernisme. Un lieu visité toute l'année par une horde de touristes internationaux

La confiscation violente de cette source n'est ni anodine, ni innocente...

La disparité de consommation d'eau entre les Palestiniens et les colons israéliens est énorme et est une des nombreuses causes de tensions entre les deux communautés.

Leurs plus grandes ressources ont été obtenues dès le début de leur toute jeune histoire moyen-orientale, en 1948, et par la force, l'expropriation et le massacre. Dans cette région semi-désertique le contrôle de l'eau par les colons sionistes contribue et affirme leur toute puissance sur la population autochtone qui doit se contenter de la portion congrue des dits : territoires palestiniens, qu'on leur a « royalement » laissé, et ce dans des zones bien plus désertiques, les rendant dépendants du bon vouloir des colonisateurs de leurs terres millénaires.

Sur cette belle terre de Palestine, cette invasion encore actuelle, des meilleurs territoires riches en ressource d'eau, par les israéliens pourrait donner à penser qu'elle est stratégiquement calculée et réfléchie depuis le tout début de l'histoire sioniste.





Myriam Weber et Daniel Petri – 10 décembre 2018






1 Point de contrôle

2 http://www.pourlapalestine.be/comment-voler-une-source-il-suffit-de-deplacer-le-checkpoint/

3 http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/03/23/97001-20170323FILWWW00060-gaza-confrontee-a-une-crise-de-l-eau.php


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