L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Notre objectif : 500 signatures de parrainage

Publié le lundi 19 décembre 2011
Edito de La Commune n°86 Décembre 2011-Février 2012Il y a un peu plus d'un mois, le premier ministre Fillon donnait les objectifs de son troisième plan d'austérité en moins de 18 mois et il ne s'agit surement pas du dernier quant on assiste à la frénésie des réunions Merkell-Sarkozy pour sauver l'euro et l'Europe de Maastricht. Le Monde du 8 novembre soulignait que " Ces annonces visent à rassurer les marchés et les agences de notation [ NDLR : comprendre le capitalisme] sur la volonté du gouvernement d'alléger le coût du modèle social français ".
Nous partageons cette appréciation.

Alors qu'un français sur sept vit en dessous du seuil de pauvreté, les mesures annoncées vont encore aggraver la situation des classes laborieuses, par exemple en ce qui concerne la santé publique, les dépenses de la Sécurité sociale, pour les soins de santé, ont été amputées de milliards d'euros. Alors que depuis 1992, les patrons ont bénéficié de plus de 316 milliards d'euros d'exonérations sociales, 30 milliards en 2010. Et comme si cela ne suffisait pas, la CSG augmente, ce qui entraîne la baisse du salaire net. Et pour faire bon poids, les taxes sur les mutuelles augmentent et les cotisations avec.

Pour la première fois depuis l'après-guerre, les dépenses de personnels de l'Etat vont baisser en 2012. Depuis 2007, 130 000 postes de fonctionnaires ont été supprimés, sur ces 130 000 suppressions, 66 000 concernent l'Education nationale Quelles en sont les conséquences ? Dans l'enseignement élémentaire et les maternelles, on remplace les professeurs des écoles par des étudiants sans formation, dans les lycées la situation est encore plus grave avec la réforme qui détruit des disciplines entières. En définitive, des générations d'élèves sacrifiés qui iront rejoindre les milliers de chômeurs ou de précaires. La semaine dernière, alors que l'ensemble des syndicats de l'éducation nationale appelaient à la grève contre la réforme du statut des enseignants, le projet de budget 2012 présenté par Fillon prévoit 14 280 suppressions d'emplois !

Il n'est pas un secteur de la vie sociale qui ne soit pas attaqué. Dans les transports publics, la privatisation en marche à la SNCF touche des millions de salariés qui l'empruntent quotidiennement pour se rendre au travail. Pour faire passer ses plans le gouvernement menace les libertés démocratiques en particulier le droit de grève ; c'est ce qui se passe dans cette période de fin d'année à l'occasion de la grève des personnels des aéroports en lutte pour leurs légitimes revendications.

Alors faut-il comme l'a déclaré Hollande, candidat du PS à l'élection présidentielle, " donner du sens à la rigueur " ? Ou encore ne pas dépasser les 3% de déficits publics inscrits dans le traité de Maastricht ? Faut-il comme il est écrit dans le programme du Front de Gauche, dont le candidat à l'élection présidentielle est Mélenchon, " un réaménagement négocié des dettes publiques " (" l'Humain d'abord ") ? En aucun cas. La défense des salariés, des chômeurs, de la jeunesse ne passe par le respect des critères de Maastricht, le retour aux 3%, c'est 100 millions d'euros de coupes dans les dépenses publiques. Il faut rompre avec les plans de rigueur, il ne peut s'agir de réaménager la dette, mais de refuser de payer leur dette et ses intérêts.

" Nous sommes sur un volcan qui peut dynamiter à tout moment le continent européen (...), son unité monétaire, son unité politique " affirmait Fillon, le 11 octobre 2011. Pour éviter l'irruption en France, comme en Grèce, en Italie et comme cela semble se dessiner dans l'Etat espagnol, les capitalistes cherchent l'union nationale.

A l'occasion de l'élection présidentielle, le NPA et son candidat Philippe Poutou défendront un programme anticapitaliste, un plan d'urgence, pas un programme pour un gouvernement de " gauche " chargé d'imposer la rigueur au nom du paiement de la dette et de ses intérêts. Ils diront : " ce n'est pas à nous de payer leur crise, il faut annuler la dette et exproprier les banques, les natio¬naliser et les unifier sous contrôle des travailleurs. " et pour que Poutou puisse le dire, la priorité des priorités, c'est les 500 signatures de parrainage.


Elie Cofinhal, le 19 décembre 2011


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