L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

- La Commune - Pour un Parti des Travailleurs -
membre du Courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs
 ( IV ème Internationale )
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


« Vérité révélée », non ! Vérités bonnes à dire, oui !

Publié le jeudi 22 juin 2017

A propos de l’édito d’Informations ouvrières du 21 juin

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n°3 – jeudi 22 juin 2017

Peu avant le premier tour, le journal  Informations ouvrières décidait de se tourner vers la France Insoumise. Ce 21 juin, Marc Gauquelin tente de justifier du mieux qu’il peut cette orientation avec laquelle nous sommes en total désaccord, parce qu’elle est contradictoire avec la défense des acquis de 1936 et de 1945 dont ce journal se prévaut. Explication.

« Vérité révélée », non !  Vérités bonnes à dire, oui !

La Une d’Informations ouvrières enfonce une porte déjà ouverte : « une nouvelle période s’ouvre ». Cette nouvelle période a été ouverte le 9 mars 2016 lorsque la première manifestation pour le retrait de la loi El Khomri a été imposée aux directions confédérales CGT et FO, balayant les tentatives de sceller le syndicalisme rassemblé avec les chefs de la CFDT. Cette manifestation fut le point de départ d’un enchaînement où se sont enchevêtrés crise politique et crise sociale.

Marc Gauquelin, plus précis, nous indique qu’au travers des élections présidentielles et législatives, une étape a été franchie. Il ajoute, fort à propos : « Des millions d’électeurs se sont saisis de l’abstention et de la candidature de Mélenchon pour manifester leur volonté d’aller jusqu’au bout de la rupture avec le système. ». Nous l’avons dit plus crûment : les abstentionnistes et les électeurs de JLM font partie d’un même Front du refus.

Ce qui nous a conduit à ne pas donner de consigne de vote au premier tour des présidentielles.

Ce qui nous a conduit à refuser de valoriser le vote Mélenchon par rapport à l’abstention et vice-versa.

Ce qui nous a conduit à écarter toute idée d’unité Mélenchon-Hamon.

France insoumise = 5%

Marc Gauquelin se livre alors à un raisonnement : « fidèles à la stratégie politique de construction d’un authentique parti ouvrier, nous nous sommes engagés de toutes nos forces pour soutenir et faire réussir tout ce qu’incarnait le vote Mélenchon ». « Nous l’avons fait sans condition, sans méconnaître les différences pouvant apparaître sur telle ou telle question ». Arrivé à ce point du détour, le lecteur aimerait sans doute savoir ce qui peut apparaître comme des « différences ». La suite du raisonnement de Marc Gauquelin ne nous affranchira pas sur ce point : « Nous avons agi comme des acteurs à part entière dans la bataille politique qui a mobilisé ces dernières semaines des centaines de milliers de militants. La période qui s’ouvre est marquée par l’entrée en lice d’une nouvelle génération de militants d’origine diverses. Personne ne peut se présenter à eux en prétendant détenir la vérité révélée ». Certes, mais il nous semble tout de même que nous devons dire tout ce que nous savons de la vérité, sans autolimitation. A commencer par ce chiffre brut : FI, c’est 5% des inscrits aux législatives. Chacun l’appréciera.

Des questions bonnes à poser

Posons les questions autrement :

  1. Quand Mélenchon dit que son groupe de députés appellera à la « résistance sociale », le « moment venu », il faut se la fermer ?

  2. Quand Mélenchon demande un référendum sur les ordonnances anti-code du travail, il faut simplement « écouter la différence » ?

  3. Quand Mélenchon intervenait en faveur de « sa » cohabitation avec Macron, il fallait la boucler ?

  4. Quand le programme FI propose la fusion CSG-Impôt sur le revenu, il faudrait reléguer cette « mesure » au rang de « différence » ?

Si telle est la « tactique », pourquoi ne pas rejoindre directement la France insoumise puisque, soi-disant, c’est là où les choses se passent ?

Sécu, travail précaire, alternance école - entreprise : simples « différences » ?

La fusion CSG et Impôt sur le revenu, rêve non réalisé de Hollande, cela veut dire que l’on prend l’argent de la CSG dans les caisses de la Sécu pour le mettre dans les caisses de l’État, ni plus, ni moins. La seule mesure juste, non du point de vue d’une « vérité révélée » mais du point de vue de classe élémentaire, c’est l’abolition de la CSG ! Comment ? Par la transformation de la CSG en cotisations sociales [rappel : la CSG est un impôt qui s'est substitué à des cotisations sociales ( assurance-maladie)]

Notre journal « La Commune » a été le seul à décrypter, non pas « l’idéologie » de Mélenchon, mais le programme dont il se prévaut, sur le sort qu’il jette à la Sécu et sur le travail précaire et « l’alternance » qu’il développe. Simples « différences » ?

Nous ne faisons pas, quant à nous, dans l’antimélenchonisme mondain qui glose sur le présumé « néo-populisme » de JLM et sur la lettre Phi qui n’a que mépris pour la base insoumise. La base insoumise, nous la respectons et nous gagnons le respect d’insoumis en leur disant ce que nous pensons.

Juger sur pièces

La tactique, Marc Gauquelin, le sait fort bien, est subordonnée à la stratégie. La stratégie politique de construction d’un parti ouvrier authentique (et non, d’auto-proclamation de celui-ci) est à l’opposé de la stratégie de France insoumise sur la ligne « ni libéralisme, ni socialisme », sur la ligne d’un nouveau front populaire. Nous n’avons pas besoin de le « révéler » : la lecture des « œuvres » de JLM et du programme « avenir en commun » l’établit clairement. Nous avons encore moins besoin de le cacher à nos lecteurs, de peur du qu’en-dira-t-on, en nous excusant de vivre.

Avares de pronostics et d’extrapolations, nous ne préjugeons pas de l’avenir du « mélenchonisme ». Nous jugerons sur pièce. La France insoumise n’est en rien le centre du monde. Ce qui est au centre, dans le moment présent, selon nous, c’est la bataille politique pour l’abrogation totale de la loi travail et le retrait des projets d’ordonnance, ni amendables, ni négociables, laquelle s’oppose à toute idée de « consultation du peuple tout entier » sur une question qui ne regarde que les salariés (et parmi eux, les millions qui n’ont pas le droit de vote).



22 juin 2017


Voir aussi dans la catégorie Lettre de la Commune - Chronique Hebdo
«  Good morning, Lenin ! »« Good morning, Lenin ! »

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 24 – mercredi 13 décembre 2017 Notre bloc-notes  du mois en cours sur « La France va mieux » Où nous apprenons que les français sont de plus en...

Gauche radicale- France insoumise – Directions syndicales : Leurs perspectives et les nôtresGauche radicale- France insoumise – Directions syndicales : Leurs perspectives et les nôtres

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 23 – mercredi 29 novembre 2017 Dans notre dernière Lettre électronique, nous avons expliqué pourquoi, selon nous, la question de la rupture avec...

Après la réforme du Code du travail : Pour la rupture avec Macron et ses ordonnancesAprès la réforme du Code du travail : Pour la rupture avec Macron et ses ordonnances

En défense du syndicalisme libre de revendications La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 22 – mercredi 22 novembre 2017 Au lendemain de « l’action » du 16 novembre, des milliers de...

Notes pour la Catalogne – SuiteNotes pour la Catalogne – Suite

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 21 – vendredi 10 novembre 2017 Ce qui se passe en Catalogne depuis le 20 septembre est une révolution. En effet, deux pouvoirs s’y affrontent :...

Notes pour la CatalogneNotes pour la Catalogne

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 20 – jeudi 2 novembre 2017 La Catalogne est prise de révolution. Si nous nous en tenions à l’écume des choses, nous n’en dirions pas autant....

La fracture syndicaleLa fracture syndicale

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 19 – vendredi 27 octobre 2017 Les « discussions » entre les hauts dirigeants de la CGT et le gouvernement ne sont pas sans conséquences. Ainsi,...



HAUT