POUR BALAYER MACRON, TOUS ENSEMBLE !

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 62 – jeudi 30 août 2018

Les Médias bien ordonnés, souvent mediums annoncent une rentrée « à haut risque ». De toute évidence, la rentrée est mal partie pour la bande à Macron. Un des ministres qui « incarnait » La société civile telle que Macron se la figurait vient de sauter. Les vacances de monsieur Hulot sont terminées. Madame Nyssen, de cette même société civile, est sur la sélette, « pour affaires », elle aussi. Reste Madame Schiappa qui sait donc ce qui lui reste à faire. Ou pas.

L’Affaire Benalla dont on cause le moins possible depuis quelques semaines, est toujours une bombe à retardement.

En dépit de toutes ces convulsions et spasmes au sommet de l’Etat, mesdames et messieurs les opposants parlementaires antilibéraux continuent à protéger du mieux qu’ils peuvent, sans en avoir l’air, l’homme qui cristallise contre lui toute la colère accumulée des masses ouvrières et populaires, Macron. Lequel est tout au plus menacé d’une raclée démocratique .

Les hauts dignitaires de nos organisations syndicales, Martinez et Pavageau, fort discrets depuis juin, continuent à se poser en partenaires sociaux de Macron…De concert avec le MEDEF. Pendant que Mélenchon-Laurent tendent la main à la droite antisociale et anti-immigrée, Pavageau-Martinez tendent la main à Berger et au MEDEF. Cela aussi devient insupportable ! Cela commence à se voir comme le nez de Cyrano au milieu de la figure. Un cap, que dis-je ! Sans eux que deviendraient Macron et ses sales réformes ?

POUR BALAYER MACRON, TOUS ENSEMBLE !

Il est parfois difficile de garder le fil des jours lorsqu’il tombe des avalanches de coups durs, de coups fourrés et de coups bas contre la majorité sociale de ce pays, quand la pauvreté s’étend et que la vie professionnelle, sous le joug du management, devient infernale, y compris pour les managers de « proximité ». On tente de passer entre les gouttes, de vivre cachés. Cela ne dure qu’un temps. Celles et ceux qui n’ont pas de sérieux soucis les attendent.

Le gouvernement lui-même est à présent un gouvernement fantoche, de pure façade. Dans ce pays, les sondages de popularité ou de confiance sont de plus en plus fréquents, signe de la fébrilité en haut lieu.

La destruction permanente

La « reprise » annoncée par quelques chiffres et par la chef du FMI fait pschitt, la vie chère reprend ses droits. Les handicapés qui avaient déjà un mal de chien à trouver un logement adapté apprennent que désormais, 10% seulement des nouveaux appartements seront adéquats pour eux. Le bail à durée indéterminé en HLM est remis en cause. De plus en plus de personnes souffrantes sont à la rue. Il est question de désindexer les pensions de retraites : elles ne suivront donc plus le coût de la vie. Au moment où l’inflation renaît. Là encore, Macron montre qu’il est un parjure.

Mais de quoi devrait-on surtout parler ? Des européennes en juin 2019! Cet autre médium qu’est Mélenchon prédit une « raclée démocratique ». Il tente de rameuter les citoyennes et les citoyennes vers les urnes qu’il aime tant. Ce n’est pas gagné ! Des militantes, des militants vont se dévouer pour ces élections-là. Pendant ce temps-là, ils ne feront pas autre chose…Puis, les députés européens feront ce que bon leur semble et même ce que mauvais leur semble. Les discours-fleuve vont pleuvoir.

Au fait, d’ici juin 2019, que risque-t-il de nous arriver ? Liquidation des régimes spéciaux…et du régime général de retraites ; nouvelles violences policières homicides ; mise en pièce des minimas sociaux ; entrée en vigueur du prélèvement à la source des impôts qui rabotera encore, à l’instant T, le pouvoir d’achat, ce que l’inflation rendra plus net encore ; aggravation et désorganisation des conditions de transport en conséquence du « Pacte ferroviaire », et on ose imaginer quoi d’autre encore. Mélenchon, toujours en verve ne dit pas autre chose que : prenez votre mal en patience lorsqu’il invoque « la patience de L’Histoire ». Macron, lui, n’a pas cette « patience » et plus il sentira le sol se dérober sous ses pieds, plus il sera « pressé » de poursuivre son œuvre destructrice.

La fin des vacances de monsieur Hulot

Nous l’avons dit : la chute de Macron est une position de départ, un des moyens nécessaires pour porter un coup d’arrêt à la furie réformatrice du grand Capital et des exécuteurs de l’Union Européenne et du FMI, maîtres chanteur des Dettes qu’ils ont eux-mêmes créées et fait fructifier.

Le départ de monsieur Hulot, bien moins sympathique que le personnage de Jacques Tati, s’inscrit dans la trame qui, d’affaires en affaires, de tiraillements en tiraillements, accule Macron dans ses derniers retranchements. En revanche, aucune « raclée démocratique » n’aura raison de ses attaques tous azimuts contre la population travailleuse et pauvre, contre la jeunesse et les personnes âgées, contre les handicapés et les exclus du chômage. Cette portion des classes moyennes supérieures qui voyait en lui un renouveau, une rupture avec l’ancienne façon de faire de la politique et de « réussir » est, elle-même sidérée.

L’isolement de Macron et de ses petits télégraphistes

Jamais, un président de la 5ème république n’a jamais été aussi isolé.

Sa base sociale ou ce qui en tient lieu est une poussière d’individus livrés à de petits business ou pensant détenir du pilotage d’actions managériales en entreprise ou en mode « consultant » un morceau de pouvoir ou pensant qu’ils tireront leur épingle du jeu des réformes, de rentiers ou épargnants apeurés, toute cette faune étant coiffée par les « très riches » et « trop riches ».

Macron n’a plus la faveur des médias contrôlés par le grand Capital, lequel doute de plus en plus de la capacité de Macron de s’élever à la hauteur de la feuille de route que les cercles dirigeants du Capital financier « européen » lui dictent, jours après jours, laquelle requiert un homme fort à la tête de l’Etat. Macron n’est pas le nouveau Napoléon des temps modernes, il n’est pas l’homme FORT. Tous s’en inquiètent, craignent cette rentrée.

Le Premier télégraphiste Edouard Philippe continue à foncer tête baissée, étrillant à présent les médecins de ville, suspects de prescrire par complaisance les Arrêt-maladie. Les médecins seraient-ils une nouvelle Cinquième Colonne ayant pour mission de saboter l’économie ? Sans parler de leurs patients, complices de cette « anti-France » par simple paresse ? Il arrive que pour couvrir une faute, le fautif en fasse d’autres. Ce Pouvoir qui dézingue la médecine, les hôpitaux, la recherche poursuit de sa vindicte toutes les couches sociales actives.

Voilà pourquoi, nous sommes sans merci à l’égard de ces « opposants » et ces hauts-cadres confédéraux. Sans doute, certains lecteurs penseront que nous exagérons ou pis encore que nous dénigrons. Il se trouve que nous ne sommes pas les seuls.

Les députés mélenchonistes « ne défendent pas loyalement les intérêts de la FI »

Brigitte Pascall 1 est membre du parti de gauche de Mélenchon depuis sa création et membre de LFI. Elle écrit :

« Corbière, Chikirou, Bompard, Girard, Quatennens, Bernacilis, Obono, Panaud, ne défendent pas loyalement les intérêts de la FI. Se taire serait synonyme de complicité avec cette ligne LREM bis, social-libéralisation des consciences imposée sans l'avis de la base en lieu et place de notre programme initial anti libéral et anti PS. »

« Que les élus LFI sauvent le soldat Macron ou qu'ils organisent une pseudo unification des oppositions parlementaires, ils dessinent un ESPACE DES POSSIBLES ETRIQUE, REDUIT AU SEUL HEMICYCLE DE L'ASSEMBLEE. Totalement coupé du reste de la société qui souffre, faute d'emploi et d'argent suffisant. Les élus LFI sont également totalement coupés des mouvements sociaux 2018, qu'ils soutiennent mollement, insuffisamment, ce qui a permis là encore une victoire à la Pyrrhus de Macron . »

Elle précise :

« La société française 2018 basculant toute dans le chômage et la pauvreté de masse ; le réveil des luttes catégorielles d'une ampleur inédite, dont la colère n'est pas relayée par le champ politique : que nos élus LFI ne comprennent pas, ou refusent obstinément de comprendre que NOUS SOMMES EN TRAIN DE VIVRE UN GLISSEMENT MAJEUR D'IDEES DANS L'OPINION . »

Elle cingle :

« Macron est affaibli idéologiquement parlant. Et au lieu de profiter de cette nouvelle fenêtre de tir pour exposer, dénoncer la mise à mort sociale du Peuple français, les élus de la FI s'obstinent dans leur seul cirque parlementaire, totalement inoffensif comme chacun sait ; totalement vendu à Macron for ever . » 2

Contre tous ceux qui protègent Macron

Les uns et les autres, caste mélenchonienne, chefs des confédérations voire des fédérations des syndicats, dirigeants nationaux du PCF prennent une lourde responsabilité devant le peuple travailleur et la population qui souffre.

Tous ceux-là ne font pas que s’incliner, ils cherchent systématiquement à empêcher la mobilisation unie des masses en défense de ses droits, de ses salaires, de ses emplois, ils s’inscrivent dans le courant funeste des réformes successives, participent à leur élaboration et/ou leur finalisation. Ainsi, à la SNCF, les responsables syndicaux nationaux ont instrumentalisé une grève perlée imposée par eux pour promouvoir la Convention collective de droit privé qui, une fois « ficelée » permettra d’abroger complètement et définitivement le Statut des cheminots, et pas seulement pour les nouveaux entrants. Cela nous donne une indication de ce qu’ils entendent faire face à la réforme des retraites destinée à liquider le système des retraites par répartition.

Face à leurs manœuvres, leur soumission aux règles établies par le Pouvoir, il faut avoir les coudées franches et dire les choses telles qu’elles sont sans diplomatie inutile, ni contorsions. Cela permet d’appuyer la tendance des salariés, des jeunes à compter d’abord sur leurs propres forces. L’issue est dans l’action !

Tout ce qui s’oppose à l’action, à l’initiative des salariés, des jeunes, des millions de femmes et d’hommes qui ne supportent plus ce qui se passe, peut et doit nécessairement être conjuré !

Pour agir, partir de ce qui est

Pour agir, il est, ce nous semble, indispensable de partir de ce qui est :

  1. un régime politique qui tombe en ruine,

  1. un Pouvoir plus vulnérable que jamais, parce qu’isolé et pris dans la spirale des « affaires »,

  1. des opposants et des haut- responsables syndicaux qui s’inclinent et se concertent avec le Pouvoir en permanence,

  1. une crise d’ensemble qui connaît une brusque aggravation et frappe des couches populaires, toujours plus larges, des conditions de vie de plus en plus infectes,

  1. une révolte et une colère qui se généralisent dans « La France d’en bas ».

  1. Militantes et militants, syndicalistes, femmes et hommes de la rue qui se font passer le mot « qu’est-ce qu’on attend ? »

Tous ensemble , nous sommes la force du nombre ; unis par l’action, nous pouvons vaincre, et commencer ainsi à renverser le cours actuel des choses.

Nous sommes en état de légitime défense et de légitime défiance.




30 août 2018


1 https://blogs.mediapart.fr/brigitte-pascall

2 https://blogs.mediapart.fr/brigitte-pascall/blog/170818/dissocier-groupe-parlementaire-lfi-et-bureau-politique...

Modifié le jeudi 30 août 2018
Voir aussi dans la catégorie Lettre de la Commune - Chronique Hebdo
Il y a quelque chose de pourri au royaume de MacronIl y a quelque chose de pourri au royaume de Macron

Un pouvoir en marche pour sa réélection qui n’en finit pas de traîner des casseroles judiciaires … Une classe politique en décalage total avec la clairvoyance des masses … la fin de régime...

« La colère sociale est là » ...« La colère sociale est là » ...

A la question ; « Craignez-vous un printemps social ? », Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, invité au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI du 31 janvier 2021, avait répondu : « Non, je...

Nous sommes en guerre … contre Macron !Nous sommes en guerre … contre Macron !

Leurs élections valent plus que nos vies ! Au plus haut niveau de l’État, toutes et tous savaient, aucun.e n’a rien fait ! C’est l’aveu de l’ex-ministre de la santé, Agnès Buzyn, fait...

Pour en finir avec Macron !Pour en finir avec Macron !

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 124 - Jeudi 30 janvier 2020 Après 56 jours d’un conflit historique, c’est peu dire que Macron et sa politique sont rejetés par une grande majorité...

PAS DE RETRAIT, PAS DE TRÊVE ! PAS DE RETRAIT, PAS DE RENTRÉE !PAS DE RETRAIT, PAS DE TRÊVE ! PAS DE RETRAIT, PAS DE RENTRÉE !

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 123 - Samedi 28 décembre 2019 Déjouant tous les pronostics, la détermination et la pugnacité des grévistes restent intactes au 24ème jour de grève...

Contre Macron et sa réforme des retraites : grève générale !Contre Macron et sa réforme des retraites : grève générale !

La démonstration de force des salariés contre la réforme des retraites engagée le 5 décembre se poursuit et certains secteurs très déterminés comme les transports publics (SNCF, RATP),...



HAUT