L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
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Napoléon le tout petit

Publié le lundi 14 janvier 2008
EditorialVictor Hugo avait appelé Napoléon III : " Napoléon le petit " en référence à son étroitesse d'esprit et à sa haine des libertés publiques. Avec Sarkozy, nous avons affaire pour le coup à Napoléon le tout petit, le riquiqui, pour les mêmes raisons, en pire. Car Sarkozy n'a rien inventé s'agissant de son offensive tous azimuts et ses contre-réformes des régimes spéciaux, des retraites, du forfait hospitalier, du service minimum anti-grèves etc. Prenons l'exemple de son chantier de " modernisation de l'État ", appelé aussi Révision générale des politiques publiques (RGPP) et qui vise à la diminution effarante du nombre de fonctionnaires, au non-remplacement des départs à la retraite ... Cette RGPP avait déjà été lancée sous Raffarin. Idem pour la " réforme " de la Sécu et des retraites, dite loi Fillon de 2003, qui a déjà inscrit le passage aux 41 annuités de cotisations pour tous, public-privé pour prétendre à une retraite à taux plein, tout pareil pour le reste des attaques contre les droits des salariés, contre le Code du travail, les CDI ... Les gouvernements qui se sont succédé sur ces 25 dernières années n'ont eu de cesse de peaufiner, d'élaborer les attaques. l'aspect le plus ignoble concerne la politique d'immigration et la chasse aux sans-papiers. Qui a mis en place les camps de rétention ? La droite ? Sarkozy ? Non, c'est la gauche, le gouvernement Mitterrand-Mauroy-Defferre-Fiterman par la loi du 29 octobre 1981. C'est vieux, tout ça ? Pas pour les immigrés, en tout cas, puisque de 7 jours de rétention prévus en 1981, on est passé à 32 jours. Enfin, c'est Chirac qui a appelé Sarkozy au gouvernement et l'a ainsi légitimé. Et qui donc a voté et appelé à voter Chirac en 2002 ? Ne serait-ce pas une certaine gauche, dont nos radicaux de la LCR et son sympathique Besancenot ? Il y a des rappels douloureux ... Alors, qu'y-a-t-il de différent dans l'actuelle situation, inédite, avec la présidence de Sarkozy ? Deux éléments combinés. Le premier, c'est que notre Rastignac hongrois a décidé qu'il irait jusqu'au bout, à l'affrontement. Le second, le plus décisif, sans lequel les affirmations de Napoléon le tout petit ne seraient que rodomontades, c'est l'implication, la soumission, la capitulation inouïe, jamais vue aussi ouvertement des directions politiques et syndicales du mouvement ouvrier. Sarkozy a réussi à liquider les régimes spéciaux de retraites exclusivement grâce à la trahison des cheminots, gaziers, électriciens par la direction confédérale de la CGT et, il ne faut pas l'oublier, de FO et des autres. Mêmes causes, mêmes effets. l'école ? Il n'est que de voir comment la FSU a laissé les élèves des Lycées professionnels seuls en grève contre le bac pro en trois ans. Le droit de grève, la fusion Assedic-Unédic, de la protection sociale, de la carte judiciaire (Royal approuve) ? Sarkozy n'a eu qu'à puiser dans les cartons des gouvernements précédents et de passer autant d'accords discrets que nécessaire avec les dirigeants syndicaux et politiques. Calomnie ? Alors qu'attendent-t-ils pour appeler les salariés pour, dans l'unité, arrêter le bras du casseur, lui faire ravaler sa hargne et sa haine de l'ouvrier, du salarié ? Sarkozy se sent conforté dans ses attaques et ses objectifs puisqu'il a un vide abyssal face à lui et des directions du mouvement ouvrier prêtes à rejoindre la nouvelle " Société du 10 décembre "Napoléon III, pour prendre le pouvoir par un coup d'État en 1851 avait crée une " Société " composée d'aventuriers, d'affairistes, d'escrocs, de parvenus de tout poil. et, comme en 1851, à se vendre pour un plat de lentilles et crier " Vive Napoléon, vive le saucisson ! ". Tout cela n'a qu'un temps. l'affronte­ment, inévitable, est devant nous et la classe ouvrière saura tôt ou tard trouver les moyens de faire front, avec ses méthodes, contre l'ambition démesurée de Napoléon le tout petit, qui a chaussé des bottes bien trop grandes pour lui.
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