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Le 5 mai et ses suites : Refusons d'être le 9e élément du FdG !

Publié le jeudi 23 mai 2013
Le 5 mai et ses suites : Refusons d'être le 9e élément du FdG ! | Chronique hebdo, 21 mai 2013 " Nous partîmes cinq cents; mais par un prompt renfort, nous nous vîmes ...   cent quatre-vingt mille  en arrivant au port " (d'après Le Cid, acte IV, scène 3, Pierre Corneille). On nous dit, à propos du 5 mai que la " querelle des chiffres " n'a pas de sens. Pas d'accord. Ces chiffres et cette querelle ont un contenu politique. Les chiffres de la Préfecture de police (30 000) sont, paraît-il, une provocation de Valls. Sans doute, assurément. Mais 180 000, c'est une provocation de Mélenchon. Nous préférons les estimations des journalistes du " Monde " qui ont vu 45 000 personnes.

Encore un peu généreuses mais admettons, prenons-les pour plausibles. Le problème, c'est que Mélenchon avait parlé un peu vite, quelques jours auparavant, en s'exclamant : " à moins de 100 000, vous me mettez minable ". D'où une manif affectée d'un fort coefficient multiplicateur pour que Mélenchon ne perde pas la face. Alors, tant qu'à faire, autant y aller carrément, on annonce 180 000 !

D'ailleurs, le PG a procédé à un calcul " scientifique " publié sur son site :

" Quand il y a 4 personnes au m² sur la Bastille puis 3 au m² sur la totalité du parcours et 2 m² sur nation ça fait 182 895 (Bastille : 58000+rue de Lyon 13350 + av Daumesnil 30600 + Bld Diderot 45945 + nation (partie occupée par la manif)  35000 = 182 895 personnes. " CQFD !

 4 personnes au m² ! Aucun participant sérieux à cette manif ne peut corroborer une telle densité. Ni même 2 au m². Personne n'a assisté, ce 5 mai, à un tel entassement, digne du métro aux pires heures de pointes. Les images (photos et vidéos) de cette manifestation démentent à elles seules ce calcul inflationniste à l'extrême. Enfin, rappelons que le PCF revendique 130 000 adhérents et le parti de gauche 60 000.

On peut donc dire sans se tromper que le 5 mai a regroupé pour l'essentiel les adhérents, cotisants, sympathisants au sens large du FdG et de ses satellites, (GU, GA...) soit aux environs de 45 000. Démonstration de force du FdG, sans aucun doute. Il serait puéril de prétendre le contraire. Par contre, dire la réalité des chiffres, c'est dire la vérité politique : les " masses ", les vraies, ne sont pas venues ce 5 mai. Manifestation de masse au sens où des dizaines de milliers de salariés et de jeunes auraient afflué spontanément pour charger la manifestation d'un autre contenu, antigouvernemental et revendicatif, en aucun cas. Certes, les 45 000 présents avaient, eux, cette illusion.

Les " masses " n'étaient pas là...


Mais les " masses ", elles, étaient absentes et n'ont pas répondu à la convocation. Alors, il convient de rappeler ici que l'argument massue employé par les camarades de la X avec pour certains des trémolos dans la voix, pour appeler au 5 mai a été : " il faut y aller car les masses vont affluer " ! Eh bien non, double erreur d'appréciation : d'une part sur l'objectif politique de la manifestation, d'autre part sur le sûr instinct d'appréciation des " masses " qui ont déjoué le piège tendu.

Ce n'est donc ni un " triomphe ", ni même un succès. Le Front de gauche se devait d'occuper le terrain pour ériger un pare-feu à la colère des masses à travers une initiative étrangère aux besoins immédiats et aspirations des travailleurs et de la jeunesse, noyant les revendications concrètes dans des formules globales et protégeant le gouvernement sur sa gauche au moyens de suppliques pour une " autre politique ", " un changement de cap " et un replâtrage des institutions de la Vème république via un changement de numéro.

Pour reprendre la formule d'un camarade : "  "  faire le reproche à LO de ne pas avoir participé à la manif du 5 mai revient, pour le NPA, à se comporter comme la 9e composante " extérieure " du FdG " Est-ce cela que nous voulons ?

Le prolongement du 5 mai, c'est désormais les assises du 16 juin, convoquées par le PCF sur la même orientation visant à constituer un regroupement "  à la gauche de la gauche " (en quoi le PCF et Mélenchon sont-ils plus à gauche que le PS et Hollande, nous mettons au défi quiconque de nous le démontrer) pour faire " pression " sur ce gouvernement. Nous n'avons rien à faire dans cette galère. Oui, il faut cesser de tergiverser, de nous comporter comme la 9e composante du FdG. Il est temps de sortir notre politique indépendante, de défendre au grand jour notre plan d'urgence. Le premier acte immédiat doit être l'appel à l'unité dans la rue contre la réforme des retraites et le combat public y compris et surtout dans les syndicats : "  n'allez pas aux " négociations "  Et de préciser que nous sommes contre toute réforme d'ailleurs, car le PCF et la direction confédérale de la CGT ont commencé à parler d'une " nécessaire " bonne réforme, comme en 2005...

Jean Paul Cros (commission de médiation, 34, Y), Pedro Carrasquedo (CPN, 64, Y) Daniel Petri (75, Y) Wladimir Susanj (CPN, 75 Y)

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