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membre du Courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs
 ( IV ème Internationale )
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Un peu d'histoire

Publié le lundi 24 septembre 2001
AfghanistanEntre le marteau et l'enclume l'Afghanistan n'a jamais existé comme nation. Sa première mention dans les traités internationaux date de 1879, lorsque la Couronne britannique voulut freiner une concurrence possible, via la Perse, de l'influence allemande déjà forte dans l'Empire ottoman. Dans les montagnes de l'Hindou Kouch, elle voyait une barrière naturelle se prolongeant dans son Empire des Indes (le futur Pakistan). Toujours maîtresse de la région, mais confrontée à la présence de l'URSS au nord de cette zone, à l'ouest du Pamir, l'Angleterre parvint sans problème à faire admettre aux autres puissances impérialistes la nécessité d'un Etat tampon, reconnu le 22 novembre 1921, et flanqué d'un roi choisi parmi les seigneurs locaux en 1926.

Un pays, quatre ethnies Quatre ethnies principales vivent sur les plateaux et montagnes d'Afghanistan, parmi les plus élevées comptant une présence humaine : les Pachtouns au sud, les Hazaras, les Ouzbeks et les Tadjiks au nord-ouest et nord-est. Si tous sont musulmans, certains sont sunnites et d'autres, surtout à l'ouest, aux confins de l'Iran, chiites. Enfin, les Baloutches vivent à cheval au sud-est de l'Iran, au sud de l'Afghanistan et au sud-ouest du Pakistan.

l'invasion du Kremlin en 1979 Tenus en marge des échanges commerciaux, les peuples d'Afghanistan, nomades aux trois quarts, ne disposaient, à la fin des années 60, que de 775 véhicules recensés dans le pays. Les staliniens du Kremlin y installèrent les leaders du parti Khalk en 1975, après un coup d'Etat renversant le roi en titre. l'impérialisme américain, devant l'avancée de ce pion manipulé par Brejnev, encouragea les guerriers traditionnels en vue de déstabiliser et de renverser le parti Khalk. En 1979, au lendemain de Noël, les troupes de l'URSS envahirent le pays, officiellement à l'appel du gouvernement en passe d'être renversé. Après bien des vicissitudes, le Kremlin installa un opportuniste du nom de Nazibullah à Kaboul, mais on connaît l'issue de cette entreprise : laminés de tous côtés, les soldats " soviétiques " durent plier bagage en 1989-90 et des factions recouvrant peu ou prou des clivages ethniques, mais toutes regroupées sous le vocable " moudjahiddin ", se disputèrent le pouvoir.

CIA et Pakistan arment les talibans Pachtouns Les deux figures dominantes des années suivantes furent le chef de guerre ouzbek Rachid Dostomb et le fameux commandant Massoud, un Tadjik du nord-est (vallée du Panshir). Dostomb fut battu, cependant que les Pachtouns du sud, autrefois dominants, furent encouragés par le Pakistan qui arma les plus extrémistes des religieux Pachtouns, les talibans, avec l'aval des Etats-Unis qui jugèrent qu'ils apporteraient une assise plus stable du fait de leur domination ethnique et de l'occupation des principales positions géostratégiques (passes de Khyber et de Kandahar, etc.). De surcroît, le régime pakistanais (la belle Mme Bhutto, puis ses successeurs Nawaz al Sharif et aujourd'hui Parvez Musharraf) a toujours redouté la tendance des Baloutches à se séparer du Pakistan pour former un Etat proprement baloutche autour des trois frontières irano-afghano-pakistanaises. La CIA n'avait plus qu'à exploiter le filon et poursuivre les efforts qu'elle avait entrepris dans les années 80 pour doter militairement, avec l'instruction correspondante, les éléments les plus réactionnaires des féodaux afghans, musulmans wahhabites d'Arabie saoudite venus " combattre le matérialisme athée ". On voit aujourd'hui que ses anciens élèves ont bien appris la leçon et sont passés maîtres dans l'art de manier le boomerang.

l'encombrant Massoud On a vu comment le commandant Massoud a été assassiné le 9 septembre, probablement par des agents des talibans, lui qui poursuivait aux côtés de l'ex-président Rabbani (1992-99) la résistance dans le nord avec des armes russes, car Washington a entièrement plié bagage après le départ du dernier soldat russe, privant même les Tadjiks qui forment le noyau dur de la résistance de la moindre chance face à des talibans surarmés par Islamabad (capitale du Pakistan) et donc par les USA.

A moins, bien sûr, qu'on n'assiste à un renversement d'alliances dans lequel les USA sont passés maîtres au gré de leurs intérêts du moment. Il semble bien, en effet, au vu de leurs préparatifs militaires, qu'ils soient décidés à taper sur les doigts de leurs élèves d'hier, les talibans.

A présent, les peuples d'Afghanistan courent le risque de " revenir à l'âge de pierre ", bien qu'ils y soient presque déjà, par les bons soins de G. W. Bush. Eux qui ont versé leur sang contre les envahisseurs britanniques, russes ou téléguidés par le Pakistan, voilà que le plus puissant impérialisme mondial entend leur faire payer la présence d'hôtes encombrants qu'ils n'ont jamais réclamés et qui astreignent la moitié de la population (les femmes) à un véritable statut d'esclave.

Après le voile, les bombes... Voilà à n'en pas douter les véritables victimes de la première agression du nouveau siècle, avec les civils innocents de Manhattan et le peuple palestinien.

Droit des quatre peuples d'Afghanistan à décider de leur sort !



Mr Bush, bas les pattes devant les peuples d'Afghanistan !


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