L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Lutte de classes ou lutte de places

Publié le dimanche 10 juillet 2016
Lutte de classes ou lutte de places

Depuis quatre mois, la classe ouvrière est engagée dans un bras de fer pour le retrait de la loi El Khomri. Pour la seconde fois consécutive, la loi « travail » a donc été adoptée sans débat, sans vote, à grand coup de 49-3, le 5 juillet à l'Assemblée nationale. Et Manuel Valls d'expliquer : « Il faut arrêter de jouer », « je ne lâcherai pas la CFDT ». Sauf qu'il ne s'agit pas d'un jeu, mais de la casse du Code du travail et du naufrage politique d'une majorité en haillons qui s'accroche coûte que coûte à son meilleur allié, Laurent Berger, le patron de la CFDT, la branche salariée du MEDEF.

Mais, pour Hollande et Valls, les dégâts sont irréparables. La majorité parlementaire est fracassée, le PS et ses soutiens du PCF, du Front de gauche et d'EELV sont en lambeaux. La seule majorité dont jouissent encore Hollande et Valls est celle de leur impopularité qui enfonce tous les records de la V e République.

Les événements que nous vivons depuis quatre mois illustrent de façon criante la tendance à l’intégration des syndicats à l’État et le rôle des directions syndicales. Flanc-gardant le gouvernement et sa politique, les directions confédérales syndicales ont pesé de tout leur poids pour étouffer et empêcher l'embrasement total. Au premier rang de celles-ci se trouvent Philippe Martinez et Jean-Claude Mailly. Ces deux-là, couverts de bout en bout par la FSU et SUD, se sont ouvertement opposés au « tous ensemble » et à la grève générale. Ils ont refusé d'appeler au retrait total de la loi El Khomri. Ils ont organisé les « temps forts » et surtout les « temps morts ». Ils ont divisé et dispersé les grèves par branches, secteurs, régions. Ils ont « attendu » plus de trois mois avant d'appeler à une journée de grève interprofessionnelle et à une manifestation nationale, le 14 juin à Paris. Ils ont enfin supplié Hollande et Valls de rouvrir des négociations sur l' « article 2 » afin de mieux trahir les salariés, les chômeurs, les jeunes et les retraités qui, eux, voulaient aller jusqu'au bout. Contrairement à cette stratégie capitularde, la défense des intérêts de la classe ouvrière exige le retrait sans conditions ni préalable de la loi El Khomri ! Le retrait, plus que jamais !

Mais, d’ores et déjà, se profile la sacro-sainte campagne des présidentielles pour tenter de contrecarrer le combat pour le Code du travail, pour le retrait de la loi El Khomri et pour la satisfaction des revendications urgentes, en particulier dans les hôpitaux au bord de l’explosion.

Les travailleurs, dans leur grande masse, n’attendent rien de ces élections et de cette lutte des places.

Partis, candidats, primaires, tous les mêmes : des aventuriers de la politique et de la finance qui ont fait allégeance au capitalisme. Du PS, et ses « frondeurs » sans fronde, au PCF en passant par le NPA, le mouvement ouvrier doit se dégager de ce carcan et se réorganiser autour de l’axe d'une triple rupture : avec le gouvernement ; avec le régime anti-démocratique de la Ve République ; avec l'UE, ses institutions et ses directives.

Aucun de ceux-là n'a combattu pour la grève générale contre la loi El Khomri mais tous, après le Brexit, veulent sauver l'Union Européenne. Tous font miroiter un « changement », une « réorientation », un nouveau traité, à commencer par Jean-Luc Mélenchon qui a déclaré : « l'Europe, on la change ou on la quitte. » Mais Mélenchon a choisi : il veut la changer... comme Alexis Tsipras en Grèce avec Syriza ou Pablo Iglesias en Espagne avec Podemos, avec les catastrophes que nous connaissons pour les populations de ces pays.

Sous la pression formidable exercée par la lutte de classes, nul besoin d'être devin pour savoir que la crise de régime, économique et sociale, va encore s'accélérer et s'accentuer, ouvrant ainsi à la classe ouvrière de nouvelles perspectives politiques. Cette raison essentielle nous impose une tâche : la construction d'un parti indépendant, un parti de classe et de masse, tout entier dédié à la défense des positions acquises par la classe ouvrière. Un parti pour l'abrogation de la constitution anti-démocratique de la Ve République et du 49-3, pour la suppression de la présidence de la République, un parti pour la levée immédiate de l'état d'urgence, un parti pour l'interdiction des licenciements, un parti disposant d'un programme d'urgence en faveur des travailleurs et de leurs familles.

Lutte de classes ou lutte de places, nous avons choisi. La lutte de classes !


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