L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


"Partageons les richesses"

Publié le dimanche 16 mai 2010
ÉditorialAprès l'annonce du " plan de sauvetage
" de la Grèce par l'Union
européenne et le FMI, ce fut
l'euphorie générale des Bourses du
monde entier. Et, patatras, le 14 mai
dernier, nouveau plongeon général.
Facile à comprendre : les mêmes qui
ont salué la mise sous curatelle d'un
pays tout entier et sans doute demain
d'autres encore en Europe doutent profondément
de la capacité des Etats à
imposer leur talon de fer contre les peuples.

Alors, ils ont peur pour leurs profits.
Les capitalistes entendent pourtant bien
faire reporter le poids de leur crise sur
les exploités et opprimés, à coups de
mesures contre les salaires, les acquis
sociaux et l'emploi. En France, une des
manifestations les plus flagrantes de
cette volonté anti-ouvrière, c'est la loi en
préparation contre les retraites.

Les pistes les plus vraisemblables
sont l'allongement du temps de travail
et, comme le dit le député UMP Myard,
le " financement extérieur ". Sarkozy a
déjà avancé l'idée de la " taxation des
hauts revenus et des revenus financiers
" du Capital. Nous revenons longuement
dans ce numéro sur la question
des retraites, dont il faut rappeler encore
et encore qu'elles sont assises pour
l'essentiel sur le salaire différé. Si donc
problème il y a, il ne peut provenir que
du tarissement de cette source des cotisations,
du fait des licenciements et des
bas salaires.

Et aussi, faut-il marteler, de l'exonération
par milliards des cotisations improprement
appelées " patronales " Jean-
Claude Mailly, secrétaire général de FO
le rappelle dans un récent entretien à
Sud-ouest du 14 mai : " Les gouvernements
ont usé et abusé des exonérations
de cotisation : 22% des cotisations
patronales de sécurité sociale des
entreprises privées sont exonérées. Et
si celles-ci sont compensées par l'Etat,
ce n'est qu'à 90%, ce qui laisse près de
36 milliards de manque à recevoir pour
la sécurité sociale " Voilà où passe en
grande partie le prétendu " trou de la
sécu " et donc des retraites qui en sont
un branche. S'opposer à Sarkozy et
défendre les retraites, c'est donc bien
lutter contre ces exonérations, se battre
bec et ongles contre les licenciements
et pour les salaires.

Tout autre financement " extérieur "
condamnerait la Sécu à être la proie
des marchés financiers dont on voit
chaque jour la voracité. C'est pourquoi il
nous est difficile de comprendre comment
le NPA peut ainsi s'associer à la
campagne nationale d'ATTACFondation
Copernic et participer à un
appel national et à un meeting à Paris
avec la crème de tous ceux, de Didier
Le Reste à Benoît Hamon dont l'axe est
" l'argent existe pour financer nos retraites,
il suffit de taxer les dividendes et les
stock-options " Sarkozy l'a rêvé, ATTAC
l'a fait.

Le salaire différé, qui depuis 1945 est
à la source de la Sécu doit être défendu
et même élargi, à l'exception de tout
autre financement qui remettrait immédiatement
en cause ses bases historiques,
fruit d'un acquis formidable de la
classe ouvrière qui n'a pas son pareil en
Europe.

" Pour nos retraites, partageons nos
richesses ", titre un tract national du
NPA. Avec qui ? avec la Bourse, avec
les patrons ? Bien sûr, ce n'est pas
l'esprit du rédacteur. Mais à déclamer
des formules aussi vagues tout en participant
à une campagne avec des gens
qui ont affirmé haut et fort qu'une " réforme
des retraites " était nécessaire, on
ne peut qu'entretenir la confusion.

" Partageons les richesses " ? Faut-il
rappeler que les immenses richesses
produites sous le mode de production
capitaliste le sont exclusivement par
l'extorsion de la plus-value aux salariés
du monde entier ? Dans ces conditions,
il n'y a rien à partager. Il y a par contre à
s'approprier collectivement le surproduit
du travail social confisqué par le capitalisme.
Pour y parvenir, pas d'autre
moyen que d'abattre le capitalisme. Et,
pour l'heure, défendre le salaire différé :
pas de loi, pas de réforme.


Pedro Carrasquedo,

15 mai 2010

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