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La fin du bourreau

Publié le mardi 10 janvier 2006
Palestine : Sharon hors-jeuLe 4 janvier 2006 restera comme une victoire du peuple palestinien. Ariel Sharon a été attaqué par son propre organisme, qui a réussi là où ses victimes avaient échoué. Qu'il meure ou qu'il survive (avec les séquelles probablement très lourdes auxquelles s'attendent les médecins dans le second cas), la politique et l'Histoire continueront sans lui. C'est donc bien aujourd'hui la question de sa succession à la tête de l'état d'Israël qui se pose, avec toutes les conséquences qu'elle aura inévitablement sur le peuple palestinien.Général sanglant durant les années 50, 60, 70, Sharon avait une première fois dépassé les sommets de l'ignominie lors de l'invasion sioniste du Liban en 1982 en fermant toute issue aux réfugiés civils palestiniens à Beyrouth, enfermés dans les camps de Sabra et Chatila, lui qui refoulait toutes leurs tentatives d'échapper à une mort certaine, laissant les sinistres milices libanaises de Saad Haddad massacrer à la hache, au couteau, au fusil des milliers de femmes, d'enfants, de vieillards tandis qu'il ordonnait à ses troupes d'envoyer des fusées éclairantes dans le ciel nocturne de Beyrouth (voir le témoignage de Karma Nabulsi dans Le Monde daté du 11 janvier). Le même Sharon, leader du parti d'extrême droite Likoud pendant plusieurs années, a délibérément provoqué la Deuxième Intifada, le 28 septembre 2000, en se pavanant avec ses sbires sur le Mont du Temple, sur ces lieux sacrés pour les Palestiniens (Haram el Charif).

De Sabra et Chatila aux massacres de Jenine

Cette Deuxième Intifada, il s'en est servi pour se faire propulser en février 2001 au poste de Premier ministre et relancer les attaques contre les bastions palestiniens de Cisjordanie l'année suivante, comme Jenine ou Ramallah, ville dans laquelle il a assiégé Yasser Arafat, le confinant dans un bunker à portée de canon et se livrant à un massacre de civils dans les rues de Jenine, faisant dynamiter les maisons de tout un quartier, comme plus tard à Rafah, dans la bande de Gaza.

Il est l'incarnation même de l'occupation sioniste dans tout son caractère insupportable. Les faux naïfs, politiciens ou média, qui prétendaient que l'évacuation sioniste de Gaza, l'été dernier, était un geste de bonne volonté, de guerrier devenu pacifiste, se moquent du monde, et du peuple palestinien en premier lieu. Sharon voulait s'assurer un plus grand pouvoir encore, en créant il y a quelques mois le parti Kadima pour se donner une marge que ses rivaux à l'intérieur du Likoud comme l'ex-Premier ministre Benyamin Netanyahou ne lui accordaient pas. Mais il n'a jamais démordu de son objectif de Grand Israël ; c'est pourquoi il a persisté dans sa politique d'encerclement de l'enclave palestinienne de Cisjordanie tout en enroulant son Mur de la Honte comme un tentacule autour de quartiers et villages palestiniens isolés, coupés de leurs champs, de leurs cours d'école parfois. Il a laissé son armée tirer sur les paysans qui tentaient d'atteindre leurs oliviers et humilier les ouvriers journaliers qui devaient quotidiennement stationner sous le soleil de longues heures aux check points avec Israël, lancer des roquettes sur des maisons censées abriter des terroristes ou pas, avec dégâts collatéraux chez les voisins.

La course des hyènes est lancée

C'est un criminel au cerveau quelque peu amoindri qui laisse la classe politique sioniste orpheline de son leader. À trois mois des élections prévues en Israël, anticipées par Sharon, à quinze jours des élections législatives palestiniennes, toujours susceptibles d'être reportées (elles sont prévues pour le 25 janvier), c'est une situation de crise. En effet, le parti sharonien va poser au poste de commandant Ehoud Olmert, le très réactionnaire maire de Jérusalem-Ouest, qui tentera de conserver autour de lui les transfuges travaillistes tels Shimon Peres et d'autres petites pointures à la mangeoire du pouvoir, cependant que Netanyahou va essayer de renforcer le Likoud en jouant les plus radicaux que le radical Sharon.

Quoi qu'il arrive, les victimes sont toujours les mêmes : le peuple palestinien doit s'attendre à de nouveaux coups au moment même où l'attitude de Mahmoud Abbas devant la maladie de Sharon a montré quel genre d'individu se trouve à la tête de l'OLP et de l'Autorité palestinienne. Tous ont peur du Hamas qui a mis un terme pour sa part aux attentats que poursuivent d'autres formations islamistes moins implantées. Certains prétendent que Sharon était devenu réaliste. Si poursuivre un objectif expansionniste voire raciste toute sa vie en écrasant un adversaire courageux mais faiblement armé c'est être réaliste, il l'était. Mais il en va de même de ses congénères aux crocs tout aussi acérés. La course des hyènes est lancée, mais la ligne d'arrivée est toujours repoussée à l'horizon.<

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