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La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
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Renouer avec le syndicalisme lutte de classe

Publié le dimanche 04 octobre 2015

Aux usines Smart, la direction a organisé un référendum proposant aux salariés, sur la base d’un chantage à l’emploi, de travailler 39 heures payées 35. La proposition de la direction est passée avec 56% de voix mais la répartition n’est pas anodine : 74% des cadres ont voté pour mais 61% des ouvriers ont voté contre. Et pour cause : si votre patron vous proposait de travailler 39 heures, payées 35, pour 120 euros brut de plus, c'est-à-dire, selon un délégué syndical , 17h 33 supplémentaires de travail tous les mois pour seulement 5,19 euros net de l'heure, que voteriez-vous ?

N’est-il pas évident que les directions syndicales nationales doivent réagir à une telle escroquerie afin qu’elle ne soit pas généralisée par le MEDEF ?

Qu’ont-elles fait à ce jour ? Une vague protestation locale, CGT-CFDT et basta.

A Air-France, c’est pire encore, si c’est possible. La direction veut imposer aux pilotes de faire 100 heures de plus à l’année, avec le même chantage aux emplois. Le syndicat majoritaire des pilotes, le SNPL, appelle, à fort juste titre, à la grève.

Est-il soutenu par les syndicats nationaux ?

Rien du tout. Qu’on en juge : Le SNPL, qui a refusé le plan de la direction d'Air France, fait, selon berger, le dirigeant de la CFDT, du "syndicalisme qui part en vrille", qui pratique "un syndicalisme corporatisme, qui ne prend pas du tout en compte l'intérêt de la majorité, de la totalité des salariés d'Air France".

De son côté, Jean-Claude Mailly (FO) n’est pas en reste et demande au SNPL d'être "plus solidaire". Tandis que Manuel Valls, en stéréo avec ces deux là, en appelle à sa "responsabilité".

Bref, le SNPL est fortement invité à accepter pour ses pilotes les 100 heures annuelles de plus sous peine d’être responsable de provoquer 3000 suppressions de postes.

Franchement, que penser de tous ces salariés qui ne sont pas « réalistes », qui n’acceptent pas les besoins des patrons de baisse des salaires, du « travailler plus pour gagner moins » ?

De son côté, le gouvernement, par Macron interposé, s’en prend ouvertement au Code du travail, jugé obsolète et au tout autant « vieillot » Statut de la Fonction publique. Deux attaques frontales, brutales, majeures contre nos acquis.

Une énième « journée d’action »

Que font les directions syndicales ? Elles appellent, CGT, Sud-Solidaire et FO à une énième « journée d’action » le 8 octobre, avec « grèves, actions décentralisées et manifestations ». Elles auraient l’objectif de laisser passer toutes ces attaques contre les salariés qu’elles ne s’y prendraient pas autrement. Briser l’offensive contre les travailleurs ne peut avoir qu’un sens : appeler à la mobilisation unie par le Tous ensemble dans la grève générale. Le reste n’est que du vent. Du vent et du pipeau à l’image de l’orientation du NPA qui appelle à « fédérer les luttes », (quelles luttes ?) comme si le problème était « technique » et qu’il résidait dans une meilleure organisation, fédération des « luttes » Bien pratique pour se taire sur la politique de trahison des appareils de la part de ces anticapitalistes pour jours de fête qui passent leur temps dans les jupes des appareils bureaucratiques.

Il n’y a pas d’autre chemin que de dire la vérité aux salariés et de renouer avec un syndicalisme de combat, de lutte de classe. Il est temps, plus que temps.

Pedro Carrasquedo, le 2 octobre 2015


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