L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Voter utile ? Voter Laguiller !

Publié le avril 2002
EditorialErnest-Antoine Seillières, le patron des patrons, est un homme à la fois comblé et bien ennuyé. Dans ces élections, il a beaucoup de candidats qui défendent ses couleurs . Alors, il a réglé le problème : "nous avons avant tout besoin d'un gouvernement qui gouverne, qu'il soit de droite ou de gauche. Fini le temps des rapports, en avant les réformes" déclare-t-il, guerrier. En clair, Jospin ou Chirac, peu m'importe, puisqu'ils défendent l'un et l'autre depuis 5 ans mes intérêts. Seulement, qu'il soit de gauche ou de droite, le prochain président devra mettre les bouchées doubles et accélérer les "réformes". Pourtant, Chirac et la "gauche plurielle" n'ont pas ménagé leurs efforts ces dernières années. Robert Hue le rappelle à tout instant en indiquant que le PCF a "mouillé sa chemise". C'est le moins que l'on puisse dire. D'ailleurs, sur le fond, et même souvent sur la forme, l'osmose est parfaite entre la droite et la "gauche" au gouvernement. Privatisations accélérées, application des directives de Maastricht, loi dite "des 35 H", de flexibilité et annualisation du temps de travail, réforme de l'Etat visant à dégraisser les fonctionnaires, donc les services publics, baisse généreuse des charges des entreprises, poursuite du plan Juppé contre la Sécurité Sociale, coups portés à l'école publique, aux hôpitaux, licenciements par dizaines de milliers ; Ernest-Antoine peut être fier de ses candidats, même si, pour la forme, il marque une insatisfaction permanente, histoire de rappeler qu'il faut aller toujours plus vite, toujours plus loin dans la déréglementation et l'ouverture au marché capitaliste, concurrence oblige. Les électeurs ne sont pas dupes, puisque 74% d'entre eux considèrent que Jospin et Chirac ont le même programme. Dernier exemple en date de cette harmonie dans le couple gauche plurielle - droite , le sommet de Barcelone. La mano en la mano, comme disait de Gaulle, Chirac-Jospin se sont engagés à ouvrir le marché français de l'énergie, en clair privatiser EDF-GDF à l'horizon 2004, ainsi qu'à rallonger de 5 ans l'âge de la retraite. . Et, comme si cela ne suffisait pas, en pleine campagne électorale, le gouvernement privatise les ASF (autoroutes du sud de la France) et ouvre de 10% supplémentaires le capital de Renault au privé ! Au fait, qui est ministre des transports dans ce pays ? Qui est complice de la privatisation des ASF, sinon Gayssot, ministre PCF qui ne manque pas un seul meeting de soutien à Robert Hue, lequel s'évertue à expliquer pourquoi il fallait être au gouvernement même s'il est, c'est juré, un défenseur des services publics. A force de faire ainsi le grand écart, Robert va finir première danseuse au Moulin Rouge... En 1997, Jospin s'était engagé à s'opposer à toute privatisation. En 2002, flanqué du PCF, il est le premier privatiseur de France. En 1997, Jospin s'était engagé à abroger les lois Pasqua contre les immigrés. Avec l'approbation du PCF, non seulement il ne l'a pas fait mais il a prolongé l'arsenal anti-immigrés avec les circulaires Chevènement et les expulsions de sans-papiers à la chaîne. Il est le premier "expulseur" de France. Quoi d'étonnant dès lors si la population de ce pays renvoie dos à dos droite et gauche, se prépare à s'abstenir massivement et se tourne vers l'action indépendante des grèves et manifestations pour trouver elle-même la solution aux problèmes. C'est d'ailleurs la seule crainte du patron du Medef qui a fait savoir que : "l'idée que l'on puisse déterminer les choses pour cinq ans dans une relative indifférence des Français nous semble inquiétant pour notre démocratie" Quelle légitimité aura en effet un Président élu par à peine un quart de l'électorat ? D'ailleurs, quoi d'étonnant si une partie significative des citoyens s'apprête à sanctionner comme il se doit cette gauche du "socialisme bourgeois", et en particulier le PCF, en votant pour Arlette Laguiller,seule à même, à gauche, de faire payer au PCF et son candidat Robert Hue le prix de ses capitulations, renoncements, double-langage, et trahisons. Ce faisant, l'horizon serait encore un peu plus dégagé pour la construction d'un Parti des Travailleurs, vital pour la période qui vient. Voilà notre position.
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