L'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs eux mêmes

- La Commune - Pour un Parti des Travailleurs -
membre du Courant international Mouvement Socialiste des Travailleurs
 ( IV ème Internationale )
(ADIDO - 8, rue de la Forêt Noire 34 080 MONTPELLIER)


Vers l'unité internationale ouvrière

Publié le jeudi 03 novembre 2005
Vers l'unité internationale ouvrière | Déclaration commune de l'ISO, du MES et du MSTNous publions ici des extraits de la déclaration commune signée à Mar del Plata (Argentine) entre l'ISO (Internationalist Socialist Organization, États-Unis), le MES 'Movimiento Esquera Socialista, courant du P-Sol brésilien) et le MST (Movimiento Socialista de los Trabajadores, Argentine, section de l'UIT). Cette déclaration, ouverte à d'autres organisations, groupes ou personnalités, a pour but d'avancer vers un regroupement international des révolutionnaires, et publiée pour être débattue par les militants, sympathisants et nos lecteurs.Le XXIe siècle oblige, comme jamais auparavant, les militants socialistes révolutionnaires à échanger leurs expériences ; cela s'impose comme une nécessité absolue. Nous vivons dans un monde secoué par des crises et des luttes, de plus en plus internationales et globales. Le moment de la lutte de classe et ses processus vivants exigent analyses et réponses internationalistes. Nous sommes dans une situation où se combinent le combat pour la direction du mouvement des masses - ou d'une partie de celles-ci - et la dispersion de la gauche révolutionnaire qui exige une réponse sérieuse de notre part. Le mouvement anti-mondialisation qui se développe et le mouvement contre la guerre - qui s'est renforcé ces derniers temps - ne peuvent résoudre tous ces problèmes par eux-mêmes. Les conclusions auxquelles nous avons abouti dans notre rencontre le 3 novembre à Mar del Plata, à l'occasion des manifestations contre le sommet des Amériques et la présence de Bush, sont une modeste contribution en ce sens.

La crise du capitalisme impérialiste

La définition léniniste de l'impérialisme comme réaction sur toute la ligne n'est jamais apparue plus vraie qu'aujourd'hui. La décadence impérialiste s'approfondit. La crise économique structurelle est telle qu'il n'existe aucun pays dans le monde où le mode de vie ne soit pas l'exploitation sans limite des ressources naturelles, par le biais de la guerre comme en Irak, de la surexploitation des travailleurs, des couches moyennes, des paysans.

Le monde connaît des situations de plus en plus explosives, [...] sans solution dans le cadre du système capitaliste. La moindre des aspirations, la plus minime soit-elle, des masses, entre en contradiction avec ce système. Il en va de même avec la question des droits des peuples à disposer d'eux-mêmes. Ainsi, dans l'ensemble du Moyen-Orient et en Palestine, l'impérialisme et ses Régimes n'offrent aucune possibilité de réforme structurelle aux peuples et aux travailleurs.

La guerre de pillage impérialiste que le gouvernement des États-Unis et ses alliés, en particulier la Grande-Bretagne, mènent en Irak est la partie la plus visible de cette politique impérialiste et en même temps de la réaction des masses qu'elle provoque. La résistance populaire armée a embourbé les forces d'invasion et le spectre de la défaite plane. Ni les troupes d'invasion ni le recours à des troupes locales pour les remplacer n'ont pu résoudre la situation. Et ceci au moment même où en Afghanistan la résistance au Régime et aux troupes d'occupation s'accroît.

En Irak, la puissance impérialiste est incapable de trouver dans la population un quelconque soutien politique qui lui permettrait d'isoler la guérilla ; au contraire, il affronte des formes multiples de résistance populaire. Les troupes se maintiennent, car elles n'ont pas à faire face à un soulèvement généralisé par manque d'un mouvement anti-impérialiste unitaire contre les envahisseurs.

l'impérialisme yankee n'a pas cessé d'être agressif sur notre continent : Plan Colombie, tentatives systématiques de déstabilisation de Cuba, présence de bases militaires, échec du coup d'État au Venezuela. En Amérique latine, les insurrections successives, les soulèvements ouvriers et populaires en Bolivie, Équateur et Argentine ont modifié le visage du continent. Ils ont montré l'incapacité de la bourgeoisie à défaire les masses par la violence et résoudre ainsi ses problèmes. La Bolivie est le point le plus élevé ou se pose la question du pouvoir pour le peuple et les travailleurs.

Crises des partis, des gouvernements, des Régimes

La crise des partis politiques et de la crédibilité des formes et des mécanismes de représentation politique est générale. La politique de l'Union européenne a été rejetée par le non en France. Aux États-Unis, la politique guerrière de Bush fondée sur l'argument de la prétendue présence d'armes de destruction massive en Irak, qui n'ont jamais existé, ne passe plus, d'autant qu'elle se heurte à la résistance du peuple irakien. Tout ceci aboutit à un rejet croissant et massif de la guerre.

En Amérique latine, cette crise de représentation a atteint un niveau inégalé. Les partis qui avaient canalisé les espoirs des masses, une fois arrivés au pouvoir, se sont convertis en instruments d'exécution de la politique des grands monopoles et de l'impérialisme et pour cette raison s'affaiblissent et perdent le soutien des masses. [...]

Un espace immense pour construire de nouvelles alternatives

La mobilisation populaire, anti-impérialiste, démocratique, ouvrière a aussi ouvert un nouvel espace pour construire de nouvelles alternatives qui surgissent du mouvement réel et permettent aux révolutionnaires de postuler à la direction des masses.

En particulier, la réalité latino-américaine fait qu'aujourd'hui, les tâches anti-impérialistes, démocratiques, de défense des ressources naturelles et des revendications des travailleurs, sont de plus en plus anti-capitalistes parce qu'il est impossible de s'en acquitter sans une confrontation avec l'impérialisme et sans rupture avec les Régimes et les gouvernements qu'il soutient.

Le mouvement social se renforce dans la mesure où les secteurs les plus exploités se sont incorporés à la lutte des travailleurs, des paysans, des indigènes, des chômeurs, des habitants des quartiers pauvres, de la jeunesse, comme le démontre le puissant mouvement né en Bolivie. La possibilité d'unité d'action, de fronts et de blocs des organisations des exploités est une réalité et une tâche d'actualité pour affronter l'impérialisme et ses gouvernements.

Dans le même temps est née une relation différente entre les révolutionnaires, les masses et leurs organisations. Des forces politiques nouvelles, certaines d'entre elles faisant partie du mouvement trotskyste, jouent un rôle important dans le mouvement anti-guerre en Europe, dans la bataille pour le non à la Constitution européenne en France et en Amérique latine dans le processus bolivien, au Brésil, en Argentine, etc. l'affaiblissement des alternatives de centre-gauche s'ajoute au changement stratégique produit par la crise de l'appareil stalinien, la chute du Mur de Berlin et l'effondrement du soi-disant socialisme réel.

Nous sommes dans une période où existe la possibilité d'influer dans les véritables processus pour la direction des secteurs mobilisés et de leurs organisations, dans tous les cas d'intervention dans la lutte des classes. [...]

Dislocation de la gauche et début de regroupement

Il est indéniable que la gauche socialiste, révolutionnaire, affronte cette nouvelle situation après avoir souffert une période de fragmentation, de divisions, de crises avec leur poids de positions sectaires et dogmatiques. Ce qui est nouveau, ce sont ces pas qui indiquent que l'on peut avancer dans la voie de regroupements. l'expérience du P-Sol est aujourd'hui la plus avancée et la plus concluante entre différents groupes et organisations brésiliennes dont certains ont différentes affiliations internationales. [...]

La construction du parti ne sera pas l'oeuvre d'un petit groupe progressant uniquement à partir de l'adhésion et de la somme de nouveaux militants à son programme achevé, mais dans un processus de rencontre avec de véritables mouvements, avec des secteurs de masses qui sans avoir le programme ont une dynamique d'affrontement avec le Régime et ses gouvernements. Il s'agit de savoir vivre avec les divergences et de construire des mouvements plus larges à caractère transitoire où les révolutionnaires ont une responsabilité dans leur développement et leur renforcement et dont le caractère révolutionnaire sera défini par la politique qu'ils impulseront, avec un programme de rupture et l'intervention dans la lutte des classes. [...]

Ou nous tombons dans la facilité de l'auto-proclamation qui conduit au dogmatisme, ou nous nous ouvrons pour répondre aux nouveaux processus de la lutte des classes, en sachant travailler avec les mots d'ordre du mouvement même et en élaborant un programme de rupture à l'intérieur des processus réels et objectifs. Le regroupement pourra se faire non sur la base d'un programme achevé mais sur des points fondamentaux qui iront en se précisant dans la discussion et l'expérience commune. [...]

Nous pensons que les nouvelles tâches que nous pouvons impulser sur l'orientation du premier séminaire réalisé à Rio de Janeiro sont :

- l'échange de matériels, documents et expériences militantes, pour connaître plus en profondeur chaque organisation. Participer aux différents événements de chaque parti, congrès, conférences, etc ...

- Mettre en avant une collaboration conjointe au Venezuela, ce qui inclut la collaboration avec l'UNT, le PRS, d'autres organisations et une participation commune au FSM de Caracas en 2006.

- La proposition de tenir un nouveau séminaire, dans le même sens que celui réalisé à Rio, avec une période de préparation qui permette l'élaboration de textes et leur circulation entre les organisations participantes.

Ahmed Shaswky (ISO),
Pedro Fuentes et Roberto Robaina (MES / P-Sol),
Alejandro Bodart (MST), Mar del Plata, le 3 novembre 2005.


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