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Inondations dans l’Hérault : Dégât des eaux ?

Publié le lundi 20 octobre 2014

Du 18 septembre au 12 octobre, le département de l’Hérault a connu une suite d’épisodes cévenols qui ont causé des dégâts considérables que le Conseil général  a évalués à 50 millions d’euros.  Le 18 septembre, le ruisseau Le Bitoulet, qui traverse la station thermale de Lamalou-les-Bains au nord ouest du département, gonflé par des pluies diluviennes, sortait de son lit après avoir été retenu par un embâcle dévastant tout sur son passage, il causait la mort de quatre personnes. C’était le début d’un scénario catastrophe.

Inondations dans l’Hérault : Dégât des eaux ?

Le 29 septembre, l’agglomération de Montpellier a connu à son tour un épisode cévenol particulièrement violent, le Lez petit fleuve côtier et son affluent la Mosson qui traversent Montpellier et les communes limitrophes de Juvignac (8000 habitants) et Grabels (7000 habitants) ont débordé, dans cette dernière localité le maire a comptabilisé plus de 200 familles sinistrées soit 10% de la population, la plupart des rues sont endommagées, 39 logements sociaux sont complètements détruits.

Un habitant de Juvignac, Marceau Barrau, 80 ans, a livré ses réflexions au journal « Midi Libre », le 1° Octobre : « ça fait quarante ans que j’habite là, ça fait deux fois que je vois ça et la première fois c’était il y a une vingtaine d’années […] Avant, ici, c’était des terres, des vignes. Ça alimentait les nappes phréatiques. Maintenant, il y a un lotissement et un supermarché qui fait trois hectares de goudron. »

Frédéric Garcia, maraîcher à Mauguio, petite ville de 17000 habitants au sud-est de Montpellier, estime que cette pluviométrie n’est pas une fatalité : « C’est un torrent qui s’est abattu sur nous. Si les fossés étaient entretenus normalement, si la Jasse (le cours d’eau qui passe à côté de chez lui. NDLR) était dimensionnée, on n’aurait pas eu d’eau. Sans compter les travaux de la LGV qui en rajoutent. » (Midi Libre 2 octobre)

En ce qui concerne Montpellier, qui a déjà connu un même épisode pluvieux le 22 septembre 2003, on peut lire dans le « Midi Libre » du 1°Octobre ces propos de Frédéric Decker, météorologue à Météo News : « Avec une ville deux fois plus grande qu’il y a 50 ans, les dégâts seront importants. Montpellier a été touchée par un phénomène rare amplifié par le ruissellement sur des sols bitumés et peu de vent. Mais on ne peut pas parler de dérèglement climatique »

Ces événements de type Cévenol sont liés au fait qu’au début de l’automne, la Méditerranée reste relativement chaude et crée des dépressions riches en vapeur d'eau qui vont buter contre les contreforts du Massif central, dont les Cévennes. Il y a toujours eu des événements cévenols. Ce fut le cas pour Nîmes le 3 octobre 1988 avec 11 morts, pour Aramon le 11 septembre 2002 avec 24 victimes.

Dans un entretien publié par le « Midi Libre » du 30 septembre, Alix Roumagnac, dirigeant de Prédict (1) à Montpellier, répond aux questions du journaliste :

« Autant de pluies, cela n'était plus arrivé depuis combien d'années ?

En termes de m étéorologie, c'est arrivé à plusieurs reprises. Mais la région de Montpellier n'avait pas connu un tel épisode depuis longtemps. Or, dans des zones très urbanisées, les conséquences sont tout de suite plus lourdes.

Quatre vigilances orange en trois semaines, c'est exceptionnel ?

On peut le dire. Car ce d ébut d'automne est effectivement très chargé. Il rappelle celui de l'année 1958 où les météorologues ont observé un même enchaînement d'événements. »

En 20 ans, les surfaces imperméabilisées ont été multipliées par trois dans l’agglomération de Montpellier, béton et goudron rendent les inondations plus violentes. Rien à voir avec un changement climatique, mais plutôt avec la spéculation foncière qui conduit au bétonnage et au goudronnage tout azimut et parfois à la construction sur des zones inondables comme ce fut le cas en Vendée à la Faute-sur-Mer ou le maire est en procès ces derniers jours.

Jean-Baptiste Carrier, 19 octobre 2014

(1) : Filiale de Météo-France


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