L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

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Les abstentions franchissent le mur du son

Publié le lundi 12 juin 2017

Leçon de choses

La Lettre de La Commune, nouvelle série, n°1 – lundi 12 juin 2017

Nous ne sommes plus du tout dans une situation politique « normale ». Nous sommes dans une situation de plus en plus mouvante. Ce premier tour le confirme avec plus de force encore. Le fait déterminant est celui dont les « faiseurs d’opinion » tacheront de parler le moins : les abstentions. Bien vite attribuées à « l’overdose électorale », à la lassitude sous un soleil de plomb, au fait que depuis 2002, les élections législatives se déroulent aussitôt après les présidentielles. L’abstention réduite à des « facteurs d’influence » divers et variés. Comme cela explique tout, cela n’explique rien.

Alors, plein feu sur le score de LREM avec tous les superlatifs possibles. La seule commentatrice télévisible qui se hasarde à parler autrement des 24 400 000 abstentionnistes autrement, Natacha Polony, nous enseigne que les abstentionnistes sont d’abord et avant tout des « objecteurs de conscience ». (France 2- 11 juin 2017 – 22 :18)

Un régime en hypothermie

Un graphique, ci-après, nous en apprend un peu plus :





En fait, il décrit la chute libre de la cinquième république, d’abord et avant tout. Et, là, nous passons sous la ligne fatidique des 50% de participation. Un régime en hypothermie, au moins. Mais, pas seulement : l’abstention ouvrière et populaire, amorcée en 1982, lorsque naît le sentiment de la trahison de l’Union de la gauche, s’est cristallisée et ne cesse de croître. C’est une grève du vote extrêmement massive puisque « personne ne nous représente ».

Après des semaines de « Macromania » médiatique allant jusqu’à comparer Macron à Jupiter en Une de magazines, LREM n’atteint pas les 30% des suffrages exprimés (28,2%) soit moins de 14% du corps électoral ! Et avec un tel résultat, LREM pourrait obtenir plus de 70% des députés.

France insoumise dans l’impasse

L’autre résultat qui appelle notre attention est celui de France insoumise. Vers 22h10, ce 11 juin, sur le plateau de France 2, Danielle Simmonet nous assure que FI a fait le double de voix du Front de gauche il y a 5 ans. Reprenons les chiffres

  • en 2012, le front de gauche obtenait 1793192 voix. En 2017, FI obtient 2497650. Nous sommes loin du double, et même en y ajoutant les 615543 voix du PCF (3113193 voix au total PC+ FI) il manquerait encore 400 000 voix au bas mot pour arriver au double (1793192 x 2 =3586384 voix).

En 2012, le front de gauche représentait 3,89% du corps électoral (inscrits). En 2017, FI, c’est : 5,25% des inscrits, pendant que Le PS s’effondre à 3,54% des inscrits.

Au-delà de ce rectificatif, il est pour le moins osé de comparer les résultats du Front de gauche de 2012 aux résultats FI pour au moins 3 raisons :

  • en 2012, le front de gauche avait pâtit de son soutien « critique » à François Hollande

  • en 2012, le candidat Mélenchon avait obtenu 11% des voix et non 19%

  • en 2012, le PS sortait d’une « cure » de 10 années « d’opposition » et avait pris des postures contre la réforme Sarkozy des retraites, il tendait alors à être « hégémonique » « à gauche »

Aux présidentielles, JLM avait obtenu 7 060 885 de voix soit 14,84 des inscrits. Cela signifie que d’une élection à l’autre, FI a perdu près des deux tiers de ses voix. Certes, la comparaison entre présidentielles et législatives a ses limites, mais la perte de 65% de voix en moins de deux mois est tout de même une indication importante quant à la « dynamique » Mélenchon-FI

A bien des égards, la campagne législative de FI est un échec patent qui sera compensé par quelques succès locaux. L’échec est patent ne serait- ce qu’au regard de l’effondrement du PS. Cet échec sera ressenti d’autant plus vivement que Mélenchon-Corbière ont fait miroiter, sans ciller, une majorité Insoumise à l’assemblée nationale par simple projection mécanique des résultats de la présidentielle.

Des secteurs de l’extrême gauche ou de la « gauche radicale » considèrent que les électeurs FI sont les travailleurs les plus « avancés » ou « les plus conscients ». Or, l’électorat FI est en réalité socialement composite. Pour notre part, nous considérons, quelle que soit la conscience qu’ils en ont, que les abstentionnistes ouvriers et populaires sont mus par un sûr instinct de classe et un sûr instinct démocratique.

Le front du refus s’affirme

A cette étape, nous continuons à penser, jusqu’à preuve du contraire que FI n’a pas d’avenir politique. Nous persistons à penser que FI est un « faux mouvement » même avec 500 000 soutiens qui cliquent sur internet et versent éventuellement un soutien financier ponctuel et donnent des coups de mains occasionnels. Ces adhérents et les 4 millions d’électeurs FI font partie du même front du refus que les millions d’abstentionnistes ouvriers, employés et pauvres.

Bien vite, la vraie vie va reprendre ses droits. Sur un point, nous tombons d’accord avec l’appréciation de Mélenchon : « Vous ne pouvez pas savoir quelle sera la mèche… Mais elle brûle déjà » . Pour des millions de femmes et d’hommes, de salariés, de jeunes la loi El Khomri doit être totalement abrogée et l’avant-projet d’ordonnance Macron n’est ni amendable, ni négociable : ni loi El Khomri 1, ni loi El Khomri 2. Code du travail : pas touche !



12 juin 2017





 

Annexe 1 : résultats officiels du Premier tour.



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