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MAILLY règle son pas sur celui de BERGER

Publié le jeudi 31 août 2017

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 13 – jeudi 31 août 2017

Ce 30 août, après avoir soigneusement préparé le terrain et lissé les choses, Mailly, secrétaire général de FO (la CGT-FO1, en fait) est passé du côté obscur du syndicalisme. Le « réformiste » qu’il était (au sens ancien du mot) est devenu « réformateur ». Les médias le présentent comme renouant avec l’ADN « historique » de FO. Au jeu des apparences, on est toujours « gagnant ». C’est un trompe-l’œil : Mailly rompt avec la tradition du syndicat réformiste qui se défiait de l’Etat et recherchait « le grain à moudre ».

MAILLY règle son pas sur celui de BERGER

En 1982, le secrétaire général de la CGT Henri Krasucki disait de FO : « il est vrai que, par moments, émerge des traits d’une histoire qui nous fut commune. Par exemple, lorsqu’on évoque à FO, les questions du rôle et particulièrement de l’ indépendance du syndicat » 1

Le retour de la « recomposition syndicale »

Challenges le promeut au rang « d’homme clé de la réforme » (du travail). Rien de moins. Pour livrer ses impressions, il choisit les Echos, organe officieux, en toute « objectivité », du MEDEF. Il faut dire que les tentatives de faire basculer la confédération FO du côté de « l’axe » CFDT – UNSA ne datent pas d’hier. En 1988-1989, elles avaient été menées par un certain Claude Pitous au nom de la « recomposition syndicale » visant à contrebalancer la CGT et donner corps au « syndicalisme d’accompagnement ». Non sans départs vers l’UNSA, Marc Blondel avait eu raison de Pitous et était devenu secrétaire général de FO.

Mailly n’est pas le « nouveau Bergeron »

Jusqu’alors, au niveau confédéral, FO pratiquait la collaboration de classes à l’ancienne, c’est-à-dire le compromis poussé souvent jusqu’à la compromission mais néanmoins basé sur le rapport des forces entre patronat et travailleurs, dans des négociations où il fallait comme le disait Bergeron ( ancien secrétaire général) « du grain à moudre). En 1984, le « réformiste » Bergeron avait rejeté tout accord sur la flexibilité du travail. Mailly qui veut se comparer à Bergeron est pleinement acquis à la flexibilité – du moment qu’on puisse négocier dans les branches : « qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ». Mailly, permanent FO depuis l’âge de 28 ans, il avait travaillé pendant trois ans, en tout et pour tout. Le prototype de l’apparatchik sans expérience du syndicalisme militant « sur le tas ».

Mailly, à la pointe de tous les renoncements

Mailly, une fois bombardé « général » de FO a été à la pointe de tous les renoncements : renoncement à la défense des retraites basées sur les 37,5 années de cotisation, renoncement au principe jusque-là défendu par FO de ne jamais rechercher d’autres sources de financement de la Sécu autre que les cotisations, autres que le salaire différé.

Un véritable coup de force

Face à lui, nous ne doutons pas que la majorité des structures départementales ou fédérales de FO se défendent, défendent la tradition d’un syndicalisme basé au moins sur la reconnaissance de la lutte de classes comme fait social et le refus de toute forme d’intégration du syndicat à l’Etat. Mais, elles combattent en ordre dispersé. La moindre des choses, du point de vue de la démocratie ouvrière interne, eût été de convoquer, avant toute chose, un Comité confédéral national extraordinaire pour définir, entre deux congrès, l’attitude souveraine de FO face aux ordonnances et au « dialogue social ». Quand le CCN se tiendra en septembre, les jeux seront peut-être faits et la confédération sera alors mise devant le fait accompli du véritable coup de force perpétré par Mailly et sa clique. Même la CGC fait savoir qu’il aurait au moins fallu préalablement « mesurer l’impact de la loi El Khomri » !

Mailly, dans les bras de Berger et Pénicaud

Ecoutons Mailly, ce 30 août :

A propos de Pénicaud (Ministre du Capital) Mailly dit : " Je la connais depuis près de trente ans. Elle a une vraie connaissance des sujets sociaux de par son expérience dans le privé et dans le public. Cela facilite les échanges : on se parle cash "."


A propos de Berger – CFDT

" Entre Laurent Berger et moi-même, le téléphone sonne. C'est l'autre grande nouveauté de cette réforme: il y a un dialogue intersyndical intense "2

C’est l’existence même de FO qui est en jeu.

FO et CGT à la croisée des chemins

De nos jours, tout indique qu’il n’y a plus de place pour le syndicalisme « entre deux eaux », louvoyant entre lutte de classes et « accompagnement » de la casse sociale généralisée

FO, comme la CGT sont à la croisée des chemins. L’alternative est simple :

  • Ou bien le syndicalisme libre de toutes attaches gouvernementales, institutionnelles et patronales, de revendications et d’action syndicale

  • Ou alors le faux syndicalisme « intégré » à l’Etat et à « l’Entreprise » de « partenaires sociaux » à la Berger

Entre ces deux pôles contraires, il n’y a plus de position intermédiaire possible

Le syndicat doit nécessairement retrouver sa vocation historique de base : outil des travailleurs pour les travailleurs

Le syndicat est donc un enjeu de la lutte des classes dans ce pays.

La défense du syndicalisme de classe et de masse, fédéré, confédéré, indépendant et démocratique est plus que jamais à l’ordre du jour.



Le 31 août 2017


1 Rapport d’ouverture de Henri Krasucki au 41 ème congrès (Lille) de la CGT – 14 juin 1982 (page 32)

2 https://www.challenges.fr/reforme-code-travail/jean-claude-mailly-fo-l-homme-cle-de-la-reforme-du-code-du-travail-pour-macron_496048


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