L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

- La Commune - Pour un Parti des Travailleurs -
membre du Courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs
 ( IV ème Internationale )
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Lettre d'informations de La Commune n° 9, 3 février 2015

Publié le mardi 03 février 2015

Législative partielle, 4 ème circonscription du Doubs

« Esprit du 11 janvier », es-tu là ?

Le premier tour de l’élection partielle du Doubs est tout sauf l’expression d’une quelconque Union nationale. La leçon majeure est bien l’ampleur de l’abstention, laquelle a doublé par rapport aux élections de 2012, soit   60,5% ! Par rapport à 2012, le FN perd 1300 voix, le PS en perd 10 000, le Front de Gauche réalise un score groupusculaire de 3,6% des exprimés, soit 1,40% des inscrits et l’UMP est laminée. Pour ceux qui parlent à tort et à travers de la montée du FN, c’est un nouveau désaveu. Et en même temps, pour ceux qui pronostiquaient une descente aux enfers de ce parti après les manifestations « Charlie »  (Cambadélis, notamment), c’est un démenti flagrant.


Ces élections partielles donnent une indication autrement plus sérieuse  que les sondages évaluant les « cotes de popularité ». Il s’agit ici de la circonscription tenue par Moscovici qui est à présent Commissaire européen à Bruxelles. Il s’agit d’une circonscription très ouvrière et industrielle
(Voir les statistiques démographiques INSEE correspondantes sur : http://www.insee.fr/.....).
Entre autres, c’est la circonscription de PSA – Sochaux.
 
Ci- dessous, les résultats définitifs (http://www.estrepublicain.fr.....)


Inscrits: 66825

  • Abstention: 40 389 soit 60,44% des inscrits
  • Votants: 26436 soit 39,56 % des inscrits
  • Blancs: 446 soit 1,69 % des votants
  • Nuls: 281 soit 1,06 % des votants
  • Exprimés: 25709 soit 38,47 % des inscrits

Les résultats officiels

  • Sophie MONTEL (FN): 8382 voix, 32,60% (12,54% des inscrits)
  • Frédéric BARBIER (PS): 7416 voix, 28,85 % (11,09% des inscrits)
  • Charles DEMOUGE (UMP): 6824 voix, 26,54 % (10,21% des inscrits)
  • Vincent ADAMI (FdG-PCF-PG-NPA-MRC): 941 voix, 3,66 % (1,40% des inscrits)
  • Bernard LACHAMBRE (EELV): 799 voix, 3,11% (1,19% des inscrits)
  • Michel TREPPO (LO): 404 voix, 1,57%
  • Alde VINCI (PF): 315 voix, 1,23 %
  • Jean-Claude BONNOT (Fédéraliste): 152 voix, 0,59%
  • Yannick HERVÉ (UPR): 147 voix, 0,57 %
  • Ismaël BOUDJEKADA (Indépendant): 137 voix, 0,53 %
  • Antonio SANCHEZ (Communistes): 127 voix, 0,49 %
  • Marc O (Indépendant): 40 voix, 0,16 %
  • Nicolas ROUSSEAUX (Indépendant): 26 voix, 0,10 %


Au vu de ces résultats, on aura noté la singulière, la curieuse  alliance dans une candidature commune, celle de Vincent Adami, constituée par le NPA, le  Front de gauche et du …MRC, Mouvement républicain et citoyen crée par Chevènement. Le NPA qui crie au « souverainisme » dès que l’on dit haut et clair « rupture avec l’UE » peut donc (le jour même où il déclare en fin de congrès qu’il n’y aura plus de discussions électorales ni d’accords électoraux avec le FG)  s’acoquiner avec les pires chauvins anti-immigrés « souverainistes », en plus du Front de Gauche. Le tout pour « rassembler » 1% des inscrits. Mais là n’est pas l’essentiel … Ils nous ont habitués à dire tout et son contraire dans la même phrase.

Ces résultats sont hautement significatifs, en particulier parce qu’ils sont le premier rendez-vous électoral après « l’Union nationale ». Dans la vraie vie, d’Union nationale, il n’y a pas. Dans la vraie vie, de « rebond » du gouvernement et de « popularité » d’Hollande-Valls, il n’y a pas. Le naturel revient au galop : sous la forme des abstentions ouvrières et populaires, c’est la lutte de classes qui « encadre » les élections. Comme nous venons de l’écrire dans notre projet de résolution pour notre Congrès, les abstentions sont le moteur de la crise politique, ne serait-ce qu’au sens où les partis « représentatifs » ne sont plus du tout représentatifs. Certes, nous n’échapperons pas au couplet sur « le rassemblement républicain » contre le FN qui « monte ». Après avoir invité M. Le Pen à l’Elysée et avoir ainsi conféré à ce parti une « légitimité républicaine », façon Hollande, en l’intégrant (certes par la petite porte) à l’Union nationale de quelques jours, les discours sur la nécessaire « union nationale – rassemblement républicain » contre le FN a du plomb dans l’aile. Ils sont bien loin de se rassembler les « républicains des deux rives » (les partis institutionnels de gauche et de droite) face au danger FN. Première conséquence : fracture totale de l’UMP. Sarkozy dit, au nom de la majorité de l’UMP : «  pas de FN, pas de consigne de vote », Juppé dit «  si j’étais dans le Doubs, je voterais PS », d’autres UMP continuent sur la ligne du « ni, ni ». Et Sarkozy se retrouve en minorité au Bureau politique, le « ni-ni » finissant par l’emporter. Il n’y a pas à dire, Sarkozy tient ses troupes d’une main de fer !

Du côté du PS, dont il faut rappeler que la circonscription était PS sortante, effondrement du candidat qui arrive derrière la frontiste. Le « populaire » Valls s’était pourtant rendu sur place pour booster ce candidat PS et tenir meeting. La coupure de courant, en pleine allocution, par les syndicalistes CGT-Energie du cru et la manifestation des notaires en sortie de ce meeting ne faisaient qu’anticiper sur cette nouvelle grève du vote massive et sans appel.
Ramenés à leur véritable score si on le rapporte aux inscrits, à la totalité du corps électoral, aucun des candidats ne peut prétendre représenter sérieusement la population ouvrière, celle-ci s’étant détournée des urnes. Tous perdent des voix, y compris le FN !

Cette élection vient confirmer, sur ce terrain pourtant déformé, ce que la grève des routiers avait (et alors que, à ce jour elle n’est pas finie loin s’en faut)  déjà  manifesté avec éclat : l’ « Union nationale » est une fiction balayée par la vie et donc  par la lutte de classes. «  L’esprit du 11 janvier » ? Un fantôme même pas frappeur…


Le comité de rédaction : Francis Charpentier, Daniel Petri, Wladimir Susanj, Pedro Carrasquedo, Isabelle Foucher, Jérome Lefaure, Julie Charmoillaux, Zde Ekzlazadil, Pierre-Yves Chiron, Mustafa Diakité, Jean-Baptiste Carrier, Paul Dumas, Garledji Makélélé

3 février 2015


Voir aussi dans la catégorie Lettre de la Commune - Chronique Hebdo
Unité ouvrière, pour l’abolition de toutes réformes destructrices, pour les salaires et pour l’emploi !Unité ouvrière, pour l’abolition de toutes réformes destructrices, pour les salaires et pour l’emploi !

Notre point de vue La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 47 – mercredi 23 mai 2018 Il y’aura donc le 26 mai. Pour l’égalité, la justice, la solidarité, affirment les organisateurs....

Qui veut la peau de la CGT ?  Quel est le sens  du « 26 mai » ?Qui veut la peau de la CGT ? Quel est le sens du « 26 mai » ?

« Nos statuts sont bien écrits dans ce sens, la CGT et ses organisations ne peuvent pas tolérer une instrumentalisation pour faire gagner du terrain ou privilégier une ou des forces...

Dehors Macron le versaillais !Dehors Macron le versaillais !

La Lettre de La Commune, hors-série L’association des amies et amis de la Commune de Paris a relevé cette petite phrase de Macron :« Versailles, c’est là où la République s’était...

Qui nous représente ? Personne !Qui nous représente ? Personne !

"Grande marée" et Pots au contre-feu … La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 45 – Vendredi 10 mai 2018 La fête à Macron est derrière nous. Mais, nous n’avons encore rien vu,...

Assez de parodies ! Place aux grévistes, place à la jeunesse, place aux travailleurs !Assez de parodies ! Place aux grévistes, place à la jeunesse, place aux travailleurs !

 La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 44 – Dimanche 6 mai 2018

Concertations –Macron, syndicalisme de suggestions, grèves séquencées...« POURQUOI ILS FONT ÇA ? »Concertations –Macron, syndicalisme de suggestions, grèves séquencées...« POURQUOI ILS FONT ÇA ? »

La stratégie des hautes instances syndicales ne lasse de surprendre. Les cheminots sont les premiers à en faire les frais. Mais, au nom de l’unité voire de la sauvegarde des syndicats...



HAUT