L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

- La Commune - Pour un Parti des Travailleurs -
membre du Courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs
 ( IV ème Internationale )
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Pour arrêter le bras du casseur : DEHORS MACRON, AU PLUS VITE !

Publié le jeudi 23 août 2018
La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 61 – jeudi 23 août 2018

N’en déplaise aux électoralistes en tout genre : il n’existe qu’un seul moyen d’arrêter le bras du casseur une bonne fois pour toutes ; le renverser, le plus vite possible.
Il ne commencera à reculer qu’au moment où il se sentira poussé vers la sortie.
Les dégâts d’une année sous Macron sont déjà considérables : code du travail en miettes, statut des cheminots en souffrance,  privatisation de la SNCF en marche, droit des chômeurs et des apprentis bafoués, droit aux études salement compromis...
Et, ce n’est qu’un début !
Bien entendu, renverser Macron veut dire : renverser tout ce qu’il incarne et représente, cela signifie : place à nos revendications pour les salaires et les emplois, pour la garantie de l’emploi et plus un seul licenciement, abolition de toutes les réformes. Tout en sachant qu’à cette étape les salariés, les jeunes et la population qui souffre ne peuvent compter que sur eux-mêmes.

Pour arrêter le bras du casseur :  DEHORS MACRON, AU PLUS VITE !

En effet, l’expérience montre que ni l’opposition parlementaire, ni les huiles qui dirigent les confédérations syndicales n’offrent de point d’appui au mouvement social, bien au contraire. Il n’existe pas ou plus de « parti ouvrier », pas plus qu’il n’existe d’organisation révolutionnaire digne de ce nom dans ce pays. Simple constat.

 Pour notre part, nous – La Commune - cherchons à construire une organisation révolutionnaire, non au sens romantique, encore moins au sens « ultimatiste » ou « élitiste » mais au sens pratique. Une organisation de femmes et d’hommes libres qui s’associent volontairement contre le joug de l’exploitation et de l’oppression, pour le renversement du capitalisme, pour le socialisme des travailleurs. Parce que la lutte anticapitaliste est nécessaire, qu’il existe ou non des « alternatives » toutes prêtes.

 Dans l’immédiat, nous militons pour un parti indépendant des travailleurs, pour une politique ouvrière anticapitaliste qui commence par la satisfaction des revendications vitales et l’abolition de toutes les réformes.

 Mais ces tâches de longue haleine ne sont pas pour nous la condition ou une des conditions de la nécessaire mobilisation générale pour renverser Macron.

 Autant que faire se peut, nous tâchons de partir des faits et des besoins pratiques de millions de femmes et d’hommes, de « la majorité sociale » de ce pays.

 Pour notre part, nous pensons qu’il existe dans ce pays un mouvement profond au sein des masses, pour renverser Macron. Oui ou non ?

 N’étant en rien des spéculateurs politiques, nous ne pouvons pas dire quand, ni  à quelle occasion ce mouvement pourra  surgir au grand jour.

 Nous disons que ce mouvement peut et doit être encouragé et surtout, défendu, face à ces « dirigeants », ces « opposants » qui s’arc-boutent pour que Macron reste.

 Pour ces gens-là, il ne faut surtout pas déroger aux calendriers électoraux et surtout pas sortir des sentiers battus, il leur faut défendre l’Etat, les Institutions, la Police, l’Armée et le cadre de l’Union européenne.

Ils appellent cela « la patience de l’Histoire » (Mélenchon dixit[1]).

 Serait-ce au nom de cette « patience » que les opposants « anti-libéraux » draguent la droite la plus anti-ouvrière et anti-immigrés, les fillonistes d’hier ? Qui l’eût cru ?!

 Des millions de « cas isolés »

Le mouvement dont nous parlons est irrigué par les faits marquants de la vie quotidienne. Des faits qui passent pour des « faits isolés », ils le sont en effet tant qu’ils passent sous silence. Nous pourrions parler de ce jeune couple sans abri à Aix-en-Provence.

« Un couple dort depuis six mois ans une tente, sur un parking, derrière une cité HLM à Aix-en-Provence. Malgré leurs nombreuses démarches, ils n’ont toujours pas obtenu de logement social. Pourtant, à 19 ans, la jeune femme présente de graves problèmes de santé.



Léa est en fauteuil roulant, elle vit dans une tente sur le parking d’une résidence HLM. A ses pieds, la route de Galice, où une dizaine de camions passent toutes les heures. Entre un camion et une voiture, la jeune femme et son conjoint ont installé leur petit campement de fortune : une table basse, une tente, et un petit nécessaire de camping. Léa se désespère
 : « On n’en peut plus, ajoute Cédric, son conjoint. Physiquement on a maigri, on a des problèmes de santé… » : Léa est épileptique, et en fauteuil depuis une mauvaise chute pendant une crise, il y a quelques semaines. La jeune femme de 19 ans vient d’apprendre qu’elle avait un cancer, mais tant que le couple n’a pas de logement stable, impossible de commencer les soins. Léa nous décrit ses journées : "On se lève le matin, on va à l’accueil de jour prendre la douche, le petit-déjeuner. On va un peu sur l’ordinateur, voir où en sont les démarches. Puis on essaie d’aller un peu à la médiathèque, parce qu’il fait trop chaud. Après, je fais la manche, on fait quelques courses pour le soir… C’est toujours les mêmes journées. » [2]

.

Nous pourrions aussi parler de ce jeune travailleur tué par un policier la semaine dernière. Un mois après le drame de Nantes et pendant que la famille Traoré est empêchée d’obtenir justice et vérité, deux ans après la mort de leur fils et frère Adama.

Nous pourrions parler de ce nouvel incendie dans un des taudis d’Aubervilliers, au moment où par décret, Macron annule des crédits pour les communes en détresse.

Il y a de quoi hurler : l’ Etat au travers de son « agence de la rénovation urbaine » avait payé rubis sur l’ongle des opérations de Démolition – reconstruction de milliers de HLM remplacés par des logements dit « mixtes », mais pour ce qui était d’en finir avec les taudis infects où les locataires sont la proie de marchands de sommeil, Thénardier des temps modernes, il n’y avait plus de moyens. Dans bien des cas, ces taudis sont démolis pour faire place net à des immeubles de bureaux forts bien adaptés à la spéculation.              !

Nous pourrions dire : des cas « isolés », il y en a des millions, dans ce pays !

Des gens qui n’en peuvent plus, qui ne peuvent plus supporter, il y en a des millions ! De l’exploitation ordinaire à la précarité, de la précarité à la pauvreté, de la pauvreté à la misère

Les cadres eux-mêmes, sous le joug du « management » ressentent l’oppression.

Auront-il, tous autant qu’ils sont, avoir seulement la possibilité d’avoir « la patience de l’Histoire » ou de se dire, comme ce personnage du film Un air de famille »[3], « quand ça va, ça va ; quand ça va pas, on patiente » ?

On patienterait donc en se serrant le ceinture pendant que les revenus des grands patrons « explosent » pour atteindre des sommets himalayens, confère la rémunération du nouveau PDG d’Air France : plus de 3 millions d’euros par an ! 

Aussi, nous croyons fermement que le départ forcé de Macron « avant terme » marquerait de la façon la plus nette le POINT DE RUPTURE que nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à VOULOIR.  

Macron, c’est qui et quoi ?

S’il s’agissait de « dégager » Macron pour y mettre son clone à sa place ou l’on ne sait quel de démagogue plus ou moins érudit, façon Mélenchon, telle ne serait pas notre préoccupation ! D’ailleurs, étant opposé, comme les républicains (dont Gambetta[4]) et socialistes d’autrefois, à l’institution même de la Présidence de la République, nous ne sommes pas en quête d’un « successeur » même s’il promettait des jours meilleurs à toutes et tous.

Nous savons tous ô combien, dans ce système, les promesses n’engagent que celles et ceux qui y croient.

Macron ? Ce sont ses réformes et celles qui les ont précédées !

Macron ? C’est une sorte de néo-pétainisme sans « l’Occupation » (et fort heureusement encore rampant et déguisé…pour l’instant !) en mode « libéral avancé ».

Macron ? C’est la poursuite et l’aggravation de la violence policière de l’Etat, c’est la poursuite et l’aggravation des mesures contre les réfugiés, les immigrés, les étrangers !

Macron ? C’est la marche vers la destruction des syndicats et leur transformation en Police du travail, sous les couleurs kitch du « partenariat » !

Macron ? C’est la marche vers la destruction de tous les services publics et la sécurité sociale !

Macron ?  C’est, dans l’immédiat, 66000 lycéens bacheliers qui n’ont toujours pas d’inscription à l’université, du fait de Parcoursup !

Macron ? C’est le représentant direct du FMI et de sa succursale « union européenne » qui abattent leurs plans et leur chantage permanent contre les travailleurs et peuple d’Europe et du monde entier

Macron ? C’est la descente aux « affaires », des ristournes de campagne illicites aux casseroles du  secrétaire général de l’Elysée, et, comme clou du spectacle, l’affaire Benalla qui a viré au « bal des menteurs » : ministre Collomb, Préfet de police et ainsi de suite, dans un jeu guignolesque et « abracadabrantesque » de « c’est pas moi, c’est l’autre »

Et vous, les opposants « raisonnables » et hauts-responsables syndicaux, vous proposez quoi ?

Aussi, à tous ceux qui croyant avoir atteint l’âge de raison nous prient bien vouloir patienter, nous pouvons demander : en attendant que n’opère la magie des urnes à « terme échu », que fait-on ?

Des « fêtes à Macron » ?  Des « marées » fourre-tout ? Des « journées de mobilisation » entre deux séances de « concertation » avec Macron ?  De longues grèves intermittentes sur calendrier ? Des campagnes électorales pour les « européennes » ? Des esclandres ? Des pique-niques et autres « actions innovantes » ? Des « votations » ?

Soyons plus précis : Messieurs Martinez et Pavageau, qu’allez-vous essayer de nous inventer face à la réforme des retraites ? Un nouveau cycle de journées « saute-mouton » décentralisées ? Un nouveau slogan aguicheur pour ne pas avoir à exiger le retrait total, pur et simple de la réforme qui entend abolir les retraites par répartition et les pensions de reversions, de nouvelles diversions ? Allez-vous continuer longtemps vos séances de spiritisme social et partenarial avec les ministres en faisant miroiter des « avancées » ici ou là et autres « soins palliatifs » en répétant encore et encore que « la grève générale ne se décrète pas », sans même mettre en avant le plan de lutte conséquent qui permette de fédérer, de confédérer et d’aller vers la grève générale interprofessionnelle ?

Eh bien non, non et encore non : il n’y a rien à négocier !

Bas les pattes devant le système de retraites par répartition, basé sur les cotisations (part salariés et part patronale).

Bas les pattes devant les régimes spéciaux !

Si ces « dirigeants » s’obstinent dans cette voie de l’accompagnement de la réforme, qu’ils sachent que les salariés et la population ne les y suivront pas. En s’enferrant dans cette voie qui asphyxie les syndicats, ils nourrissent le mouvement pour balayer Macron, c’est-à-dire, pour aller à l’essentiel.

Il y a des centaines de revendications et il  y en a une qui les rassemble toutes… DEHORS MACRON, AU PLUS VITE !

A suivre.




23 août 2018





[1] « "Nous avons pour nous la patience de l'histoire. Comme nous sommes des démocrates, nous croyons aux élections. On perd une élection, on attend la suivante en préparant les esprits"

https://www.huffingtonpost.fr/2018/06/17/reforme-de-la-sncf-melenchon-estime-avoir-arrache-des-poignees-plumes-a-macron_a_23460978/

[2] https://www.mesopinions.com/petition/droits-homme/vivent-rue-6-mois/46910

[3] http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19390705&cfilm=15282.html

[4] Dans l’esprit initial de Léon Gambetta « Un homme ne peut pas incarner la République, non ! Il peut la représenter comme fonctionnaire. ..C’est précisément dans le caractère collectif, général, unanime du gouvernement républicain que se trouve son excellence et sa supériorité », les ministres à ses yeux ne sont alors que des « intendants » - cité par : Gaston Bonheur. « La République nous appelle ». Robert Laffont, éditeur- 1965 – page 250


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