L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

- La Commune - Pour un Parti des Travailleurs -
membre du Courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs
 ( IV ème Internationale )
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Les staliniens matraquent les sans-papiers : Au compte de qui ?

Publié le mercredi 24 juin 2009
Chronique hebdo n°17 du 24 juin au 7 juillet 2009supplément à

journal en langue française de militants du NPA
membres du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs-International-(IVèmeInternationale)


n°17 du 24 juin au 7 juillet 2009, pendant l'été, deux numéros par mois.

"La lutte de classe est nationale dans sa forme, internationale dans son contenu" (Karl Marx)


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SOMMAIRE:
France : Les staliniens matraquent les sans-papiers :
Au compte de qui ?







Nos liens :

Venezuela:www.aporrea.org
www.mareasocialista.com

Argentine : www. mst.org.ar

France : www.npa2009.org

Annexes



Annexe 1 : comment la CGT a organisé l'expulsion des sans-papiers - Mediapart

Annexe 2 : communiqué de presse CGT-Paris du 24 juin 15h40

Annexe 3 : communiqué RESF

Annexe 4 : communiqué de la C.A de la Bourse du travail

Annexe 5 : communiqué union syndicale Solidaires du 25 juin

Annexe 6 : communiqué DAL

Annexe 7 : communiqué CGT-Paris du 19 juin

Annexe 8 : Pourquoi les sans-papiers occupent la Bourse du travail - annexe Varlin ? (chronique hebdo n°11)




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Lutte de classes en France

l'évacuation par la violence de la Bourse du Travail Eugène Varlin :

Les staliniens matraquent les sans-papiers :

Au compte de qui ?






Le jeudi 24 juin dernier, un commando masqué, armé de manches de pioches, de bouteilles de gaz lacrymogène et d'armes diverses a agressé avec la plus extrême violence les sans-papiers qui occupaient depuis 14 mois la Bourse du Travail Eugène Varlin à Paris. La cinquantaine de nervis avait été commanditée par la direction de l'UD CGT de Paris qui annonce triomphalement le 25 juin que " l'outil Bourse du Travail vient d'être libéré par des syndicats parisiens " l'opération a été minutieusement préparée, en concertation totale avec la Préfecture de police de Paris et avec l'aval, l'assentiment et la complicité de toutes les organisations syndicales membres du Conseil d'administration de la Bourse du travail, (FO, CFDT, UNSA...) à l'exception notable de Sud Solidaires.(Voir annexes, dont l'article de Mediapart du vendredi 26 juin)

Pourtant depuis février de cette année, le comité NPA Paris-Centre n'a eu de cesse d'alerter les associations, organisations ouvrières et démocratiques que ce coup de force se préparait. l'évacuation à coups de matraques des sans-papiers (pour l'essentiel des femmes et des enfants, la plupart des hommes étant alors en manifestation, on remarquera la vaillance et la bravoure des agresseurs...) est tout sauf un coup de tonnerre dans un ciel serein et a manifestement été planifiée, préparée de longue date.

Le comité NPA Paris Centre n'a eu cessé de tirer le signal d'alarme, ses militants se relayant pour assurer une présence la plus régulière possible avec les sans-papiers mais ne rencontrant le plus souvent que passivité sinon même complaisance à l'égard des " arguments " de l'UD CGT, y compris au sein de notre organisation si l'on en juge par la polémique qui a traversé nos comités et instances dont la commission immigration du NPA.

Ainsi donc, à ceux qui nous disent que les staliniens d'aujourd'hui ne sont plus les mêmes qu'avant, qu'ils ont bien changé au point d'avoir dorénavant figure humaine et fréquentable, la réponse est là.
Si, fort heureusement le stalinisme, depuis la chute du mur de Berlin (chute due à l'activité des masses elles-mêmes) est moribond, il peut encore nuire et il serait une erreur pour les combattants anticapitalistes que nous sommes de l'oublier. Pour preuve, ce jeudi 24 juin où les dirigeants staliniens de l'UD CGT ont voulu régler leurs comptes avec les sans-papiers à coups de manches de pioches. Cela rappelle bien des souvenirs, pas si lointains, à nombre de militants trotskystes, anarchistes ou à de simples citoyens démocrates dont les idées n'avaient pas l'heur de plaire place du Colonel Fabien.

Il convient donc de saluer la prise de position immédiate des camarades de Paris-Centre, ainsi que des camarades du NPA qui, par centaines et centaines ont spontanément et immédiatement condamné l'agression. En effet, rien, absolument rien ne saurait se substituer au libre débat démocratique au sein du mouvement ouvrier et certainement pas l' "argument " des bâtons et des bombes lacrymos. Ces méthodes dans le droit fil du stalinisme ne doivent pas revenir, il faut les condamner et les interdire. La moindre complaisance de notre part et de la part des autres organisations de gauche serait un feu vert aux voyous du 24 juin et à leurs commanditaires pour recommencer demain contre nous et contre tout contradicteur au sein de la CGT.

Témoignage de Sylla Famadi : " Ils nous auraient tués"

Entretien avec M. SYLLA, FAMADI délégué de la CSP 75 (le jeudi 25 juin 2009).


" Heureusement, tout le monde est venu me chercher et me secourir, parce que s'il n'y avait pas eu des personnes pour venir nous aider, ils nous auraient tués, vraiment ils nous auraient tué ! Vraiment, ils sont venus et nous ont frappés avec une violence inouïe.

Ils étaient cagoulés, ils sont venus en civil pour se faire passer pour des policiers, mais ce n'étaient pas des policiers.

Ils ont agressé Sissoko, moi, Diallo, les adhérents et tout le monde présent. Les hommes, les femmes et les enfants, ils nous ont gazés, ils sont venus, et ont tapé avec des bâtons sur tout le monde, tout le monde !

Moins de dix minutes après, la police est arrivée. Les policiers devaient attendre pas loin d'ici, nous leur avons demandé de nous aider et ils ont commencé à nous frapper eux aussi !

Avec d'autres nous avons réussi à téléphoner aux autres camarades qui étaient en manifestation. Quand ils sont arrivés de la manifestation, les policiers étaient déjà là.

A ce moment là, deux de nos camarades ont été attrapés par la police [2 interpellations, les deux hommes ont depuis été remis en liberté, le dernier samedi 27, note de l'interviewer]. On ne sait pas où ils sont, on ne les a toujours pas vus. Moi même, et après avoir été agressé et gazé, trois policiers m'ont ceinturé et projeté par terre quand nos copains arrivaient de la manifestation. Ce n'est pas une bonne image de la police et de la France.

A l'entrée on était 5, j'ai été beaucoup gazé, jeté à terre et frappé à coups de bâton [Sylla nous montre sa jambe gauche et son tibia très tuméfié].
Même un enfant a été gazé, le petit Mohamed, 3 ans. En tout, 8 personnes ont été envoyées à l'hôpital [le petit Mohamed et sa maman y sont restés 24 heures]. Opéré déjà deux fois de l'oeil, le gazage a été terrible, mon médecin m'a demandé d'aller aux urgences.

D'autres témoins nous ont dit que le commando attendait dans le café à côté, et qu'après le départ des adhérents pour la manifestation, ils sont arrivés. Avec 5 camarades nous avons résisté à l'entrée, mais ils nous ont beaucoup gazé. Ils ont choisi le mercredi car comme le vendredi, il y a moins de monde ici, nous sommes tous en manifestation ( 2 manifestations hebdomadaire sont organisées par la CSP 75, le mercredi et le vendredi], note de l'interviewer)

Au lieu de nous soutenir et de nous aider à avoir les papiers pour qu'on puisse travailler et vivre normalement, ils sont venus pour nous tuer !

CGT, Police, Mairie de Paris, c'est la même combine !

C'est tellement grave ce qui s'est passé, qu'il n'y a pas une télé ou une radio en France qui ne soit pas venue ici.

Beaucoup de soutiens sont venus et restent avec nous. Nous n'avons rien, et beaucoup de problèmes matériels, pas de toilettes "

Propos recueillis juste après l'agression et l'évacuation par la force, sur place par Wladimir, NPA Paris-Centre, jeudi 24 juin.

l'entretien se termine par l'exigence de la régularisation de tous les travailleurs sans-papiers de la Bourse du Travail

Autre témoignage, celui d'une syndiquée CNT:

" Aux alentours de 13 heures, on reçoit des messages, l'information circule, les sans-papiers qui occupent la Bourse du travail ont été violemment molestés et sont en train de se faire expulser.

En arrivant sur les lieux on en apprend davantage : en fin de matinée, alors que la majorité des occupants était en train de manifester comme chaque mercredi, une cinquantaine de cégétistes portant lunettes de plongée et masques blancs, armés de barres en bois et de gaz lacrymo, faisaient irruption dans la Bourse du travail, gazant la totalité des occupants (enfants compris), frappant à terre les membres de la CSP, ils iront même jusqu'à introduire des gaz lacrymo dans les grandes marmites où mijotait le repas collectif.

Alors que les sans-pap' sortent, sous les coups, ils sont attendus par plusieurs cars de CRS. De leur côté les membres de la CSP qui manifestaient accourent à la Bourse. Certains seront bloqués à quelques mètres de la porte, d'autres plus haut sur le boulevard.

Les policiers hormis un ou deux civils ne rentreront pas dans la Bourse, en fait on apprend qu'ils n'ont pas de mandat d'expulsion. Les CRS nous empêchent de pénétrer dans le bâtiment, uniquement certains sans-papiers sont autorisés un par un à sortir leurs affaires sur le trottoir, puis ils sont parqués contre le mur entourés par un cordon de CRS.

De notre côté du cordon, nous sommes une vingtaine, nous essayons de les rejoindre. S'en suivra un "matraquage", nous reculons. Les personnes présentes de la CSP nous demandent alors de rester calmes. Derrière nous, la majorité des manifestants sont bloqués, entourés de CRS ils assistent impuissants à l'oeuvre de la CGT, les auteurs de la ratonade sont toujours présents, dans la Bourse, dans l'impunité la plus totale.

Des soutiens sont arrivés et se tiennent sur la chaussée dans l'impossibilité de nous rejoindre. Finalement les CRS nous poussent vers eux, matraquant ceux qui se tiennent aux extrémités pour faire avancer la foule.

Mais se rapprochement ne concerne pas tout le monde, un groupe de sans-pap' reste maintenu contre le mur de la Bourse, nous tentons de les rejoindre, des jets de gaz lacrymo nous en empêchent.

Finalement les CRS décident d'entourer le groupe qui se trouve sur la chaussée, ils nous matraquent et nous gazent, pour nous compresser sur le trottoir en face de la Bourse. l'assaut est violent, quand j'ouvre les yeux un quart d'heure plus tard, je me rends compte qu'il y a des enfants autour de moi, une gosse de dix ans qui a été prise dans les mouvements de foule et gazée, le regard transi de peur, s'accroche à sa mère.

Nous tenterons de la faire sortir, les flics refusent, il faut dire que cette petite fille est noire.

Tout le reste de la journée se passera ainsi, les soutiens, blancs de préférence, ont le droit de sortir mais pas de rentrer, les membres de la CSP, enfants et personnes malades compris, n'ont pas le droit de sortir. Le but est clair, vider les lieux des soutiens.

Très vite eau et nourriture viennent à manquer. Des personnes à l'extérieur tentent de faire passer des provisions, parfois avec succès, en début de soirée c'est de toilettes qui vient à manquer, il y a des toilettes publiques en panne sur le bord du trottoir, la police nous en interdit l'accès.

Trois draps sont tendus par les membres de la CSP, cela fera office de toilettes publiques, les mecs s'efforcent de pisser dans des bouteilles, pour nous c'est un autre problème ! Les matelas récupérés à l'intérieur sont étendus sur le trottoir. Épuisés dans la crainte d'un nouvel assaut certains s'endorment, d'autres discutent. À l'intérieur de la Bourse des vigiles avec des chiens d'une boîte privé de sécurité ont remplacé les cégétistes.

Des négociations opaques se tiennent non loin de là, il est difficile de savoir qui négocie avec qui, dans la nuit certains scandent des "Y en a marre", que dire de plus... "

M. - syndiquée CNT Santé Social RP, 25 juin 2009 - source : http://juralibertaire.over-blog.com/article-33192224.html /
article : Expulsion de la Bourse du Travail Ratonnade cégétiste à la Bourse du travail : Expulsion du CSP


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Communiqué du NPA-Paris Centre

" Les travailleurs sans-papiers de l'annexe Varlin livrés à la police de Sarkozy par la CGT : un jour de honte pour tout le mouvement ouvrier ! Communiqué du NPA - Paris Centre

Le mercredi 24 juin à 12H00, une cinquantaine de nervis aux ordres de la CGT ont investi l'annexe Varlin de la Bourse du travail afin d'expulser les travailleurs sans-papiers - pour la plupart d'origine africaine - occupant les lieux depuis 14 mois.

Le commando solidement armé et protégé a agi alors que avec la police était présente dès le début de l'opération, gazant massivement les occupants pour les contraindre à sortir asphyxiés de l'annexe avant de les rouer de coups. Plusieurs personnes, dont une femme et un enfant de 3 ans ont été sérieusement blessés. Le commando rencontrant une forte résistance alors qu'il tentait d'investir les étages du bâtiment a du se replier, la CGT appelant alors en renfort la préfecture de Police vers 13H30.

Depuis lors, deux cent travailleurs sans-papiers réfugiés devant la bourse du travail, encerclés par les gendarmes, ont établi un campement sur le Boulevard du temple et risquent à tout moment d'être expulsés.

Le comité NPA Paris Centre soutien depuis des mois les sans-papiers de Varlin, considérant que la lutte de ces salariés constitue la première ligne de front contre la barbarie et la politique xénophobe du gouvernement de Nicolas Sarkozy. Nous ne pouvons que dénoncer une ratonnade organisée le jour même de l'accès de Brice Hortefeux aux fonctions de Ministre de l'intérieur par la plus grande centrale syndicale française. La direction de CGT - l'Union Départementale de Paris est implicitement soutenue par le secrétaire national - tourne ainsi le dos à un siècle de luttes populaires et solidaires et vient de couvrir de honte l'ensemble du mouvement ouvrier en jetant à la rue les travailleurs les plus fragiles au lieu de les défendre, les livrant sciemment à la police.

Cela est inacceptable, autant pour nous que pour des milliers de militants qui, à la base de la CGT, se battent depuis des années pour obtenir la régularisions des salariés en situation irrégulière.

Cela, n'est donc pas le temps de débattre, avec une complaisance qui ne laisse d'interroger, des erreurs compréhensibles commises par la CSP-75 dans l'urgence et la peur il y a 14 mois mais de constituer sans délai un vaste front syndical, associatif, politique uni pour la régularisation des travailleurs sans-papiers de Varlin et, plus loin, des 275.000 étrangers résidents en situation irrégulière sur le territoire national.

Il n'y pas d'autre moyen d'empêcher des rafles et des expulsions qui nous renvoient aux temps les plus sombres du siècle dernier. "

Vendredi 26 juin 2009


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Stalinisme : brutalité et mensonge

La brutalité dont ont fait preuve ceux qui ont gazé et frappé les sans-papiers s'accompagne toujours, l'histoire l'a prouvé, de mensonges et de forfaiture. Ainsi, pour justifier leurs actes, les responsables de l'UD CGT 75 ont écrit et publié le 25 juin à 16h :



" COMMUNIQUE DE LA COMMISSION ADMINISTRATIVE (voir en annexe 4)
DE LA BOURSE DU TRAVAIL DE PARIS : Libération de la Bourse du Travail de Paris "

Mensonge : la décision d'évacuation des lieux n'est pas le fait de la Commission administrative " de la Bourse du Travail. Pour preuve, le communique de Solidaires qui est une des organisations membres à part entière de la commission administrative :

" Mercredi 24 juin 2009, les centaines de travailleurs sans-papiers qui occupaient depuis plus d'un an une partie des locaux de la Bourse du Travail à Paris ont été délogés de ce lieu par les syndicats CGT de Paris sous l'oeil bienveillant de nombreuses forces de l'ordre présentes sur place.
Cette expulsion n'a pas été décidée par la Commission Administrative de la Bourse dont fait partie Solidaires Paris ".

Remarquons au passage le titre : " Libération de la Bourse du Travail " Diable, la Bourse du travail était-elle occupée par la police ? Les CRS ? Les fascistes ? Non, par quelques centaines de femmes et d'enfants sans doute très dangereux puisqu'il a fallu les matraquer et les jeter sur le pavé où les attendaient (comme par enchantement) les vrais CRS.



Nous partageons totalement et sans réserve aucune le communiqué des sans-papiers 75 suivant :

"Ils font la guerre aux sans-papiers"

Le 24 juin restera comme un jour noir dans l'histoire du mouvement des sans-papiers en France mais surtout dans l'histoire du syndicalisme français.

C'est hier en effet que les travailleurs sans-papiers isolés qui occupaient depuis bientôt 14 mois une partie des locaux de la Bourse du travail, 85 rue Charlot, à Paris, pour mener une action d'ensemble visant à obtenir leur régularisation à partir d'un " lieu ami ", ont été expulsés.

Cinq jours après le communiqué de la CGT précisant que la Bourse du travail devait être " libérée ", voilà donc la chose faite, et de la manière la plus violente.

Une centaine peut-être de membres du service d'ordre de la CGT, sur le coup de midi, profitant du fait que la majeure d'entre nous étaient partis à notre manifestation hebdomadaire du mercredi, ont subitement envahi la cour, cagoulés, masqués, et certains pourvus de masques à gaz, matraquant les hommes et gazant tous les présents, femmes et enfants. Une dizaine de personnes ont dû être hospitalisées et le petit Mohamed, la mascotte de la Bouse occupée, bien connu de tout le monde, et une femme, viennent seulement de sortir, après 24 heures d'hôpital.

La densité des gaz était telle que Sissoko, notre coordinateur, accouru aux cris, est tombé évanoui dans la cour et ce sont les femmes, réfugiées entre temps à l'intérieur, qui sont ressorties pour l'y transporter à la force des bras.

Nous nous sommes barricadés dans la grande salle, et la police est alors intervenue, appelée par des gens du voisinage inquiets à cause des grands cris et de la fumée des lacrymogènes.

Dans un premier temps, le commissaire a veillé à empêcher notre affrontement avec le service d'ordre de la CGT. Celle-ci a appelé la Ville de Paris, propriétaire de l'immeuble, qui a immédiatement (ce qui prouve qu'elle était d'accord) réquisitionné la police. Le commissaire nous a alors imposé l'évacuation des locaux, exigeant même, d'après les instructions reçues, notre départ immédiat sans récupération de nos affaires (ce qui, par le passé, s'est souvent soldé par la perte d'effets et documents personnels).

Nous nous sommes opposés et, appelés par nous, nos camarades partis en manifestation sont rentrés. Le rapport de forces a été en quelque manière rétabli, une partie ayant pu même rentrer dans la grande salle par l'accès du boulevard du Temple, contrôlé par nous. Le commissaire a alors accepté de nous faire récupérer toutes nos affaires. Cette opération était terminée un peu après 19 heures.

Depuis, nous sommes campés sur le trottoir du boulevard du Temple à plusieurs centaines (une liste de 600 sans-papiers présents a été dressée hier soir) et attendons que les maires du troisième et deuxième (qui s'y sont engagés) nous trouvent un lieu apte à nous héberger et surtout où nous puissions, sans être dispersés, poursuivre notre action pour obtenir la régularisation de nous tous. Nous sommes dans l'attente d'un rendez-vous que nous a promis le ministère de l'immigration pour discuter les critères de notre régularisation. C'est maintenant le moment le plus mal venu pour affaiblir notre mouvement et, quant à nous, de baisser les bras.

La lutte continue ! "

Paris, le 25 juin 2009


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DEUXIEME COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE LA CSP 75

" Après l'évacuation de la Bourse du travail par la force, le 24 juin, l'UD-CGT de Paris a fait sortir, le 25, un communiqué de presse mensonger, visant à faire passer les victimes et blessés (femmes et enfants d'abord) de cette action comme des violents, et les nervis du commando paramilitaire de son service d'ordre comme des espèces d'anges de la non-violence.

Après avoir avoué ce fait indéniable que " les organisations syndicales CGT de Paris ont effectivement procédé à l'évacuation de la Bourse du travail ", ce fait est ainsi minimisé et déformé : " Dès le début, nous avons proposé à la trentaine de sans-papiers présents de sortir. Une dizaine d'entre eux l'ont fait de plein gré. Immédiatement, la vingtaine restante s'est emparée de tout ce qu'elle avait sous la main pour le jeter violemment sur les militants de la CGT ", etc.

Tout cela est faux. Nous sommes en train de recueillir les témoignages directs de cette journée et une partie du prochain numéro de notre journal y sera consacrée. Bornons-nous à dire ici que, depuis plusieurs jours, l'évacuation était dans l'air. Des menaces ouvertes nous avaient été faites par des responsables CGT (et notamment par le maître des basses oeuvres Raymond Chauveau), et l'alerte nous avait été donnée même par des cégétistes amis : cette fois-ci ce n'étaient plus des rumeurs, l'évacuation allait vraiment se faire.

Pour cela, le matin du 24, un mercredi, jour de notre manifestation hebdomadaire, nous avons pris deux décisions.

D'abord, que la manifestation devait avoir lieu. l'avis de beaucoup était qu'il fallait rester à la Bourse pour défendre l'occupation, mais l'argument qui l'a emporté fut celui-ci : si le service d'ordre CGT se présentait avec, en face, un nombre important de sans-papiers, qui pouvait garantir qu'il n'y aurait pas d'affrontements graves, des blessés, voire pire ?
Ensuite, que Sissoko, notre coordinateur, bien connu de tout le monde à la CGT, contrairement à toutes les manifestations précédentes, ne participerait pas à celle-là. Sa présence à la Bourse permettrait, si besoin, des pourparlers afin d'éviter toute violence de part et d'autre.

Nous avions pris toutes nos précautions pour que, le cas échéant, cela se passe d'une manière pacifique. Ce que nous n'avions pas prévu, c'est la détermination préalable de la CGT de procéder à une action par surprise totale et d'une telle violence. Toute notre expérience étant que même les CRS, même les gendarmes viennent parlementer, au préalable, avec les responsables, nous ne nous attendions pas à ce que la CGT ne fasse pas de même.

Il est faux qu'une dizaine d'entre nous sont sortis " de plein gré ". Nous avions réparti nos camarades restés sur place, dans la cour, dans la grande salle, dans les étages, et une dizaine au dehors, devant l'entrée de la rue Charlot. Le commando du service d'ordre qui nous a gazés avant même que nous réalisions ce qui se passait, a fait irruption par la première porte à gauche passé le portail d'entrée, la porte qui donne accès aux bureaux que nous n'avons jamais occupés.

Ce commando était caché à l'intérieur de la Bourse, dans ces bureaux. Un de nos délégués qui se tenait dans le hall a été plaqué contre le mur, immobilisé, nos camarades qui étaient au dehors n'ont pu qu'y rester, coupés sur-le-champ de ceux à l'intérieur.

Il est dit : " Nos militants ont reculé, attendu que les choses se calment et ont refoulé sans violence les sans-papiers dans la grande salle ouverte sur le boulevard du Temple. Dans les minutes qui ont suivi, plusieurs sans papiers ont démonté des bancs sur la voie publique et cassé des vitres du bâtiment. " Faux ! Voilà qu'on essaie même de nous faire passer pour des casseurs ! Les sans-papiers ont certes reculé dans la grande salle, mais pour fuir les gaz et y transporter les personnes évanouies et blessées.
l'accès du boulevard était contrôlé par nous ; nous sommes certes sortis nous procurer les planches des bancs, mais pour barricader les portes donnant accès, de la cour, à la grande salle, parce que le commando des gazeurs, après avoir nettoyé la cour, continuait en envoyant les gaz vers l'intérieur par les couloirs qui portent à cette salle. À noter que c'est justement ce barricadage qui a empêché l'affrontement direct avec nos camarades qui se trouvaient à l'intérieur, donc des conséquences encore plus graves.

Il est dit : " Il n'y a eu aucun blessé... il n'y avait aucun enfant dans la Bourse et, seules, 2 femmes y étaient présentes. La police n'est pas intervenue à l'intérieur de la Bourse du travail."

Faux ! Voici les chiffres à la suite de cette action menée dans la cour intérieure de la Bourse. Huit de nos camarades hospitalisés. Dix évanouis. Cinq blessés légers. Ce ne sont là que ceux qui ont eu besoin d'être soignés par les hôpitaux publics ou les urgences des pompiers. Des chiffres documentés, face aux affirmations mensongères de la CGT.
Parmi ces 23 personnes, cinq femmes et un enfant.

Concernant les circonstances de la présence et du rôle de la police " à l'intérieur de la Bourse ", nous en avons déjà parlé dans notre communiqué précédent du 25 juin, auquel nous renvoyons."

Affaire à suivre...

Paris, 27 juin 2009

[Source : CSP75]


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Une "honte pour tout le mouvement ouvrier ? "

Une honte assurément. Mais il serait plus juste et plus précis de dire que ce 24 juin est un jour de honte pour les auteurs, complices et responsables de cette forfaiture, c'est-à-dire les commanditaires et les hommes de main sans foi ni loi qui ont réalisé cet exploit qui a consisté à bastonner et gazer des femmes et des enfants sans défense.

Nous ne saurions en effet amalgamer dans cet acte ignoble l'immense masses des militants et cadres syndicaux de la CGT (et des militants des autres centrales qui elles aussi ont pour certaines leur lourde part de responsabilité) qui condamnent et rejettent des méthodes qu'on aurait pu croire révolues. Et n'oublions pas que la CGT ne saurait appartenir à ceux qui la gangrènent, que ce soit aujourd'hui en usant de violence contre les immigrés sans-papiers qui sont pourtant la partie de la classe ouvrière la plus vulnérable et qu'il faut pour ces raisons protéger ou que ce soit en usant de tous les procédés pour empêcher le Tous ensemble contre Sarkozy et ses contre-réformes.

Nous disons même qu'il ne faut pas s'y tromper : il y a un lien très étroit entre fond et forme, entre violence anti-ouvrière et reniements et capitulations face aux licenciements, privatisations et destruction des acquis. Sur ces bases, la bureaucratie syndicale se heurte et se heurtera de plus en plus à ceux qui refusent son orientation et ses méthodes barbares .A ce titre, nous faisons nôtre la prise de position de nos camarades du syndicat CGT Saint-Gobain Aubervilliers tout autant que de celle du syndicat CGT Goodyear qui s'est adressé à Bernard Thibault... Ils sont porteurs de l'honneur de la CGT et du mouvement ouvrier.


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Déclaration de la CGT Saint Gobain AUBERVILLIERS suite à l'expulsion des sans-papiers

Chers camarades, Compte tenu des évolutions récentes, notre syndicat a jugé nécessaire de faire cette déclaration et de la diffuser largement.

Salutations syndicales le syndicat CGT Saint-Gobain Aubervilliers (93)

Aubervilliers, le 26 juin 2009


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DECLARATION DU SYNDICAT CGT SAINT-GOBAIN AUBERVILLIERS (93)
A PROPOS DE L¹EVOLUTION DE LA CGT


" 1) Le syndicat CGT Saint-Gobain Aubervilliers a pris connaissance de la lettre des camarades de la CGT Goodyear à Bernard Thibault. Il en partage tous les termes et en assurera la diffusion.

http://www.cgt-goodyear-nord.fr/index.php?news/2009/06/16/425-la-cgt-goodyear-interpelle-bernard-thibault-secretairegeneral-de-la-cgt

Il est temps de savoir si nous privilégions la discussion dans les ministères ou la construction d'un véritable rapport de force de lutte de classe.


2) Le syndicat CGT Saint-Gobain Aubervilliers a pris connaissance de l¹évacuation par la force des sans-papiers qui occupaient la Bourse du Travail depuis le 2 mai 2008.

Evacuation réalisée par un groupe de miliciens armés qui se prétendent nos camarades.

Scandalisé, le syndicat CGT Saint-Gobain Aubervilliers condamne explicitement et sans aucune réserve cette évacuation.

Si au lieu de négocier avec Hortefeux les critères scandaleux d'une immigration adaptée aux besoins du capitalisme, la confédération avait élargi le mouvement à tous les sans-papiers - les plus précaires des travailleurs -, si le mouvement avait pris l'ampleur des espoirs qu¹il soulevait, si l¹élargissement indispensable et possible n'avait pas été purement et simplement enterré par choix délibéré de la Confédération, nous n'en serions pas arrivés là.

On en arrive aujourd¹hui à peine 1500 régularisations, les portes désormais fermées et le mouvement en reflux. Et pourtant, ce n'est pas l¹énergie d'un certain nombre de militants CGT et de structures locales qui a manqué pour développer et organiser, bien seuls, la lutte de nos camarades sans-papiers.

Il est absolument normal que le désespoir et le sentiment d¹abandon se répandent chez nos camarades, alors qu¹ils ont vu l'an dernier, concrètement, qu¹il aurait été possible de gagner la régularisation pour tous les sans-papiers.

Quant à la méthode employée, elle ne soulève chez nous que dégoût et honte de notre carte syndicale. Nous imaginons désormais sans mal que la même chose se produirait si d'autres camarades en lutte (les Goodyear, peut-être ?) se mobilisaient d'une manière qui déplaît à nos dirigeants


3) Le syndicat CGT Saint-Gobain Aubervilliers appelle l¹ensemble des syndicats du Verre et de la Céramique d'une part, de la Seine Saint-Denis d'autre part à se prononcer explicitement et publiquement sur ces événements très concrets. Il est temps d'en finir avec les protestations de couloir, les escarmouches d¹appareil. Il est temps de prendre position. A la veille du 49ème Congrès de décembre, il est temps de savoir qui défend réellement l¹orientation confédérale actuelle, et qui s'y oppose. "

Pour tout contact : cgt.sgr@gmail.com Saint-Gobain Recherche Aubervilliers


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La CGT Goodyear interpelle Bernard THIBAULT secrétaire général de la CGT

A

THIBAULT Bernard

Secrétaire général CGT


" Le syndicat CGT Goodyear a pris la décision de vous écrire après avoir longtemps dit qu'il allait le faire, mais nous ne pouvons plus repousser cette fois -ci!!!

En effet, nous trouvons que la situation de notre site mais aussi la situation de milliers de salariés en France est alarmante et pour autant nous attendons toujours une réaction massive et d'envergure!!!!

La France est victime d'une catastrophe voulue et mise en place par un gouvernement et des patrons qui ne connaissent aucune limite et pour autant la réaction de la CGT est plus que timide, elle est inexistante!!!

Les ouvriers, salariés attendent un mouvement qui mettra fin à l'insolence de ceux qui détruisent des milliers d'emplois et autant de vies de familles et nous n'avons droit qu'à des journées de mobilisation éclatées sur plusieurs mois, janvier, mars, juin et il faudrait attendre septembre pour remettre ça????

Il est évident que rien ne vas plus, comment pensez vous réussir à mettre à genoux se gouvernement qui haït le monde du travail avec des journées de mobilisation si peux cohérentes avec la cruauté de ce que nous subissons à la base!!!

Des milliers de salariés en France attendent un appel à une grève générale et totale, les manifestations encadrées dont les parcours sont connus de tous ne servent plus à rien, si ce n'est se faire plaisir et montrer qu'il y a encore des syndicats dans ce pays!!!

Le président de la république et son équipe, se moque totalement des manifestations actuelles, mais par contre partout en France des bases CGT luttent chacune de leur coté, elles luttent aux cotés de salariés qui sont en train de crever et ils n'attendent qu' une seule chose un appel à une action totale, la CGT est le seul syndicat qui peut le faire, et nous sommes des CGT'istes de base certes mais CGT'istes, il va falloir se bouger un peu, car la crise actuelle doit avoir en réponse une mobilisation de tous au même moment, ne pas agir serait un crime contre le monde du travail!!!!

La CGT Goodyear représente plus de 85% des salariés du site d'Amiens, nous travaillons chaque jour à faire en sorte d'améliorer le quotidien des salariés de notre site, mais le problème c'est qu'à l'heure actuelle, il y a dans des centaines d'entreprises en France des mecs qui luttent, qui se battent, qui crèvent, et ils n'attendent qu'une seule chose, qu'un appel puisse nous unir tous dans ce combat, car sans le TOUS ENSEMBLE le patronat et le gouvernement ont encore de beaux jours devant eux!!!
De plus en plus des militants CGT se font passer à tabac, ou alors vont en garde à vu, les patrons et le gouvernement criminalisent la lutte sociale, il va falloir quand même que vous réagissiez la haut, c'est écoeurant de voir des syndicalistes en correctionnel parce qu'ils ont défendu leurs collègues et dans le même temps des patrons qui se tirent après avoir mis en faillite les boîtes avec des parachutes de plusieurs millions d'€uros, la CGT doit faire condamner avec la plus grande fermeté les agissements d'une bande de voyous!!!

La CGT celle pour laquelle nous sommes devenus militants, est un syndicat qui répond aux besoins des salariés, qui écoute la base, les syndiqués, les militants mais aussi tous ceux qui souffrent des injustices et là, nous ne comprenons pas, ou vous êtes dans un bureau trop hermétique aux appels de ceux qui crèvent ou alors il y autre chose, mais en tout cas, nous ne pouvons plus accepter que des gars luttent seuls dans leur coin alors qu'il faut un mouvement d'ampleur!!!

Nous sommes allé rejoindre nos collègues de CONTI (d'ailleurs, vous n'en avez jamais fait état même lors de vos passages à canal+ ou ailleurs...) et là bas nous avons vu des petits gars d'une boîte qui s'appelle LEAR nous expliquer avec leurs tripes qu'ils luttent depuis des semaines contre un géant appelé PEUGEOT et que le seul message du gouvernement a été d'envoyer des CRS leur démonter la " gueule " !!!!

PEUGEOT qui a reçu 3.5 milliards de l'état c'est-à-dire des impôts des contribuables et qui fait fermer tous les sous-traitants Français, nous avons face à nous des VOYOUS qui n'ont aucune limite et aucun scrupule!!!!

A chaque fois que nous allons sur un piquet de grève, nous entendons la même chose....

" Ils font quoi la haut à la CGT?????"

Nous dirons ils font quoi, ils attendent quoi????

Nous n'avons jamais connu une telle régression sociale dans notre pays et tous le monde est touché, actifs du privé et du public, retraités, nous sommes dans un pays ou des retraités pour se nourrir vont faire les poubelles après avoir travaillé 40 ans aux pièces pour des patrons qui eux à 50 ans sont en retraite sur des yachts coûtants des millions d‘€uros!!
Cela n'est plus possible, il va falloir que la confédération CGT bouge, nous sommes tous en train de crever dans nos coins, alors que tous ensemble nous aurions déjà gagné!!!!

Des Goodyear, des CONTI il y en a partout, et partout les appels se multiplient pour que la CGT appelle à un mouvement nationale de grève reconductible, il n'y a que comme ça que le gouvernement arrêtera de nous prendre pour des cons!!!

Nous sommes des CGT fiers de l'être et nous voulons continuer à l'être, votre poste de secrétaire général de la CGT vous oblige à nous écouter nous les militants de la base, la CGT est un syndicat démocratique avec des valeurs dont une est la plus forte, celle d'être aux cotés de ceux qui luttent et pour le moment ceux qui luttent se sentent bien seuls!!!
Nous n'avons d'ailleurs pas participé à la journée d'action du 13 JUIN 2009, cette journée d'action démontre que vous êtes en déphasage totale avec les revendications de la base, qui peut croire un seul instant que manifester main dans la main un samedi va faire bouger le gouvernement????

Il faut arrêter cette mesquinerie, en 1936 les salariés ont obtenu des avancées sociales énormes, mais ils les ont obtenues en luttant TOUS au même moment et pendant un long moment, en ce moment les salariés luttent pour ne pas perde des acquis ou alors leurs emplois, nous ne nous battons même pas pour obtenir de nouveaux droits mais tout simplement pour essayer de vivre!!!

Le gouvernement revient à la charge, allongement de la durée de cotisation, trou de la sécu qui d'ailleurs et du au fait que les patrons ne payent pas leurs cotisations, bref, l'annonce est clair, ils ont déclaré la guerre au monde du travail!!!

Vous attendez quoi, vous faites encore le bilan, que va-t-il falloir pour la CGT revienne à ses origines, c'est-à-dire un syndicat qui s'oppose à ceux qui veulent détruire le monde du travail????

La CGT Goodyear vous écris au nom de milliers de salariés qui comme nous vous demande de nous entendre, ce n'est pas un devoir, c'est tout simplement vital!!!!

Espérant que notre lettre ne finira pas dans une poubelle et qu'elle aura attiré votre attention, nous vous disons à bientôt a vos cotés dans les rues avec tous ceux qui veulent que le monde change dès demain !!!!! "


Le syndicat CGT Goodyear


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Communiqué du NPA

" l'union syndicale de la CGT Paris a organisé le mercredi 24 juin - de surcroît avec des méthodes brutales - l'évacuation de sans-papiers qui occupaient la bourse du travail de Paris.

Au moment où l'expulseur de sans-papiers Brice Hortefeux arrive au Ministère de l'Intérieur, cette décision de la CGT n'est pas acceptable.
Depuis un an, suite à la décision de sans-papiers d'occuper la bourse du travail, un débat existait sur l'opportunité et le bien-fondé d'une telle occupation. Dans l'ensemble, les militants du NPA considérant qu'une telle occupation, qui entravait le fonctionnement du mouvement syndical, ne pouvait pas leur permettre de construire un rapport de force avec le gouvernement et la préfecture afin d'obtenir leur régularisation. Si le NPA n'a pas soutenu cette occupation, en aucun cas le problème ne pouvait être résolu de la sorte.

Le conflit qui opposait la CGT à la Coordination des Sans-papiers de Paris n'a fait qu'affaiblir le mouvement unitaire nécessaire à la construction d'un rapport de force face au gouvernement et au patronat qui sont les vrais responsables de la situation désastreuse dans laquelle se trouvent les sans-papiers.

Il est urgent aujourd'hui de reconstruire l'unité des organisations antiracistes, de défense des droits de l'homme et des immigrés, associatives, syndicales et politiques et de cibler les véritables responsables, l'adversaire commun : le gouvernement Fillon et sa politique anti-immigrés.

Le NPA appelle l'ensemble des organisations soutenant la cause des sans-papiers à se réunir pour trouver enfin une issue positive à ce conflit et à continuer ensemble la lutte pour la régularisation de tous les sans-papiers. "

Beaucoup d'interrogations à la lumière de ce communiqué ;

1- l'union syndicale de la CGT Paris a organisé le mercredi 24 juin - de surcroît avec des méthodes brutales- l'évacuation de sans-papiers qui occupaient la bourse du travail de Paris " écrivent nos camarades. l'union syndicale n'a rien organisé du tout. Elle a chargé, matraqué et gazé des sans-papiers et les a jetés dehors. Pourquoi donc ne pas écrire ce qui s'est passé ? A en croire l'auteur de ces lignes, la CGT Paris a organisé une évacuation dont le tort est ce " surcroît " de " méthodes brutales " Est-ce à dire que s'il n'y avait pas eu ces méthodes, on aurait accepté ? Autrement dit, on cherchera vainement dans notre communiqué une condamnation ferme et définitive de l'agression contre les immigrés de la Bourse du Travail.


2-" Si le NPA n'a pas soutenu cette occupation, en aucun cas le problème ne pouvait être résolu de la sorte. " Le NPA n'a pas soutenu cette occupation ? Première nouvelle. Où est le communiqué de notre direction nationale ou même de notre commission immigration déclarant ne pas soutenir cette occupation ? A moins qu'elle ait été publiée dans la plus stricte confidentialité et non communiquée aux militants, à commencer par ceux de Paris Centre qui sont aux premières loges, il n'y a pas de trace à notre connaissance d'une telle prise de position officielle. Certes, il y a eu débat et plusieurs rencontres entre des membres de la direction nationale également membres de notre commission immigration et les militants de Paris Centre. A chaque fois, ces derniers se sont opposés à la ligne que les camarades membres de la direction voulaient nous faire adopter, et à chaque fois, ces derniers ont été minoritaires. Les Comités NPA Paris Centre ont continué à prendre fait et cause pour le CSP 75 et à se rendre à la Bouse du travail. Ce faisant, nous avons eu conscience de défendre non seulement les sans-papiers et de chercher à les protéger mais à ce titre aussi à défendre nos principes fondateurs à commencer par ceux-ci, que nous avons voté d'un même élan :

" ...Nous voulons que le NPA fasse vivre le meilleur de l'héritage de celles et ceux qui ont affronté le système depuis deux siècles, celui de la lutte des classes, des traditions socialistes, communistes, libertaires, révolutionnaires.... " Nous voulons aussi :" Un parti qui hérite des luttes démocratiques et antifascistes. Un parti qui garde la mémoire des combats contre les dérives autoritaires et bureaucratiques qui ont terni les espoirs émancipateurs " Rappelons aussi :

" Nous utilisons, défendons et faisons vivre les droits démocratiques pour mener le combat politique. Il n'est pas possible de mettre l'État et les institutions actuelles au service d'une transformation politique et sociale. Ces organismes, rodés à la défense des intérêts de la bourgeoisie, doivent être renversés pour fonder de nouvelles institutions au service et sous le contrôle des travailleurs et de la population. La violence du capitalisme, c'est aussi la justice de classe, la violence policière. De la révolte des banlieues à la répression des manifestations de jeunes ou de travailleurs, en passant par la criminalisation des enfants de sans-papiers et de tous ceux qui luttent contre le système, partout police et justice défendent cette société d'oppression. " Poursuivons :

" Le socialisme n'a évidemment rien à voir avec les politiques capitalistes des formations social-libérales telles que, en France, le parti dit " socialiste ". De même, il s'oppose radicalement aux dictatures bureaucratiques qui, de l'ex-URSS à la Chine, en ont usurpé le nom, alors même qu'elles reproduisaient des mécanismes d'exploitation et d'oppression qu'elles prétendaient combattre et favorisaient les pires travers productivistes. Nous voulons avancer vers l'auto-organisation et l'autogestion démocratiques de la société, et cela implique les plus larges libertés d'organisation et d'expression politiques, syndicales et associatives. Les libertés démocratiques qui ont pu être conquises sous le régime capitaliste seront consolidées et développées. Le socialisme, c'est bien le règne de la démocratie la plus réelle et la plus étendue... " Et, quant à la lutte contre les discriminations, nous avons voté ensemble quelque chose qui nous apparaît si évident et qui fait l'honneur du NPA :

" Se débarrasser du racisme suppose que les mobilisations et les mesures radicales contre toutes les formes de racisme, de xénophobie et les discriminations qui en découlent soient à la hauteur du poison distillé au sein de la société. Égalité des droits entre français et immigrés, dont le droit de vote, liberté de circulation et d'installation et régularisation de tous les sans-papiers. " Le service d'ordre de la direction de l'UD CGT 75 est bien aux antipodes de ces principes et nous devons donc le dénoncer sans faillir et mettre les responsables de ces actes racistes et pro-Sarkozy au ban du mouvement ouvrier. C'est ainsi que nous serons capables de nous construire comme un parti de masse au service des exploités et des opprimés. Oublier cela, c'est nous condamner à végéter.

Le NPA doit exiger haut et clair :

-la condamnation catégorique des agresseurs et de leurs commanditaires par la direction de la confédération CGT, y compris leur exclusion car ils sont indignes du mouvement ouvrier

-l'unité immédiate pour protéger les sans-papiers encerclés par la police de Sarkozy et leur trouver un lieu d'hébergement dans l'attente de leur régularisation à tous sans conditions !


Wladimir, Isabelle, Pierre-Yves, Bobby, Dimitri, militants du NPA Paris-Centre



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Annexes




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Annexe n°1


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Comment la CGT a organisé l'expulsion des sans-papiers

Par Mathieu Magnaudeix


Les dizaines de sans-papiers (entre 100 et 200) qui occupaient depuis quatorze mois la Bourse du travail, dans le troisième arrondissement de Paris, sont désormais sur le trottoir. Mercredi à midi, ils ont été délogés manu militari par un commando d'une cinquantaine de militants CGT. Une opération musclée, à coups de matraques et de gaz lacrymogènes, qui a suscité de nombreuses réprobations. Les élus Verts de Paris évoquent une "violence injustifiable", le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) des "méthodes brutales" . Comment en est-on arrivé là? Comment et par qui cette opération élaborée en secret a-t-elle été organisée? La direction de la CGT, qui se targue d'avoir contribué depuis avril 2008 à plus de 2.000 régularisations de sans-papiers, était- elle au courant de cette action?
COMMENT EN EST-ON ARRIVÉ LÀ ?

Plusieurs dizaines de familles, maliennes dans leur grande majorité, occupaient la Bourse du travail, rue Charlot à Paris, depuis mai 2008. Leur intention de départ était d'exiger la régularisation de tous les sans-papiers, et pas seulement de quelques-uns sur des critères de travail (contrat notamment), ce que la CGT proposait. Depuis 14 mois, toutes les tentatives de dialogue et de média¬tion ont échoué. "Nous avons discuté pendant des mois avec eux, avec d'autres syndicats, avec des associations, explique Olivier Villeret, de la CGT-Paris. Nous étions prêts à travailler sur 330 dossiers de personnes qui avaient des fiches de paie et dont on pouvait penser qu'il aurait été possible de les régulariser. Nous avons proposé un lieu alternatif, qui leur permettrait de faire pression plus efficacement sur le patronat et le gouvernement. Mais la coordination des sans-papiers afermé le dialogue en di¬sant qu'ils ne quitteraient pas les lieux. Je n'arrive toujours pas à comprendre leur stratégie."

Appelé en janvier pour tenter une médiation, Sidibé Markan, président du Haut Conseil des Maliens de France, exprime sa "co¬lère". "Ces 14 mois d'occupation se soldent par un échec to¬tal. Je suis persuadé qu'une solution négociée restait possible." Markan accuse la CGT d'avoir interrompu le dialogue. "Je suis parti trois semaines au Mali, à mon retour personne à la CGT n'était plus joignable. Nous avons donc concentré nos efforts sur les familles." Selon lui, la CGT n'a fait qu'"exécuter la volonté générale de l'ensemble des syndicats". De toutes évidences, le mouvement des sans-papiers de la Bourse du travail était dans une impasse totale et très peu d'organisations syndicales ou d'as¬sociations s'en montraient solidaires sans réserves.

Interrogé par Mediapart, Richard Moyon du Réseau éducation sans frontières (RESF) affirme que les torts sont partagés. "LaCGT se devait de trouver une solution, mais il est vrai que lorsque nous avons proposé de prendre en charge les dossiers de certaines familles, la CSP 75 a refusé." En d'autres termes, la coordination voulait garder le contrôle du mouvement. Au risque de le saborder.

"l'opération a été décidée trois ou quatre jours avant"

COMMENT l'ACTION A-T-ELLE ÉTÉ ORGANISÉE?

Selon Patrick Picard, secrétaire général de l'Union départementale (UD) CGT de Paris, l'action a été décidée "avec l'ensemble du mouvement syndical" , c'est-à-dire tous les syndicats de la Bourse du travail. La réalité est un peu plus complexe. Le 5 février 2009, la commission administrative de la Bourse du travail, sorte de comité de direction où siègent dix-neuf syndicalistes (CFDT, CGT, FO, CFTC, CGC, Unsa, Solidaires), avait publié un communiqué exigeant que "l'outil "Bourse du Travail" [redevienne] disponible pour les salariés afin qu'ils puissent se défendre, avec leurs syndicats, contre tous les mauvais coups". A l'époque, ce communiqué avait été interprété comme une première sommation envers les occupants des lieux. Edgar Fisson, secrétaire général de la commission administrative de la Bourse du travail (et adhérent de la CGT), a interprété ce texte comme un "mandat" qui lui donnait toute latitude pour agir.

Sauf que la décision de faire intervenir une cinquantaine de membres du service d'ordre de la CGT n'a pas été prise au cours d'une réunion plénière. C'est bien la CGT qui a organisé l'opération, et les autres syndicats n'ont été avertis que peu de temps avant l'opération, par message électronique! Edgar Fisson, qui savait qu'une action était imminente, a envoyé mercredi matin un email aux membres de la CA. Il leur demandait d'approuver le communiqué qui allait être publié dans l'après-midi, après l'évacuation, et qui annonçait la "libération de la Bourse du Travail de Paris" . "Je leur ai demandé de m'appeler en cas de désaccords. Tous ont répondu qu'ils étaient d'accord, sauf Solidaires que je n 'ai pas eu en direct." Fisson a donc considéré qu'il s'agissait là d'un feu vert.

Ce jeudi, Solidaires estime au contraire dans un communiqué que l'instance de direction de la Bourse du travail n'a pas été dûment consultée.

Depuis combien de temps l'opération était-elle planifiée? Edgar Fisson refuse de répondre avec précision. Mais l'organisation a été minutieuse: "Ce type d'actions ne se décide pas en 24 heures. Nous avons étudié tous les problèmes, pour qu'il n 'y ait pas de blessé et que la dignité des gens soit respectée." "l'opération a été décidée trois ou quatre jours avant" , indique Patrick Picard, secrétaire général de l'UD-CGT de Paris, qui a tout supervisé.

En fait, le bureau de l'UD en parlait depuis une quinzaine de jours. Le mercredi n'avait pas été choisi par hasard: ce jour-là, les sans- papiers de la Bourse du travail manifestent rituellement pour réclamer leur régularisation. Une partie des occupants n'était donc pas dans les locaux à midi, quand l'opération commando a dé¬buté. "Nous avons attendu qu'il y ait le moins de monde possible" , explique Picard. Quand on lui demande si ces méthodes ne rap¬pellent pas celles d'une milice privée, un membre de la CGT fait une réponse surprenante : " Une milice privée est payée par les patrons. Là, ce sont des militants." La nuance est tout de même difficile à saisir...

QUI A APPELÉ LA POLICE ?

En évacuant la Bourse du travail, ce que le gouvernement récla¬mait depuis longtemps, la CGT a-t-elle joué les supplétifs de la police? Non, assure Patrick Picard de la CGT-Paris. "Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la police n'est jamais en¬trée dans la Bourse du travail, nous
oulions absolument éviter qu'elle y entre." Là encore, ce propos mérite de substantielles nuances. Car si, selon nos informations, la CGT n'a pas prévenu la police, et si la police n'a effectivement pas évacué les lieux, les forces de l'ordre ont tout de même été appelées à la rescousse.

A 13h30, alors que l'évacuation à la Bourse du travail bat son plein, Edgar Fisson envoie à Bertrand Delanoë, maire de Paris, une lettre (cliquer sur l'image pour la lire) demandant "l'inter¬vention des forces de police" pour "libérer" la grande salle de réunion du bâtiment, la salle Eugène-Henaff, où sont retranchés une trentaine de sans-papiers. "La cour était libre, les bâtiments étaient libres. J'ai pris une précaution pour protéger cette salle" , affirme Fisson. "Mais ce n'est pas ma lettre qui a déclenché l'arrivée des forces de l'ordre" , précise-t-il.

Les policiers auraient été alerté par le voisinage et des forces déjà sur place. Reste que la police a été informée quasiment dès le dé¬but de l'opération par la CGT. En tout cas, une fois que les sans- papiers retranchés dans le bâtiment ont commencé à se défendre en lançant des projectiles des fenêtres de la cour intérieure. A l'extérieur, quelques carreaux ont été cassés. "J'ai appelé la pré¬fecture de police, admet Patrick Picard. Je suis intervenu pour qu'il n 'y ait pas d'arrestations, aussi bien dans nos rangs que dans ceux des sans-papiers évacués." La CGT a donc bel et bien négocié la suite des événements avec la préfecture.
Un dirigeant de la CGT, catastrophé: "Il ne fallait pas le faire !" Y A-T-IL EU DES VIOLENCES ?

Mercredi matin, une quarantaine de "militants de la CGT" selon la terminologie officielle? En fait, des membres du service d'ordre, qui encadrent régulièrement les manifestations, arrivent à la Bourse du travail. Comme le montrent les photographies prises à l'intérieur de la Bourse du travail par Marc Torl, abonné de Mediapart présent à l'intérieur du bâtiment au moment de l'évacua¬tion et qui en a rendu compte sur son blog, les gros bras sont très équipés : des masques de chirurgien, des gaz lacrymogènes et des lunettes de piscine pour protéger leurs yeux, et des bâtons qui semblent être en bois.

La CGT nie officiellement que des lacrymogènes ont été utilisés, tout comme elle nie l'utilisation de matraques. Mais Marc Torl est formel, de même que de nombreux témoins sans papiers. Sissiko, un des porte-parole de la CSP 75, raconte: "J'étais dans la cour quand les gros bras de la CGT sont arrivés, j'ai été gazé, je suis tombé. Je me suis évanoui un quart d'heure, des femmes m'ont versé de l'eau." Interrogé jeudi soir, Edgar Fisson, le secrétaire général de la Bourse du travail, admettait finalement l'utilisation de bombes lacrymos et de bâtons.

La CGT s'enorgueillit que l'opération n'ait pas fait de blessés. Mais selon l'agence Reuters, une quinzaine de personnes ont été admises à l'hôpital. Selon Sissiko, il ne s'agit que de deux personnes , une femme ("elle avait pris un coup de matraque sur les genoux") et un enfant de trois ans, "victime de problèmes respiratoires à cause des gaz" . Toujours selon la même source, ils ont quitté l'hôpital ce jeudi en milieu d'après-midi. Mais de toute évidence, le scénario rose servi par la CGT depuis ces événements? "Nos militants ont reculé, attendu que les choses se calment et ont refoulé sans violence les sans-papiers (...) il n 'y a eu ni coup ni blessure", explique ainsi la responsable de la communication de la CGT-Paris?, est très enjolivé.

LA DIRECTION DE LA CGT ÉTAIT-ELLE AU COURANT ?

"Pour l'instant" , la direction de la CGT n'a pas prévu de réagir sur cette affaire. A la confédération, les proches de Bernard Thibault refusent de s'exprimer officiellement. Seule l'union départementale (UD) de Paris serait concernée, conformément aux statuts du syndicat qui indiquent que les syndicats locaux sont seuls responsables de leurs actions. Un des dirigeants de l'UD de Paris, Olivier Villeret, affirme pourtant à Mediapart que "si l'UD assume l'opération qu'elle a planifiée de A à Z, la confédération a évidemment été avisée en amont. Nous leur avons dit quelques jours avant, mais sans donner de détails ni de date." Olivier Ville¬ret refuse pourtant d'indiquer qui, et quand, a été prévenu. Malgré ces déclarations, la confédération persiste: "Nous n'avons pas été avisés."
Reste l'image déplorable laissée par cette intervention musclée d'un commando syndical au coeur de la Bourse du travail, lieu emblématique des luttes sociales. Sous couvert d'anonymat, un cadre dirigeant de la CGT se désole de l'issue de ces 14 mois d'occupation: "Nous avons toujours cherché à éviter une sortie comme ça. Je suis très étonné qu'on en soit arrivé là. l'image est bien sûr très mauvaise. Il ne fallait pas le faire."


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Annexe n°2

Union des syndicats CGT de Paris

85 rue Charlot 75140 PARIS cedex 03

Téléphone 01 40 29 14 40

Télécopie 01 48 87 89 97

Courriel : cgt.paris@wanadoo.fr

www.cgtparis.fr

CCP 27 46 74 P Paris



COMMUNIQUE DE PRESSE

OCCUPATION DE LA BOURSE DU TRAVAIL :

LA VOIE ETAIT SANS ISSUE


Les syndicats CGT de Paris ont contribué à mettre un terme à l'occupation de l'annexe Eugène Varlin, rue Charlot, de la Bourse du travail de Paris investie depuis le 2 mai 2008 par des travailleurs sans-papiers, sur l'initiative de la Coordination 75 des collectifs de sans-papiers.

Dès le début de cette occupation, les délégués de la Coordination des sans-papiers 75 ont interdit tout contact entre ces travailleurs sans-papiers et la CGT, ses militants et les autres syndicats.

Ces délégués ont cultivé l'idée que cette occupation de la Bourse du travail permettrait la régularisation des travailleurs sans-papiers isolés.
C'est volontairement qu'ils ont conduit dans une impasse ces travailleuses et ces travailleurs qui, comme d'autres, auraient pu faire le choix de s'organiser dans les syndicats pour mener des luttes collectives à l'entreprise.

C'est parce que nous ne pouvions laisser perdurer cette occupation stérile que le mouvement syndical parisien a décidé de sortir ces femmes et ces hommes de cette impasse, et ce, sans faire appel aux forces de l'ordre.

l'intransigeance des responsables de la Coordination 75 a été constatée à plusieurs reprises à l'occasion des nombreuses réunions qui, sur l'initiative de la CGT, ont rassemblé les Unions départementales CGT, CFDT, FO, FSU et Solidaires, les associations de soutien aux travailleurs immigrés (Ligue des droits de l'homme, Autre monde, GISTI, RESF, CIMADE ...) et la coordination 75 des sans-papiers.

Les syndicats et les associations ont réalisé des actes concrets :

- participation de la coordination 75 à la délégation qui a été reçue par le représentant du Préfet à l'occasion de la manifestation du 11 juin 2008 organisée par la CGT devant la Préfecture de police de Paris,

- par courrier en date du 23 juin 2008, à la demande de la coordination, les syndicats et les associations ont saisi le ministre de l'Immigration d'une demande de rencontre au sujet des travailleurs isolés en difficultés pour obtenir des contrats de travail de leurs employeurs (1300 dossiers ont été recensés),

- le 3 juillet 2008, à l'occasion d'une nouvelle manifestation à l'initiative de l'UD CGT de Paris, la Coordination a fait partie de notre délégation et date a été prise avec les représentants du Préfet de police de Paris pour la remise de leurs dossiers. Deux réunions à la Préfecture ont suivi, en présence et avec l'appui du secrétaire général de l'Union départementale CGT de Paris.

Ils ont formulé des propositions

- parrainage par les syndicats des dossiers relevant de la régularisation par le travail, y compris ceux des travailleurs individuels qui ne peuvent pas se mettre en grève,

- appui par les associations des dossiers des travailleurs non déclarés, sans contrat de travail ni bulletin de salaire,

- appui par le réseau RESF des dossiers des familles ayant des enfants scolarisés,

- étude de tous les dossiers par les associations et les syndicats, dans le cadre d'un travail en commun avec la Coordination des sans-papiers afin d'évaluer pour chacune des personnes concernées les chances objectives de régularisation afin de réduire au maximum les risques encourus et procéder à la construction collective des dossiers.

Toutes ces propositions, pourtant très constructives et d'ordre pratique, ont été refusées par la Coordination au motif qu'il s'agissait de " leurs dossiers ".

Qui peut comprendre une occupation motivée par un besoin d'aide et le refus de toute proposition ?

Plus fondamentalement, comment comprendre que la coordination 75 des sans-papiers porte préjudice au mouvement syndical, et en particulier à la CGT, tout en faisant soi-disant appel à

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