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Le trotskysme et les trotskystes (II)

Publié le mai 2003
Notes de lecture (2éme partie)Dans notre numéro de février (n° 27), nous avons montré comment Jean-Jacques Marie, pour le compte de Pierre Lambert, a menti par omission et falsifié les faits lorsqu'il évoque, dans son dernier livre, le trotskysme en Argentine. Le sort qu'il réserve à Lutte ouvrière dans cet ouvrage est tout aussi malhonnête. Qu'on en juge.Rappelons tout d'abord succintement les origines de Lutte ouvrière. En octobre 1939, un premier regroupement s'est constitué autour de David Korner, alias Barta. En 1944, Mathieu Buchold, militant du groupe de Barta, est enlevé par les staliniens et son corps est retrouvé dans la Seine, criblé de balles. Pierre Bois échappe de peu au même sort...
Après avoir joué un rôle décisif dans la grève de Renault en 1947, à travers Pierre Bois et après avoir constitué dans la foulée un " syndicat démocratique Renault ", ce regroupement s'est disloqué deux ans plus tard et Barta s'en est retiré.
Au milieu des années 50, Pierre Bois, allias Vic, avec Robert Barcia, allias Hardy, reconstituent ce regroupement dans un contexte où le PCI, section française de la IVe Internationale, marquait le pas à la suite de la crise de l'Internationale en 1951-53. Voilà comment est née Lutte ouvrière.

Gros mensonges et petites omissions contre Lutte Ouvrière...

Dans un paragraphe intitulé " Aux origines de Lutte ouvrière ", Jean-Jacques Marie affirme que Barta " jugeait prématurée la proclamation de la IVe Internationale en 1938 ". Sur quoi se fonde t-il pour prétendre cela ? Mystère. Pourtant, dans l'avant-propos de son livre, il prévient le lecteur contre les rumeurs comme " source d'information ", en les stigmatisant comme une " forme dégradée du témoignage oral ".

En admettant même une seule seconde que Barta ait été défavorable à la proclamation de la IVe Internationale, cela n'aurait aucun rapport de cause à effet avec les origines de Lutte ouvrière. Le regroupement formé par Barta s'appelait en 1942 le Groupe communiste-IVe Internationale, ce que dissimule délibérement l'auteur en écrivant : " il [Barta] fonde un Groupe communiste de quatre militants qui prendra plus tard le nom d'Union communiste, ancêtre de Lutte ouvrière. "

Insistons encore : en novembre 1940, le groupe de Barta publie une brochure (La lutte contre la deuxième guerre impérialiste) sous-titrée : " Collection IVe Internationale ". En février 1944, il publie une autre brochure (Socialisme ou barbarie ?) signée " Groupe communiste (IVe Internationale) ".

En septembre 1944, ce groupe change encore d'appelation pour devenir l'" Union communiste-IVe Internationale ". Mais, inlassablement, dans chaque passage de son livre consacré à LO et à ses "ancêtres", Jean-Jacques Marie prend soin de cacher que ce courant se revendiquait de la IVe Internationale.

De plus, dans un document publié par Voie ouvrière en 1966 (VO est l'ancienne appelation de LO), la position de ce courant sur la proclamation de la IVe Internationale est très clairement expliquée : " La proclamation de la Quatrième Internationale était-elle prématurée ? Non, nous ne le pensons pas (...). Cela eut été un renoncement aux responsabilités de l'heure. " (Brochure intitulée : Les problèmes du parti mondial de la révolution socialiste et la reconstruction de la Quatrième Internationale.)

Or, en 1966, les " lambertistes " avaient des contacts réguliers avec Voie ouvrière. Et, dans son livre sur l'histoire de Lutte ouvrière, Robert Barcia, dit Hardy, relate que Jean-Jacques Marie lui servait de traducteur dans ses discussions avec les trotskystes anglais. Il ne pouvait donc ignorer le point de vue de LO sur la IVe Internationale.

Barta et Lambert en 1939

Pour en revenir à Barta, il comptait parmi les rares militants français de la IVe Internationale à être en plein accord avec le point de vue que défendait Trotsky en 1939 quant à la nécessité de militer au sein du PSOP (organisation créée par la minorité exclue du Parti socialiste).

Notons qu'au même moment, Lambert militait dans le groupe de Molinier que Trotsky tenait à l'écart de la IVe Internationale. Ainsi, en février 1939, Trotsky notait à propos de Molinier et de son groupe : " Le PSOP n'a rien à craindre des révolutionnaires qui donnent leur avis ouvertement. Ce sont les intrigants sans principes, les gens capables de dissimuler, de masquer n'importe quelle idée, qui en défendent une aujourd'hui, une autre demain, des aventuristes comme Raymond Molinier qui essaient d'influer sur la lutte des idées par des intrigues de coulisse. Ce sont ceux-là qui représentent un danger pour le PSOP. " Lambert faisait alors partie de " ceux-là ". Bien sûr, faut-il le dire, tout le monde peut se tromper et " les actes ne suivent pas les hommes ". Mais pourquoi tant d'amnésie à propos de Barta et... de Lambert ?
En revanche, il est exact qu'en 1944 le groupe de Barta s'est tenu en dehors de la reconstitution de la IVe Internationale en Europe, disloquée de fait au début de la Deuxième Guerre mondiale.

Aussi y avait-il, sans aucun doute, matière à polémique avec LO et ses " ancêtres ", mais Jean-Jacques Marie a choisi une autre arme que " l'arme de la critique " : celle de la falsification, procédé auquel J-J.M. ne nous avait pas habitués, bien au contraire. Que se passe-t-il ?

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