L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

La Commune - Pour un parti des travailleurs - membre du courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs ( IVe Internationale)
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Le fond de l'air

Publié le vendredi 14 avril 2017
Le fond de l'air

À quelques jours du premier tour de « l’élection suprême » (Dupont-Aignan dixit), c’est l’incertitude totale. Les cercles dirigeants du capital sont eux-mêmes désorientés. Toutes leurs « cartes » semblent griller les unes après les autres. Juppé, puis Fillon et, maintenant, Macron ? Soudain, surgit Jean-Luc Mélenchon, dont les meetings diffusent l’air du temps. Nouvel épouvantail ou nouvelle « carte » ? Difficile de le savoir. Les deux à la fois, qui sait ?

Le mécanisme des élections est complètement déréglé. Seul Mélenchon semble y survivre. L’insoumis se fait raisonnable et raisonné. Il jure à présent qu’il ne veut pas sortir de l’ UE. Pour qui en douterait, la clémente Autain nous édifie : « Nous souhaitons rester dans le cadre européen. On peut rester dans l'euro » 1 . Mélenchon qui disait que pour renégocier en position de force, il fallait commencer par dire « L’Europe, on l’aime ou on la quitte » avec des bouffées de germanophobie contre « l’Europe de Merkel », change de ton et assure que « l’Allemagne est notre partenaire » (lors du débat des 11 candidats). Pendant que Mélenchon enchante, Fillon et Macron menacent.« Ordonnances pour réformer le Marché du travail », « traitement de choc » contre les salariés, leurs droits, leurs familles, leur santé et leur vie. Loin d’apaiser les esprits, les élections ajoutent encore de l’électricité dans l’air. Il est question des « centaines de milliers de travailleurs » qui se mobiliseraient, paraît-il, derrière la FI. Des centaines de milliers de travailleurs qui ont fait grève ces deux derniers mois pour leurs effectifs, leur statut, leurs salaires, en comptant sur leurs propres forces, il en est beaucoup moins question.

Les événements qui secouent la Guyane semblent alors, dans l’air du temps qui est diffusé, appartenir à un autre monde, un autre temps. Les travailleurs et la population de Guyane cherchent à arracher de l’État les moyens de vivre : l’eau, l’électricité, les soins. Dans la grève générale unie, ils exigent le réengagement financier de L’État et les milliards qu’il leur doit. Là est le fond de l’air : dans les grèves en « métropole » et « outre-mer », dans le processus engagé au printemps 2016. En réalité ce combat n’a souffert aucune interruption, en dépit des efforts des hautes-bureaucraties syndicales pour cloisonner, disperser et morceler la résistance incompressible des salariés, tout en cherchant à noyer les revendications vitales dans les « propositions » les plus fumeuses. Ces élections folles sont, au fond, une veillée d’arme. La population ne veut plus vivre comme avant, ne veut plus supporter plus longtemps le travail précaire, les salaires réduits à des portions de misères, le temps de travail flexible, les sacrifices pour payer le loyer, le management infernal, la désorganisation des transports urbains, la mise en pièces des hôpitaux, la liquidation des services publics de proximité, la désertification de régions entières.

Dans cette situation, tendue à refus, la moindre étincelle risque de déclencher une explosion révolutionnaire dans tout le pays, c’est-à-dire l’irruption soudaine et spontanée de la population travailleuse et pauvre autour de ses revendications vitales, pour porter un coup d’arrêt à tous les « traitements de choc » capitalistes et à toutes les entourloupes. Les choses sont déjà allées trop loin sous ce quinquennat répulsif, aux yeux d’une large majorité de salariés et de jeunes. Aucun remaniement du « personnel politique » à la tête de L’État n’aura raison des aspirations simples du peuple des exploités et des opprimés de ce pays. La magie du verbe et les « bons mots », les « buzz » synthétiques ou ludiques sonnent bien à l’oreille dans l’atmosphère « électorale » et offrent parfois un exutoire passager ou folklorique et même « écologique ». Dans la vraie vie, c’est un front du refus qui se dresse contre le vieux régime, contre les « réformes » et les « sacrifices ». Dans ce front du refus, peut naître un nouveau parti, un parti de classe, c’est-à-dire, un parti de lutte de classes et non de « lutte des places ».



13 avril 2017



1.  http://www.lepoint.fr/presidentielle/manque-rubrique-autain-met-en-garde-contre-les-amalgames-entre-le-pen-et-melenchon-13-04-2017-2119480_3121.php


Voir aussi dans la catégorie Editoriaux
« Groupons nous, et demain… »« Groupons nous, et demain… »

Le Régime de la Ve république est ainsi fait qu’avec une poignée de voix, une clique peut prendre le pouvoir. 15% des électeurs inscrits suffisent. Avec ce « score », une Assemblée nationale...

Re-décomposition et lutte de classesRe-décomposition et lutte de classes

L’élection de Macron relève d’un coup de force sans force. Il est la dernière créature produite par un régime en perdition dont tous les traits antidémocratiques sont devenus visibles à...

Le fond de l'airLe fond de l'air

À quelques jours du premier tour de « l’élection suprême » (Dupont-Aignan dixit), c’est l’incertitude totale. Les cercles dirigeants du capital sont eux-mêmes désorientés. Toutes leurs...

Ve République : la mort en directVe République : la mort en direct

Jusqu’ici, les élections présidentielles permettaient aux classes dirigeantes de juguler leur crise de domination et de représentation politique. Un clou chassait l’autre et en haut lieu, on...

Le fil rougeLe fil rouge

Le vieux monde tremble sur ses fondements : levée en masse de la population en Roumanie qui entend faire tomber le gouvernement, victoire du Non à la réforme constitutionnelle en Italie, Brexit et...

Pour une année 2017 de combats victorieuxPour une année 2017 de combats victorieux

Le froid s’est abattu dans les rues. Ceux qui n’ont d’autre toit que le ciel y risquent leur vie, souffrant le martyre. Madame Emmanuelle Cossue – pardon, Cosse – ministre du logement,...



HAUT