L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

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 ( IV ème Internationale )
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LES ABEILLES DE PALESTINE – « Une révolution qu’ils ne peuvent mettre à genoux »

Publié le lundi 12 novembre 2018
La Lettre de La Commune, nouvelle série, n° 73 – mardi 13 novembre 2018

Une révolution qu'ils ne peuvent mettre à genoux ! Le titre d'un nouvel article sur « la Great return march » en Palestine ?
Non, c'est le titre d'un article écrit par Pedro Carrasquedo en juillet 2004, dans le cahier de la Commune n°4 – LA QUESTION PALESTINIENNE du XIXe siècle à nos jours.

LES ABEILLES DE PALESTINE – « Une révolution qu’ils ne peuvent mettre à genoux »
Contenu

image : traduction ""Solidarité avec l'enfant de l'Intifada" 

Merci à Pedro Carrasquedo (1951- 2015)

Repères chronologiques (1919 – 1993)

Le Hamas

L’autorité palestinienne (AP)

Frères ennemis

Une répression atroce

La révolution permanente en Palestine

Retour sur la Guerre des 6 jours (1967)

Un conflit israélo-palestinien ? Non : une guerre coloniale !

La résistance d’un peuple sur sa propre terre

Les accords d’Oslo (1993) sur le dos du peuple

La bantoustane de Palestine

Deux gouvernements palestiniens

Le chantage US à l’asphyxie

La troisième intifada

Merci à Pedro Carrasquedo (1951- 2015)

Le 27octobre 2018, désireuse de faire un peu le point sur la politique palestinienne, complexe et si délicate à ce jour, j'étudie le document en question pour m'aider à étoffer l'ébauche d'écriture que j'ai commencé il y a peu.

Un break, un café à 8h30, je survole les nouvelles sur FB, J'y lis dans une publication amie et fraternelle, un hommage émouvant à Pedro Carrasquedo :

« 3ème anniversaire de la disparition de Pedro, infatigable militant de la IVe internationale, fondateur de la Commune/ Companero Pedro, presente !/Hasta Siempre, el socialismo ! »

La coïncidence me frappe et j'y vois le chemin à suivre pour introduire l'article que j'ai commencé, très modestement, à écrire, en m'appuyant sur les analyses de Pedro. Il me semblait juste à mon tour, bien que ne l'ayant pas connu, de rendre hommage à celui qui me permet d'étayer mes recherches et qui guide un peu ma main, ce jour précis de l'anniversaire de son décès.

J'écris donc les mots de sa conclusion sur la Révolte du peuple palestinien (en 2004) qui fait étrangement écho à la situation palestinienne actuelle, depuis le 30 mars. Une Révolution que l'on pourrait qualifier de « nouvelle intifada », en tout cas une Révolution qui fait suite à beaucoup d'autres pour ce peuple courageux qui n'acceptera jamais la soumission, qui ne s'est jamais mis à genoux devant l'entité colonisatrice, malgré le sang et les larmes versées. Un exemple pour les masses opprimées du monde entier !

« […] Quel que soient les coups portés et les souffrances terribles d'un peuple meurtri dans sa chair depuis tant d'années, il est aussi une évidence : la Révolution palestinienne est toujours debout et poursuit son chemin.

Ce fait indéniable déroute l'impérialisme et son gendarme régional, l’État d’Israël, qui ne parviennent et ne parviendront pas à mettre ce peuple à genoux.

Cette résistance farouche, non seulement désoriente l'impérialisme, mais bien plus, le glace d'effroi, car la Révolution palestinienne est devenue depuis plus de 30 ans, une référence et un point d'appui pour les masse opprimées et les classes ouvrières, non seulement du Moyen-Orient, mais du monde entier. C'est bien pourquoi, les militants ouvriers ou simplement les démocrates, se doivent d'être inconditionnellement du côté du peuple palestinien et de sa Révolution qui est la nôtre.

La réédition de notre ouvrage était indispensable, Nous souhaitons modestement, qu'il serve d'outil pour la réflexion et pour l'action des militants anti-impérialistes.

Vive le peuple palestinien ! »

Pedro Carrasquedo – (juillet 2004)

Merci à lui et à cet « outil » qui va guider ma main et mon analyse sur la situation actuelle, en Palestine et à Gaza en particulier.

Preuve s'il en était encore besoin, qu'une personnalité passionnée et engagée, telle que celle de Pedro Carrasquedo, ne disparaît jamais totalement...

Repères chronologiques (1919 – 1993)

Pour bien comprendre rappelons quelques faits et dates ( Marc Mennecier – cahier de la commune n°4) :

1919 : après les promesses non tenues des Britanniques de favoriser l’émancipation des peuples arabes en suscitant leur révolte contre le joug ottoman, attitude qui va culminer avec la déclaration Balfour*. On voit le cheikh de la Mecque et roi du Hedjaz, Hussein, et son fils l’émir Fayçal, traiter directement avec les chefs sionistes dans le but de se partager les territoires libérés.

(*Que dit cette déclaration Balfour - extrait)

« Le gouvernement de Sa Majesté envisage avec faveur l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et fera tout son possible pour faciliter la réalisation de cet objectif. »

Dès la publication de cette déclaration, l’OSM, avec son président Chaïm Weizmann, crée ce qui deviendra l’Agence juive, chargée d’organiser l’immigration, et jette les bases d’une administration autonome : assemblées élues, conseil national, organisations militaires et paramilitaires (Haganah, Irgoun, groupe Stern), partis (Mapaï, Mapam...) et syndicat (Histadrout). Très vite. Ben Gourion intègre une légion juive dans l’armée britannique.

1922 : l’autre fils de Hussein, Abdallah, placé par les Anglais sur le trône de Transjordanie, propose à Chaïm Weizmann, chef de l’OSM, de soutenir l’épanouissement du « foyer national juif » en échange d’une fédération sous son égide des deux rives du Jourdain.

La coopération d’Abdallah, père du roi Hussein actuel, ne cessera plus.

1936 : c’est ainsi que sera cassée la grande grève de 1936 par le roi Abdallah, son frère Fayçal, roi d’Irak (tous deux imposés par les Anglais aux masses arabes) et Ibn Séoud, le souverain wahhabite).

Tous supplient les « fils [palestiniens] de faire confiance aux bonnes intentions de notre amie la Grande Bretagne, qui a déclaré qu’elle rendrait justice » .

Et l’on voit alors le Mufti de Jérusalem et son clan coopérer directement avec les Anglais dans la répression anti-arabe.

1946 : le roi Abdallah à ses tuteurs britanniques : « La partition accompagnée d’un échange de population est la seule solution praticable du problème palestinien. »

1947 : quelques jours avant le vote de l’ONU sur la partition, le roi Abdallah donne son accord à l’Agence juive, représentée par Golda Meir, pour « une partition qui ne t’humilierait pas aux yeux du monde arabe ».

1947-1949 : en 1949, abandonnant Lydda et Ramleh, qui verrouillent la route de Jérusalem à Tel Aviv, aux forces de Tsahal, menées par Itzhak Rabin, le roi Abdallah en sera récompensé par l’octroi de la Cisjordanie.

1970 : le plan Rogers de « cessez-le- feu » entre Israël et l’Egypte, sur le dos de la résistance palestinienne, accepté par Nasser et le roi Hussein, va aboutir aux massacres du « septembre noir » de Jordanie.

A partir de ce jour la résistance sera systématiquement traquée.

Ainsi la guerre de 1973 de récupération de territoires égyptiens (Sinaï) et syriens (Golan) visera une négociation de paix globale avec Israël, concrétisée par les accords de Camp David de 1978.

Rappelons que la création de l’État d’Israël voit l’extension de son territoire considérablement augmentée, beaucoup plus que ne le prévoyait le plan de partage.

De plus, le royaume hachémite annexe la Cisjordanie.

Seul reste aux Palestiniens le territoire de Gaza, sous autorité égyptienne.

Aussi, les années 1950 voient-elles émerger les deux grandes organisations de résistance palestinienne, en liaison avec des partis politiques nouveaux dans les pays arabes, partis essentiellement nationalistes, que sont le MNA (1951), le parti Baath et les Nassériens, ce sont :

Le FATAH (Conquête en Arabe)

Avec le MLP (ou Mouvement de libération de la Palestine) de Yasser Arafat.

Le FPLP de Georges Habache, issu du MNA (mouvement nationaliste Arabe)

*1960 : création de l’ALP (Armée de libération de la Palestine) par le général Kassem pour contrer l’influence de Nasser.

*1964 : création de l’OLP, suscitée par les États de la Ligue arabe pour domestiquer le Fatah et le FPLP, financée par ces États et de fait sous le contrôle de Nasser.

Mise en place du Conseil national palestinien (CNP) et publication de la Charte de l’OLP.

En novembre 1967, le Fatah rejette la résolution n°242 de l'ONU et propose un État palestinien « laïque et démocratique » au sein duquel, musulmans, juifs et chrétiens jouiraient de droits égaux....On croit rêver, aujourd'hui !

Plus tard, Yasser Arafat a fait du Fatah le principal interlocuteur d’Israël.

En 1993 , l'Autorité palestinienne fut construite à partir de l'organigramme du Fatah. Sa présidence lui fut confiée jusqu'à sa mort en 2004.

Le Fatah administre aujourd'hui les territoires palestiniens (à l'exception de Gaza)

Depuis la mort de Yasser Arafat à aujourd'hui, le Fatah est présidé par Mahmoud Abbas.

Le Hamas

Le HAMAS (Zèle en Arabe)

Apparu en 1988, issu des Frères musulmans et né des compromissions de l’OLP, à qui il dispute la direction unifiée de l’Intifada. D’abord implanté à Gaza, son audience grandissante, largement favorisée par Israël pour faire pièce à l’OLP et justifier son mythe sécuritaire, a gagné tous les territoires occupés 1.

Appels à la grève, coups de main, travail de propagande sont ses moyens d’action.

Il rejette les accords d'Oslo. Son idéologie et organisation s'appuient essentiellement sur des principes religieux.

Le Hamas administre la bande de Gaza dont la frontière avec l’Égypte est fermée depuis la destitution de Mohamed Morsi.

L’autorité palestinienne (AP)

La bande de Gaza perdue par l’Égypte au profit d’Israël après la guerre des six jours, puis placée après les accords d'Oslo sous l'administration intérimaire de de l'Autorité palestinienne.

Le gouvernement Israélien a progressivement procédé au retrait de son armée en 2005, sur le terrain, et au déplacement de la population juive. L'AP (autorité palestinienne) est mise à mal depuis la victoire électorale du HAMAS en 2006, puis la violente prise du pouvoir de ce même mouvement qui y exerce le pouvoir effectif depuis juin 2007.

Depuis la bande de Gaza est isolée par un blocus israélo-égyptien, et, est le théâtre d'affrontements fréquents et violents avec Israël.

Le dernier en date est celui de la « grande marche du retour » terrestre et maritime, qui a fait plusieurs centaines de morts et de nombreux blessés, dont certains ne retrouveront pas leur entière autonomie.

Frères ennemis

Les deux organisations sont frères ennemis, d'autant que le Hamas, au début entretien des relations très ambiguës avec Israël, Tel-Aviv soutien le groupe pour affaiblir l'OLP. Les deux adversaires ont toujours gardés des contacts. Ils signent un document « d'entente nationale » reconnaissant implicitement l'existence d’Israël.

L'enfermement de la population, la dégradation des conditions sanitaires et économiques, les conflits répétés avec l'entité colonisatrice, font que le Fatah et le Hamas acceptent de signer un accord de réconciliation, fin 2017.

C'est la seule organisation qui détient une branche armée militaire : ‎ les brigades Izz al-Din al-qassam

(Source https://leseditionsdeschavonnes.com/2014/11/07/2014-11-quelle-est-la-difference-entre-le-hamas-et-le-fatah/ )

Une répression atroce

« Le 22 novembre 1967, la résolution 242 de l’ONU, votée à l’unanimité du Conseil de sécurité, mentionne pour la forme l’exigence du retrait des territoires occupés par Israël, sans même préciser lesquels, après la guerre « des six jours », mais ne fait nulle part mention du peuple palestinien, assimilé à un simple problème de réfugiés. C’est la reconnaissance explicite du « Grand Israël ».

Sur une population palestinienne de 2 millions d’habitants, 13 000 Palestiniens sont actuellement emprisonnés et plus de 300 000 d’entre eux sont passés à un moment ou un autre dans les geôles sionistes. Voilà pour la véritable dimension de la répression.

Les conditions atroces de détention sont également une indication de l’acharnement sanguinaire de l’État d’Israël contre toute la population palestinienne. Il s’agit ni plus ni moins d’une entreprise d’extermination programmée depuis 1947 par les différents impérialismes, sans oublier l’impérialisme français.

L’idéologie réactionnaire du « Grand Israël », rêvé par Begin et Jabotinsky, n’est que la justification idéologique du bras armé de l’impérialisme que représente l’État d’Israël dans cette région du monde.

La révolution permanente en Palestine

Mais la résistance du peuple palestinien depuis 1947, certes jalonnée de défaites, de reculs, de trahisons, de déceptions et de moments de désespoir, ne s’est jamais arrêtée.

En dépit de tous les coups portés contre elle par l’impérialisme, la bureaucratie du Kremlin, les États réactionnaires arabes, l’État d’Israël et la propre direction de l’OLP, la révolution permanente palestinienne a trouvé à chaque fois de nouvelles ressources.

L’Intifada, engagée il y a maintenant plus de cinq ans (9 décembre 1987), a marqué un changement qualitatif de cette résistance, démontrant au monde entier que ce peuple n’entend pas se laisser réduire à néant, et balayant par là-même tous les calculs.

L’Intifada, expression aiguë de la révolution palestinienne, a d’ores et déjà infligé une défaite au sionisme. L’impérialisme US ne s’y est pas trompé, qui considère dorénavant que l’État d’Israël n’est plus en mesure par lui- même d’assurer le rôle qui lui était assigné de gendarme de la région, de pierre angulaire de l’édifice contre-révolutionnaire au Moyen-Orient...]

( Marc Mennecier, avril 1993 – Cahier de la Commune n° 4)

Pour comprendre la demande de retrait d’Israël de certains territoires occupés, il faut revenir brièvement sur la guerre des six jours qui influence encore de nos jours la géopolitique de toute cette région proche-orientale, et de la Palestine occupée, surtout.

Retour sur la Guerre des 6 jours (1967)

1948 , l'installation d’Israël dans ses frontières n'a jamais vraiment été acceptée par ses voisins (Égypte, Jordanie, Syrie, l'Irak, Liban)

La guerre de 56 est passée par là qui a vu Israël prendre une première fois le Sinaï, alors que les français et les anglais étaient engagés dans une guerre contre Nasser pour le canal de Suez. Les tensions sont fortes. La Syrie a un grave accrochage avec Israël qu'elle accuse de pomper l'eau du Jourdain.

Le 7 avril 1967 six avions syriens sont abattus par l'aviation israélienne.

Le 17 mai 1967 , Nasser demande le retrait des troupes de l'ONU du Sinaï et décide quelques jours plus tard de bloquer le détroit de Tiran* aux navires Israéliens. Une alliance militaire est signée entre l’Égypte, la Syrie, l’Irak et la Jordanie.




(* le détroit de Tiran sépare la mer rouge du Golfe d'Aqaba et donne accès au port israélien d'Eilat)

Le 5 juin 1967, à 7h45 l'aviation israélienne survole la méditerranée à très basse altitude (pour ne pas être repérée par les radars) et détruit des centaines d'avions égyptien, syrien, jordanien, encore au sol. La guerre est quasiment gagnée avant d'avoir commencé. L’Égypte a perdu quasi 10 000 hommes et les israéliens arrivent au canal de Suez.

Ces derniers avaient prévenu qu'ils considéraient le blocus du détroit de Tiran comme « casus belli » (cause ou occasion de guerre)

En moins d'une semaine les armées syriennes, jordaniennes, égyptiennes étaient défaites. L’État Hébreu tripla son emprise territoriale :

  • L’Égypte perd la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï.

  • La Syrie est amputée du plateau du Golan.

  • La Jordanie perd la Cisjordanie et Jérusalem Est. Jérusalem qui était divisée entre Israël et la Jordanie depuis 1949 passe entièrement sous contrôle israélien.

A l'issue de la guerre des six jours , le conseil de sécurité des Nations Unies adopte la résolution 242 (1967) pour le retrait immédiat de l'occupation militaire. Cette résolution a été régulièrement évoquée dans les négociations de paix au Proche-Orient, elle reste toujours et encore inappliquée (source wikipédia)

Après le vote de cette résolution 242, Israël se retire de certains territoires annexés (la bande de Gaza et le Sinaï). D'autres restent annexés par l’État d’Israël (le plateau du Golan et Jérusalem Est) une partie de la Cisjordanie est toujours occupée.

(Source : Géopolitis. france.info. La guerre des six jours 1967)

Un conflit israélo-palestinien ? Non : une guerre coloniale !

Le conflit israélo-palestinien n'existe pas, c'est une guerre coloniale voulue dès le départ par les sionistes, dont le père fondateur est Théodore Herzl, journaliste hongrois libéral (1840-1906).

L’idéologie sioniste, petite-bourgeoise et réactionnaire dès le départ, repose sur plusieurs notions fondamentales. L'une d'elle est capitale et prouve la nature coloniale de l'entité sioniste sur la terre palestinienne.

Contrairement aux autres mouvements colonialistes, le sionisme avait pour objectif non pas d’exploiter le peuple palestinien, mais de le chasser et de lui substituer une force de travail entièrement composée de colons juifs (c'est une colonisation de repeuplement). C’est ce qu’exposait un théoricien du mouvement sioniste ouvrier, Aaron Gordon, qui voulait que « chaque arbre et chaque buisson soient plantés par un pionnier juif » .

Pour faire passer cet objectif, les premiers sionistes utilisèrent le mythe : « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre. »

Cela permettait de nier l’identité du peuple palestinien et son existence comme nation. « Le travail juif sur des terres juives », disaient les premiers colons des kibboutz. Pourtant, la Palestine où arrivèrent les premiers colons était constituée d’un millier de villages (dont certains très anciens, comme Jéricho et Bethléem, furent parmi les premières colonies de peuplement du monde, il y a 7000 ans. au moment de la grande révolution agricole), de vergers, d’oliviers ; les céréales s’exportaient dans le monde entier (on peut se référer à nos écrivains voyageurs que furent Lamartine, Nerval, Flaubert).

Il y avait 20000 Juifs sur cette terre, parfaitement intégrés et acceptés. L’antisémitisme n’a jamais existé chez les Arabes.

(Source : cahier n°4 de la commune – juillet 2004)

C'est une guerre impérialiste déclenchée par une population allochtone, le plus souvent issue d'Europe, et, qui va exercer sa domination sur une population autochtone, multiconfessionnelle, qu'elle va considérer dès le départ comme inférieure et qu'elle s'ingéniera à chasser (et à massacrer) pour s'approprier sa terre, ses biens, son patrimoine historique. Et ce avec la légitimation et le soutien indéfectible des pays occidentaux.

La résistance d’un peuple sur sa propre terre

La grande inconnue pour l'entité colonisatrice était la résistance et le courage du peuple qu'elle voulait chasser et réduire au silence.

A travers l'histoire de la résistance et de la révolte du peuple palestinien et du récit des nombreux soulèvements de sa population. Preuve est faite que : « (...) Le but final est d’aboutir à une véritable "colonisation de peuplement". » préconisé par Jabotinski, (principal inspirateur politique de l'organisation combattante sioniste, l'Irgoun) ne va pas être si facile que ça à réaliser par les colons sionistes.

Les tentatives d'accord de paix entre les deux belligérants n'ont jamais pu aboutir, et pour cause le grand déséquilibre proposé entre les premiers occupants, spoliés, volés et massacrés. Et les seconds, les hordes de colons sionistes, dans leur toute puissance armée et « légitimée » (par le silence complice) d'une grande partie de la communauté internationale.

Les accords d’Oslo (1993) sur le dos du peuple

Les accords d'Oslo sensés apporter la paix au moyen Orient et la reconnaissance de deux États distincts :

« Le texte de la déclaration se base sur les résolutions 242 de 1967 et 338 de 1973 et prévoit la mise en place d’une Autorité palestinienne transitoire à Gaza et sur une partie de la Cisjordanie (dans une zone à définir dans la région de Jéricho) pour une période de cinq ans, puis de parvenir à une autonomie complète de la Cisjordanie. Yasser Arafat est placé à la tête de cette Autorité et des élections sont prévues afin d’élire un Conseil palestinien, avant le 13 juillet 1994, qui aura pour tâche de légiférer. L’armée israélienne doit quitter les territoires mentionnés avant le 13 avril 1994, même si elle continue à assurer la sécurité des frontières et celle des colonies juives. L’autonomie transitoire signifie également le transfert des « compétences civiles » (impôts directs, tourisme, éducation, culture, santé, protection sociale) aux Palestiniens, à Gaza et dans la région de Jéricho, à la suite du départ israélien, ainsi que la mise en place d’une police palestinienne . » (Source : les clés du Moyen Orient, accord d'Oslo, article du 09/03/2010)

La bantoustane de Palestine

Pour résumer cet accord prévoit surtout la reconnaissance de deux États distincts (le « two state »), le palestinien avec ses territoires et l’israélien avec les siens. Mais le redécoupage des terres est très inégal et injuste et n'est pas sans rappeler la création des « homelands » ou « bantoustans » pendant l'apartheid en Afrique du Sud. Les accords d'Oslo c'est un peu une partie de poker dont les cartes auraient été manipulées pour une grande triche en faveur (présumée) des colons sionistes.

Ce qu'il reste des territoires palestiniens depuis l'occupation sioniste, ressemble à des groupes d'îlots séparés par des bandes de terre (israéliennes) pour les isoler encore un peu plus. Faciliter leur enfermement par des clôtures de barbelés, comme à Gaza, ou par un mur en béton, comme celui qui se dresse actuellement, le mur de la honte qui défigure la belle Palestine d'une époque tristement révolue. Une solution perverse et calculée pour éviter « les mélanges » et les révoltes. Ou en tout cas mieux les contenir.

La solution « two state » proposée par les accords d'Oslo est la « bantoustane palestinienne »




La loi dite, de l’État nation du 19/07/2018, votée et inscrite dans la constitution israélienne, confirme et valide l'état d'apartheid de l'entité sioniste. Les similitudes avec celui de l'Afrique du Sud (de l'époque) sont troublantes.

Les conditions de vie des palestiniens en général et des gazaouis en particulier s'aggravent ces derniers mois. Ils souffrent de la situation liée à l'occupation par Israël, et plus encore depuis le vote de cette loi d'apartheid, qui a resserré un peu plus le grillage carcéral de la cage qu'est devenue Gaza. Mais aussi des divisions politiques inter palestiniennes et des conséquences économiques, sociales et psychologiques qui en découlent : chômage, absence de perspectives, enfermement, surveillance constantes de tous leurs faits et gestes, état de stress permanent...

Deux gouvernements palestiniens

Il y a deux gouvernements palestiniens :

Un à Gaza : le Hamas, dont le porte-parole est Fawzy Barhoum

Un à Ramallah : Mahmoud Abbas en est le Président.

La présidence de Mr Abbas est de plus en plus décriée, malversation, manipulations diverses par l'occupant. Politique vieillissante et sclérosée.

Le blocus qui dure depuis 12 ans et le refus de Mr Abbas de payer les factures d'électricité à Israël plonge la population gazaouie dans des difficultés énormes pour subvenir à ses besoins vitaux quotidiens.

L'eau ne peut plus être traitée correctement dans les stations d'épuration et provoque une surmortalité chez les enfants en bas âge, et des maladies graves par ingestion d'eau polluée par des matières fécales.

Le chantage US à l’asphyxie

On apprend que l'administration Trump réduit les paiements américains destinés à l'UNRWA 2, soit 350 millions de dollars.

Ce gel de l'aide américaine à la Cisjordanie et à Gaza survient dans une période de crise diplomatique entre les US et l'AP suite à la décision du transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem. (L’UNRWA créée en 1949 est une aide onusienne pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient.

Pratiquement tout le financement de l'UNRWA provient de contributions volontaires.

Depuis le gel de l'aide gouvernementale étasunienne, l'office fait face à un déficit financier qui affecte son aptitude à servir les réfugiés palestiniens.) (Source : wikipédia)

En juin 2018 , les États-Unis gèlent aussi leur aide financière à l'autorité palestinienne et ce dans l'attente d'une « révision administrative ». L'AP a toujours versé une aide aux familles de victimes, ainsi qu'aux familles des détenus. Hors en mai 2018, le congrès américain adopte la loi « Taylor Force Act » qui stipule que l'aide américaine qui profite directement à l'AP soit suspendue, à moins qu'elle remplisse ces 4 conditions :

1 – Fin du versement des salaires aux familles de prisonniers et de martyrs.

2 – l'abolition des lois autorisant ce genre de paiements.

3 – « des mesures concrètes » pour mettre fin à la résistance palestinienne.

4 – La condamnation publique de la résistance. 3

La troisième intifada

La spirale meurtrière en Palestine et à Gaza en particulier, depuis le début de la « grande marche du retour » que l'on peut qualifier de 3ème intifada, est une catastrophe humanitaire qu'il faut absolument dénoncer. La liste des victimes palestiniennes ne cesse de s'allonger de jour en jour.

A Gaza c'est un massacre bihebdomadaire pendant les manifestations pour rompre le blocus maritime et terrestre. Ce blocus qui dure depuis douze ans et qui contraint toute une population à rester enfermée dans une cage, dont l'espace vital se réduit d'année en année (2 millions de personnes sur une bande de 350 km²)

C'est un combat inégal entre une armée d'occupation lourdement armée et super entraînée, face à une population armée uniquement de lance-pierres et de ballons incendiaires. Les snipers de Tsahal bien installés sur leur colline, tirent à vue, et ça n'est pas difficile pour eux de voir leurs victimes, qui se trouvent à moins de 100 mètres des lunettes de visée de leurs armes de précisions.

Ça n'est pas un génocide, c'est à un nettoyage ethnique que l'on assiste tous, depuis plus de 7 mois. Toujours aucune reconnaissance des faits de la plupart des gouvernements de la communauté internationale, ni des pays frères.

Pour conclure je reprendrai les propositions de Marc Mennecier & Pedro Carrasquedo, dans le Cahier de la Commune n° 4, juste en les réactualisant un peu :

- Droit au retour sans condition pour tous les Palestiniens sur leur terre.

- Libération de tous les prisonniers sans distinction.

- Démantèlement des colonies israéliennes illégales

- Non à la « bantoustane palestinienne ».

- Retrait des troupes d’occupation, à l’intérieur comme aux « frontières » de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

- Une seule nation palestinienne sur tout le territoire historique de la Palestine (avant la partition de 1947).

- Une seule république palestinienne, laïque et démocratique, avec ses composantes juive et arabe, à égalité de droits.

- L'abolition de l'apartheid et de sa loi de l’État nation israélienne.

- Jérusalem reste la capitale éternelle de la Palestine.

Vive la Palestine libre !





M.W, mardi 13 novembre 2018.








1 Il est certain qu’à ses débuts, le Hamas a été vu avec complaisance par Israël, pour les raisons invoquées dans le texte. Mais cette période « bienveillante » est depuis longtemps révolue ! [Note de P.R., 2004.]

2 https://fr.wikipedia.org/wiki/Office_de_secours_et_de_travaux_des_Nations_unies_pour_les...

3 https://french.palinfo.com/news/2018/6/25/Les-Etats-Unis-g-lent-leur-aide-financi-re-l-AP-m-dias-isra-liens )


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